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29/10/2014

Chronique de la France asservie et… résistante

Fabienne BALLARIN

 

RIVAROL N° 3160 du 23 octobre 2014

 

L’ESPRIT de Bertrand Delanoë plane-t-il encore sur la capitale ? On l’imaginerait bien autoriser, à l’occasion de la FIAC, la foire internationale d’art contemporain, l’auto-proclamé artiste Paul McCarthy installer son « arbre de Noël » de 24 mètres place Vendôme.

 

SEXTOY PLACE VENDÔME...

 

Car ce que le badaud pourrait voir comme un monumental objet vert ressemblant à un arbre—ressemblance suggérée davantage par le nom de l’œuvre, Tree, que par l’objet en lui-même—les utilisateurs de Facebook avertis ont eu tôt fait de le désigner comme un « plug anal », un sextoy qui s’adresse d’abord, comme son nom l’indique, aux homosexuels. La ressemblance n’est d’ailleurs pas le fruit de l’imagination déplacée de quelques internautes, mais elle est bien voulue par McCarthy, qui le reconnaît bien volontiers. Il honore aussi la Monnaie de Paris d’une exposition intitulée Chocolate Factory, dans laquelle on peut admirer un père Noël tenir un phallus chocolaté. Les âmes sensibles s’abstiendront de faire la moindre recherche sur McCarthy, l’obsédé des excréments et de la sodomie, qui aime visiblement mêler des statues d’enfants, filles et garçons, aux phallus les plus répugnants. Mais il ne s’arrête évidemment pas là, sa sculpture la plus indigeste représentant un homme mettant paternellement la main sur l’épaule d’un petit garçon sodomisant une chèvre. Nous nous demandons souvent s’il faut relayer des informations aussi répugnantes et choquantes dans nos colonnes. Mais pouvons-nous totalement ignorer le degré de décrépitude de notre société déroulant le tapis rouge à des “artistes” mêlant l’innocence enfantine aux images les plus pornographiques ? Fort heureusement des passants outrés ont réussi à dégonfler l’objet, ce qui suscite l’ire de tous les bien-pensants.

 

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... “ZIZI SEXUEL” À LA CITÉ DES SCIENCES

 

“Artistes” et cinéastes sont bien secondés par les éducateurs, parents soixante-huitards ou enseignants dégénérés, puisqu’ils affluent avec leur progéniture à l’exposition « Zizi sexuel », proposée en ce moment à la Cité des Sciences, et qui, en 2007, avait attiré 340 000 visiteurs. Le nom de l’exposition est tiré de l’univers de Titeuf, personnage de bande dessinée hideux et vicieux. Les mannequins et dessins sont à son image, mais l’exposition offre l’avantage d’être interactive : les enfants peuvent provoquer l’érection et l’éjaculation d’un mannequin en actionnant une pompe, s’allonger sur un lit en forme de cœur pour regarder des images de baisers au cinéma, et admirer la “ola” de préservatifs colorés. Un espace est réservé aux jeunes visiteurs — sans doute le clou du spectacle puisque l’entrée est interdite aux parents — où les sujets abordés sont la masturbation et l’homosexualité. Or, si le secret est bien gardé autour de ce qui se fait dans cette salle, des vidéos sur le site de l’exposition permettent de s’en faire une idée. On apprend ainsi au sujet de la masturbation : « C’est essentiel pour découvrir son corps. Ça permet d’apprendre plein de choses pour s’en servir ensuite dans sa sexualité d’adulte. La masturbation est une chose normale mais c’est personnel, il faut le faire quand on est tout seul. » Précisons que l’exposition s’adresse aux enfants de 9 à 14 ans, soit du CM1 à la 3e. Pas de doute, de nombreux élèves scolarisés dans le public bénéficieront de cette émoustillante sortie pédagogique… Les associations « Foutez- leur la paix » et “SOS-Education” ont toutes deux lancé des pétitions pour protester contre l’enseignement “ludique” de « comportements malsains ». Et après cela qui osera prétendre qu’il n’y a pas une volonté délibérée au plus haut niveau de pourrir la jeunesse, de souiller l’innocence, de détruire l’enfance en l’incitant à l’impureté et à tous les vices car une jeunesse dégénérée est prête à toutes les servitudes et ne saurait présenter une quelconque menace pour les puissants ?

 

TAXONS LES FAMILLES !

 

Pas de rigueur pour nos 577 autres députés. Confortablement indemnisés (plus de 5 000 euros mensuels) pour siéger à l’Assemblée, il ne leur est pas venu à l’idée que la France pourrait se passer des précieux services de beaucoup d’entre eux. Pourtant, ils en sont bien conscients, puisque les images de l’Assemblée montrent toujours un nombre incalculable de sièges vides... La France compte plus de députés que les Etats-Unis de représentants, alors que les Américains sont cinq fois plus nombreux : voilà un poste de dépense auquel il faudrait réfléchir, sans parler des sénateurs, qui sont véritablement les aristocrates qu’en d’autres temps on croyait bon pour la lanterne. Mais les nantis du 21e siècle étant élus, le bon peuple, qui n’a pourtant que la devise révolutionnaire à la bouche, ne voit pas d’inconvénient à ce qu’ils aient des privilèges. Il faut plutôt taxer les familles dites “riches”, celles dans lesquelles mari et femme travaillent au lieu de réclamer le RSA, et qui ont été les plus touchées par la réforme fiscale. Après les réformes affectant le quotient familial, l’Assemblée veut désormais supprimer le principe d’universalité des allocations familiales et diviser par deux les allocations versées aux familles dont les revenus atteignent 6 000 euros. Décidément, François Hollande « n’aime pas les riches » : il aime le couple qui touche le RSA, dont la femme se déclare parent isolé, qui sont logés en HLM tout en bénéficiant d’une APL, et dont tous les frais médicaux sont couverts par la CMU. Ignobles, au contraire, sont ceux qui gagnent honnêtement leur vie, et paient des impôts pour engraisser les familles des banlieues de Paris et de Marseille ; ceux qui ont un loyer ou un crédit immobilier faramineux, paient le tarif le plus élevé à la crèche, et dont les enfants n’auront pas de bourse à l’université. De quoi relativiser les fameux 6 000 euros, très largement entamés par les dépenses inhérentes à la vie d’une famille nombreuse et par les impôts nationaux et locaux. Cette famille supposée riche ne sera pas tellement mieux lotie que la famille immigrée exonérée d’impôts et gavée d’aides de toutes sortes. Par ailleurs, historiquement, les allocations familiales n’ont jamais servi à réduire les inégalités sociales mais à favoriser la natalité française. Les placer sous condition de ressources est donc créer un précédent lourd de conséquences. Car si on supprime ou si l’on réduit fortement les allocations familiales pour les classes moyennes et les classes dites aisées, dans les faits ce seront pour l’essentiel les familles immigrées qui en profiteront. Autrement dit les Français ayant des enfants à élever paieront pour des familles étrangères et eux n’auront droit à rien pour leur progéniture. N’est-ce pas là encore une insupportable injustice et une volonté de procéder au « grand remplacement » ?

 

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PHILIPPOT CONDAMNE PÉTAIN, ZEMMOUR ET LE PEN LE DÉFENDENT !

 

Florian Philippot, vice-président du FN, a estimé le 15 octobre, contrairement au polémiste Éric Zemmour, qu’il n’y avait « rien à sauver » dans le régime de Vichy. Questionné par i>Télé sur l’un des points polémiques de l’auteur de l’essai à succès Le Suicide français qui affirme que Philippe Pétain a protégé les Juifs français, le numéro deux du FN a répondu avec son courage habituel : « Sur ce sujet-là, on n’est pas d’accord », « Il n’y a rien à sauver à Vichy, rien. Vichy, ce n’était pas la France. La France, elle était à Londres, c’était les résistants qui, eux, effectivement ont sauvé des Juifs. » Ce néo-FN est décidément lamentable. Interrogé le 20 octobre sur RMC et BFMTV, Jean-Marie Le Pen a critiqué les propos de Philippot qu’il a traité de “gaulliste” et a défendu l’analyse de Zemmour. « D’après mes renseignements, il est mort 29 000 juifs français du fait de la déportation ou de l’emprisonnement ». A la question « Vichy est-il excusable ? », le président d’honneur du FN a répondu tout de go : « Bien sûr, je crois que Vichy a fait ce qu’il pouvait pour essayer de défendre les Français contre un horrible malheur ». Ce n’est pas Marine Le Pen qui répondrait ainsi, elle qui avait affirmé que ce qu’elle reprochait le plus à François Mitterrand, c’était d’avoir été décoré de la Francisque ! C’est tout le drame du FN aujourd’hui : naguère il savait résister à la pression médiatique, au politiquement correct, refusait de s’en laisser conter sur la loi Gayssot, sur Papon, sur les juifs, sur les races, sur l’occupation, sur l’immigration, sur l’homosexualité, sur l’avortement, sur la religion de la Shoah, sur toute une série de sujets, de sorte qu’il était un vrai bol d’air dans la vie politique française. Tout cela est hélas bien fini.

 

CHANGEMENT DE NOM DU FN POUR MIEUX TUER LE PÈRE ?

 

A l’issue du congrès du FN fin novembre, un questionnaire sera envoyé à tous les adhérents frontistes pour leur proposer le changement de nom du parti. Si la mutation ne se fait pas au moment du congrès, alors que c’eût été le moment idoine de poser la question, c’est que Marine Le Pen ne veut pas affronter son père de manière trop ouverte devant des milliers de congressistes. L’idée est donc d’attendre sa réélection triomphale pour trois ans (elle est la seule candidate à sa succession) à la tête du parti et d’envoyer dans les semaines ou mois qui suivent un questionnaire aux adhérents où figurerait entre autres la question du changement de nom et de sigle du parti. Cela aurait deux avantages pour Marine Le Pen : d’une part cela lui permettrait de se débarrasser définitivement de son père qui est président d’honneur du FN mais qui n’aurait rien à voir avec la nouvelle structure et qui ne pourrait donc siéger dans les instances dirigeantes de la nouvelle formation. S’il s’exprime, ce sera en son nom personnel et non plus au nom de la nouvelle structure. Second avantage : Marine Le Pen n’aura plus à assumer les 40 ans d’histoire du FN et pourra plus facilement encore s’en démarquer. Le changement de nom du parti était dès l’origine dans la logique de la démarche de l’actuelle présidente du FN : puisqu’on change la doctrine, le programme, les fondamentaux du parti, ainsi que ses alliances à l’étranger (on répudie ainsi le Jobbik hongrois pour l’ultra-sioniste Parti de la liberté néerlandais de Wilders), il était cohérent d’achever la mutation idéologique et stratégique du mouvement en en changeant le nom. Jean-Marie Le Pen est évidemment vent debout contre cette idée : « Ce serait une trahison des militants qui ont fait et maintenu le mouvement pendant 40 ans » a-t-il tonné, en ajoutant qu’il préparait un long texte sur son blog pour défendre le maintien du FN. Pas sûr que cela suffise à convaincre sa benjamine qui rêve de tuer le père pour faire plus vite carrière.

 

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