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06/11/2015

Chronique de la France asservie et… résistante

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RIVAROL N° 3208 du 29 octobre 2015

JACQUES MYARD est le député-maire de Maisons-Laffitte et siège à l’Assemblée nationale depuis 1993. Il est un des fondateurs de la Droite Populaire, l’aile droite des Républicains, qui souhaite défendre « les valeurs qui font la France ». Il prône une plus grande fermeté sur les questions de sécurité et d’immigration. Il est en revanche en faveur d’une certaine tolérance pour les infractions routières mineures. Jacques Myard est l’un des députés qui se sont le plus fortement opposés à la création du PACS. Il a déclaré par ailleurs : « Je ne m’occupe pas des homos mais ce que je leur reproche c’est d’être devenus un lobby, une secte, de pratiquer le terrorisme intellectuel… Alors moi je leur dis : “Messieurs (sic) les homos des deux sexes, foutez-nous la paix” », estimant que « les homosexuels sont des personnes qui n’apportent rien à la société ».

Très en colère contre la décision d’Anne Hidalgo, maire de Paris, de supprimer la circulation sur certaines voies sur berge à Paris, il a déclaré sur Europe 1 : « On voit bien que la volonté, à terme, est d’interdire aux gens de la banlieue de venir à Paris en voiture. Cela commence à bien faire de prendre des mesures sans en parler aux élus de banlieue et de les bloquer à l’entrée de Paris », « A-t-elle le droit de faire ça pour emmerder tout le monde ? » Et du coup, il a pris un arrêté interdisant au maire de Paris de se rendre dans sa commune ! Et il précise : si elle tentait de s’y rendre, « elle serait arrêtée par les forces municipales de Maisons-Laffitte ». L’article 1 de l’arrêté stipule : « Sa seigneurie Anne Hidalgo, encore maire de Paris, est interdite de séjourner sur tout le territoire de Maisons-Laffite du moins jusqu’à ce qu’elle revienne sur ses projets de ghettoïsation de la ville de Paris. » Amusant… Qui est ce député-maire courageux ? Jacques Myard s’est engagé en faveur du “non” lors de la campagne du référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe (2005). Il est également l’un des deux députés UMP qui ont voté contre la loi autorisant la modification de la Constitution en vue de la ratification du traité de Lisbonne le 16 janvier 2008. Vice-président du groupe d’Amitié France-Syrie, il s’oppose à une intervention armée occidentale contre le régime de Bachar Al-Assad ainsi qu’à la livraison d’armes aux rebelles syriens, précisant que ces armes tomberont aux mains des groupes islamistes. Il s’est rendu il y a quelques mois, avec une délégation, en Syrie, y a rencontré le président, ce qui suscita la fureur de Fabius et des socialistes, mais aussi de certains Républicains. Ce dont il se moque…

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COURAGEUX MASSON, MISÉRABLE GROSDIDIER…

Notre confrère Minute a raconté cet épisode. Au Sénat, ce mardi 13 octobre, la discussion porte sur le énième projet de loi relatif au droit des étrangers en France. Le texte présenté par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve transpose dans le droit français des directives européennes qui accordent encore plus de droits aux étrangers, qu’ils soient en situation régulière ou non. Jean-Louis Masson, sénateur de Moselle, monte à la tribune. Il fut élu durant près de vingt ans député de Moselle sous les étiquettes RPR, puis UMP, avant de quitter l’UMP et de devenir indépendant (il soutient aujourd’hui Dupont-Aignan aux régionales du Grand-Est). Il se lance : « À entendre certaines interventions, on a l’impression d’être dans un régime de pensée unique. On a l’impression qu’on ne peut pas, dans cette assemblée et dans notre société, avoir un avis sur l’immigration qui soit divergent de ce que pensent les soi-disant bien-pensants. Je le dis très clairement : je suis hostile à l’immigration, pour des raisons qui sont à la fois conjoncturelles et structurelles. » Le chahut commence, mais Masson poursuit, affirmant qu’« actuellement une veuve d’agriculteur touche beaucoup moins que ce que touche un immigré qui vient chez nous et qui n’a jamais travaillé pour la France ». Il ne s’arrête pas en si bon chemin, faisant une distinction entre l’immigration actuelle et les précédentes, celle « des Polonais, des Italiens, des Portugais », de « ces gens qui ne posaient pas de problème », celle aussi de ceux « qui venaient du Sud-Est asiatique » et dont les enfants, « très souvent », étaient « les premiers de la classe ». Hurlements sur les bancs de la gauche. Masson ne se laisse pas impressionner et poursuit, franchissant le Rubicon : « L’immigration d’aujourd’hui, ce sont les terroristes de demain ! L’immigration conduit au communautarisme. Il existe des quartiers où on ne va plus… » La guillotine se rapproche dangereusement. Ça couine de partout… Les représentants du « régime de pensée unique », comme l’avait dit Masson au début de son intervention, réclament sa tête. Didier Guillaume, président du groupe PS au Sénat éructera : « Son intervention a dépassé les bornes et peut-être même les limites de la République française. C’est pour toucher les instincts les plus vils. Tout simplement car ces gens-là [les Polonais, les Italiens, les Portugais,] sont des catholiques, alors que ceux qui viennent maintenant sont des musulmans ! » Il réclame des sanctions (la guillotine, vous disais-je), tout comme Pierre Laurent, le président du groupe communiste : « On ne peut pas laisser passer une telle intervention dans l’enceinte d’une des chambres de la République. » Et tout le reste à l’avenant.

Et à “droite” ? Un personnage l’emporte haut la main dans le registre de la trahison. Il s’agit de François Grosdidier, sénateur Les Républicains de Moselle. Grosdidier déplore « un discours d’une violence inouïe, plus dur que celui du FN » ! « Poser ainsi le principe de l’immigration en hiérarchisant les bons et les mauvais élèves en fonction de leur origine, c’est du racisme pur », déclare-t-il. Minable ! Je me vois, contraint et forcé, de rappeler le passé sulfureux de Grosdidier, que j’avais déjà rapidement évoqué dans RIVAROL. En ces années 1980, le GRECE (Groupement d’Etudes et de Recherche sur la Civilisation Européenne), piloté par Alain de Benoist et ayant comme secrétaire général Pierre Vial, tenait le haut du pavé intellectuel à droite de la droite. Pas vraiment dans le registre modéré. A cette époque (cela a bien changé depuis !), le GRECE était plutôt dans le registre racialiste et les références aux intellectuels des « heures les plus sombres de l’histoire » ne le terrorisait pas. Les grécistes de l’époque eurent droit à la couverture du Nouvel Obs, qui titrait : « Les nouveaux nazis » et le colloque de 1979, organisé porte Maillot, fut attaqué par les milices juives au cri de « Nouvelle droite, nouveaux nazis ». Grosdidier était un des militants les plus déterminés, les plus radicaux du GRECE. Commentaire de Pierre Vial qui l’a bien connu: « Il était encore plus gréciste que moi »… Dernière petite info de rien du tout : Grosdidier fut aussi le responsable à Metz du Parti des Forces Nouvelles (PFN) que nombre de fascistes ont fréquenté…

LE NÉO-FN CHERCHE À SÉDUIRE LES MUSULMANS

600 000 tracts « sous la forme d’un magazine fait sur mesure » (c’est-à-dire halal, sans doute) vont être distribués par le FN mariniste aux habitants de « quartiers sensibles ». Sur l’un des tracts, un encart est explicitement adressé à cette catégorie religieuse avec ce titre : « Musulman peut-être, mais Français d’abord ». Et puis, un collectif « Banlieue patriote » devrait voir le jour et une affiche spécialement destinée aux banlieues sera placardée mi-novembre. Jordan Bardella, 20 ans, tête de liste FN pour les régionales en Seine-Saint-Denis, explique au Parisien de façon assez émouvante : « Nous voulons montrer que nous sommes un parti d’inclusion, pas d’exclusion. » Noble pensée, noble parole qui honore ce militant sans doute exceptionnel.

En attendant, certains n’ont rien compris. C’est le cas chez Les Républicains où l’adjointe aux affaires scolaires de Talant (2 300 habitants, en banlieue de Dijon) a fait paraître sur son compte Facebook une photo d’elle, avec son écharpe d’élue, disant au sujet de Taubira : « Qu’elle reparte déjà dans sa brousse, les lianes l’attendent ! ». Une de ses amies avait réagi à ses propos, dans un registre assez faiblement humaniste : « Tous les gauchos doivent partir et retourner d’où ils viennent : le caniveau ». Du coup, Marie-Ange Cardis, l’adjointe au maire est virée, malgré ses excuses à Taubira, expliquant qu’elle avait réagi « sous le coup de la colère ». Comme quoi, s’excuser ne sert à rien…

“HITLER NE VOULAIT PAS EXTERMINER LES JUIFS”

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou serait-il un grand, un très grand révisionniste (voir à ce sujet l’article page 11 d’Arnaud Raffard de Brienne) ? A la veille d’une visite officielle en Allemagne, le Premier ministre israélien, tout en ne niant pas la Shoah, a mis en cause, le 20 octobre, l’influence qu’aurait exercée le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin Al Husseini, sur Hitler pour le persuader de mener l’extermination des juifs européens, durant la Seconde Guerre mondiale. Bibi, comme on le surnomme, s’exprimait devant le 37e Congrès sioniste mondial, à Jérusalem, et évoquait l’utilisation des lieux saints musulmans à commencer par la mosquée Al-Aqsa pour attaquer les juifs. Historien de haute volée, il a expliqué que le grand mufti s’était envolé vers Berlin pour expliquer les choses à Hitler. Netanyahou affirme qu’Hitler ne voulait pas exterminer les juifs, mais simplement les expulser. Sans doute était-il présent lors de l’entretien puisqu’il raconte le dialogue avec précision. Le mufti aurait dit : « Si vous les expulsez, ils viendront tous ici ». « Que dois-je faire d’eux ? », demanda Hitler, qui était, comme on le sait, homme à demander conseil. Husseini aurait répondu : « Brûlez-les ». Ce dialogue, que personne de raisonnable ne prend au sérieux, aurait eu lieu le 28 novembre 1941. Du coup, ça s’agite sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques israéliens de gauche, qui accusent Bibi d’être un dangereux révisionniste. Le leader travailliste, Isaac Herzog demande à Nétanyahou de corriger immédiatement cette distorsion historique « car elle minimise la Shoah, le nazisme et le rôle d’Hitler dans le désastre terrible de notre peuple ». Ce n’est pas la première fois que Benyamin Nétanyahou fait du mufti de Jérusalem la source d’inspiration du régime nazi pour l’extermination des juifs. Dans un discours prononcé en janvier 2012 devant la Knesset, M. Nétanyahou disait déjà ceci : « Haj Amin Al Husseini fut l’un des architectes de la solution finale. Il s’était rendu à Berlin. Il avait fait pression et imploré Hitler […] et le persuada plus que quiconque de conduire la solution finale. Ne pas laisser les juifs partir de peur qu’ils ne viennent ici (en Palestine) ». Mais, au fait, comment les Allemands réagissent-ils à ces déclarations qui les exonèrent quelque peu ? Comme on pouvait s’y attendre, ils s’aplatissent, se fustigent, s’auto-flagellent, s’humilient à qui mieux mieux. « Nous savons que la responsabilité pour ce crime contre l’humanité est allemande et qu’elle est vraiment la nôtre », a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole d’Angela Merkel… Pauvres vermisseaux…

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