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16/10/2015

Chronique de la France asservie et… résistante

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RIVAROL N° 3205 du 8 octobre 2015

 

« Nous sommes un pays judéo-chrétien — le général De Gaulle le disait —, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères. J’ai envie que la France reste la France. Je n’ai pas envie que la France devienne musulmane », a martelé l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy sur le plateau de Laurent Ruquier le samedi 26 septembre. Du coup, nonobstant qu’elle se soit prudemment réfugiée derrière le terme “judéo”, qu’elle ait cité De Gaulle, ce qui aurait pourtant dû lui valoir le pardon des offenses, rien n’y fit. Car ces gens-là ne pardonnent rien. Du coup, ça couine.

 

LES CENTRISTES S’ÉMEUVENT

 

Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI, « en a marre de Nadine Morano ». Le leader centriste a réagi sur i-Télé, lundi 28 septembre, aux propos polémiques de l’eurodéputée Les Républicains « Martine Aubry disait qu’elle en avait ras-le-bol d’Emmanuel Macron. Moi j’en ai marre des phrases de Nadine Morano », a-t-il lâché, dénonçant une « vision insupportable, monolithique » de l’élue. « C’est quoi la “race blanche” dont elle parle ? Que sont les Antillais ? Que sont les Africains et les Maghrébins qui sont venus et sont devenus français ? Sont-ils moins français que les autres ? Même Madame Le Pen n’ose pas dire ça », a réagi le président de l’UDI. Il n’a certes pas tort : jamais Marine Le Pen ne prononcerait une horreur pareille. Quant à une éventuelle candidature de Morano à la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017, Jean-Christophe Lagarde « espère que [l’élection] n’aura pas en son sein une porte-parole du Ku Klux Klan ». Rien que ça…

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MORANO N’EST PAS RACISTE, LA PREUVE !

 

Morano, qui est une grande intellectuelle, comme on le sait, a définitivement démontré qu’elle n’était aucunement raciste, lançant au cours d’une émission sur France 5 cette phrase : « Je ne suis pas raciste, j’ai des amis arabes, dont ma meilleure amie qui est tchadienne, et donc plus noire qu’une Arabe ! » On sait que chaque raciste, chaque antisémite, a son bon juif, son bon Arabe, son bon Noir. Morano, sans doute, ne le sait pas.

 

Nadine Morano aggrave son cas à Moscou : « La France est un pays de race blanche avec des noirs ». Et elle soutient Assad… Nadine Morano a estimé à Moscou, où elle participait à un forum parlementaire sur la sécurité internationale, que la France est « un pays de race blanche avec des Noirs, comme le Congo est un pays de race noire avec des Blancs ». Etaient présents à ce forum Thierry Mariani et Marion Maréchal. Fondatrice du groupe parlementaire « Pour un nouveau dialogue avec la Russie » au Parlement européen, l’ancienne ministre déléguée a également salué les frappes russes en Syrie. Elle considère qu’il n’y a pas d’autre « interlocuteur crédible en Syrie » que son président Bachar al-Assad.

 

JEAN-MARIE LE PEN PARLE DE MORANO

 

Le fondateur du FN, viré de son parti pour avoir osé évoquer le « monde blanc » dans RIVAROL, estime que la polémique qui entoure les propos de Nadine Morano sur la « race blanche » illustre la « gauchisation des esprits ». Jean-Marie Le Pen écrit, dans un communiqué : « Pour avoir énoncé une évidence historique multiséculaire, Nadine Morano subit un feu nourri de critiques, d’autant plus véhémentes qu’elles viennent de son propre camp. Elle peut ainsi mesurer à ses dépens ce que pèse la “gauchisation des esprits” dans les rangs de l’ex-UMP. » Et le Menhir d’ajouter : « En le féminisant, un célèbre refrain du chanteur Guy Beart, “Elle a dit la vérité, elle doit être exécutée”, prend tout son sens ».

 

POUR MARINE LE PEN, LA “RACE BLANCHE” EST UNE “ÉNORME PROVOCATION GROSSIÈRE

 

Marine Le Pen a déclaré sur RFI et France 24 que les propos sur la race blanche de Morano étaient une « énorme provocation grossière ». Certains élus du FN se montrent cependant plus cléments.

 

C’est le cas de David Rachline, sénateur et maire de Fréjus, qui rappelle que le Front national de la jeunesse s’était déjà servi des propos de De Gaulle plusieurs années auparavant. Idem pour Gilbert Collard, député du Gard et membre du Rassemblement bleu Marine, qui a pour sa part défendu les propos de Mme Morano. « C’est hallucinant de voir qu’on ne peut pas dire que la France est historiquement un pays de race blanche, qui a eu des rois chrétiens, qui a été construit par le judéo-christianisme (sic !). On ne peut pas le dire ». Quant à Florian Philippot, vice-président du FN, accepterait-il d’accueillir Nadine Morano au FN si elle venait à quitter Les Républicains ? Réponse : non. Il explique que « son énorme problème, c’est qu’il y a zéro conviction, aucune colonne vertébrale idéologique ». Elle n’est pas le seule dans ce cas… Et puis, accusation lourde de Philippot à l’encontre de Morano : « Ce qu’elle a fait est en totale contradiction avec le Front national. » Car, attention, le Front national mariniste est tout sauf raciste ou racialiste. Philippot le dit clairement : il n’a « jamais considéré que la France était une race », avant de glisser à propos du soutien apporté par Jean-Marie Le Pen à Nadine Morano : « Je ne sais pas si ça va arranger [ses] affaires… » Quant à Gilbert Collard, le député apparenté FN, il ose une formule audacieuse. Il a traité tout simplement Laurent Ruquier qui avait interviewé Morano, de « furoncle médiatique », « un bouton purulent qui occupe un espace important » à la télévision. Mais Rama Yade y va aussi de son petit couplet, dans le registre “souvenirs”. Elle raconte au sujet de Morano, qui fut sa collègue au gouvernement : « Il y a une dérive personnelle qui date. Quand je l’ai côtoyée au gouvernement, j’avais eu droit à mes petites phrases ». Elle relate qu’au moment où elle hésitait à aller aux élections européennes, l’ancienne ministre de l’Apprentissage et de la Formation lui aurait dit : « Quand on est d’origine africaine, on a plus de devoirs que de droits », ce qui est, reconnaissons-le, une abomination.

 

PHILIPPE DE VILLIERS SOUTIENT MORANO

 

Philippe de Villiers vient de publier un livre Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (Albin Michel) dans lequel il dépeint, avec une plume au vitriol, certains personnages politiques. Il y dit son “dégoût” de la classe politique française et explique que « la France est en très grand danger » et qu’elle « s’effondre de l’intérieur, elle devient une société multiculturelle, on apprend à l’école à haïr la France […] et elle est submergée de l’extérieur puisque nous sommes à la veille d’une véritable invasion migratoire ». Magnifique lucidité, mais pourquoi ne l’avait-il pas exprimée quand il était aux affaires ?

 

Son livre révèle quelques anecdotes savoureuses. Ainsi, François Mitterrand, entouré de quelques ministres, dont le premier, Jacques Chirac, pose la question : « Quelle est, d’après vous la date la plus importante de l’histoire de France ? ». Lui-même évoque… le baptême de Clovis. Et Jacques Chirac de lever son verre de bière et de répondre : “1664”. 1664, c’est quoi cette date ? Il faisait référence à une bière, la 1664 de Kronenbourg ! Mais revenons à Morano. Villiers juge “ridicule” la polémique sur « la race blanche », estimant : « Si on lui tombe dessus aujourd’hui, c’est parce qu’il y a une préférence musulmane. Regardez ce qu’il se passe: l’accueil des migrants. On est en train de fabriquer un Kossovo islamique ». Et il ajoute : « Qu’est-ce qu’il faut dire ? La France est un pays de race Noire ? » Le président du MPF croit voir une explication à cette polémique: « En fait, c’est la christianophobie ! », autorisée selon lui. « La christianophobie est une opinion, on a le droit de profaner la croix du Christ, mais l’islamophobie est un délit. Si moi je dis quelque chose sur l’islam, là dans un instant, je risque la prison ». Et il souligne que la gauche, pour arriver au pouvoir, est allée chercher les immigrés. Quel courageux, ce Villiers, depuis qu’il a perdu son mandat de président du Conseil général de Vendée, par la grâce de ses ex-amis de l’UMP… Pas téméraire cependant au point de dénoncer la répression du révisionnisme historique ni de mettre en exergue ce que feu François Mitterrand appelait « l’influence puissante et nocive du lobby juif ».

 

MORANO VEUT DÉZINGUER SARKOZY

 

Nadine Morano est folle de rage à l’encontre de Sarkozy, dont elle fut pourtant une fervente groupie. Elle avait notamment « soutenu son discours sur l’homme africain qui n’est pas assez rentré dans l’histoire ». La pauvre Morano chouine : « Je n’avais pas mérité ça ! ». Du coup, elle veut exterminer son ancienne idole, déclarant au sujet de Sarkozy : « ce n’est même pas la peine qu’il songe à se présenter à la présidentielle, je le dézinguerai ! », Quel monde cruel !

 

QUEL DRÔLE DE JUIF, CE ZEMMOUR !

 

Il y a quelques jours, sur la cinq, Guy Bedos a déclaré : « Zemmour est juif. C’est un drôle de juif… il est devenu plus français que les Français… Mon arrière-grand-père était bâtonnier à Alger, il a contribué à faire passer le décret Crémieux qui a donné la nationalité française aux juifs [d’Algérie]… Quand je vois Zemmour, je le regrette. » Imaginons une seule seconde que Jean-Marie Le Pen ait tenu de tels propos. Vous imaginez le scandale, l’avalanche de plaintes, de la Licra au MRAP, en passant par le CRIF. Ils auraient tous couiné comme des cochons qu’on égorge. Et là ? Silence le plus complet. Zemmour, pour qui 12 % des Français seraient, d’après un récent sondage, prêts à voter à l’élection présidentielle s’il était candidat, vient d’aggraver son cas, en déclarant : « Cela fait trente ans que la gauche antiraciste nous empêche de parler. Maintenant on va parler, lui dire ce qu’on pense, et ce qu’elle a fait de ce pays depuis trente ans. Le catholicisme, c’est la France et le clocher, c’est la France ». Il faut cependant préciser que cette gauche est soudainement beaucoup moins antiraciste quand il s’agit de défendre les intérêts d’un petit pays du Proche-Orient.

 

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