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02/07/2014

Sarkozy en garde à vue ? Tant mieux !

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Nicolas Sarkozy a donc été mis en garde à vue pour deux motifs : « trafic d’influence » et « violation du secret de l’instruction ». Et alors ? En quoi est-ce gênant ? En quoi un ancien chef de l’État n’aurait-il pas le droit d’être interrogé pour justifier certains de ses faits et gestes ? Il ne bénéficie plus de son immunité. Il est redevenu un justiciable comme un autre. Comme vous et moi. S’il a pris quelques libertés avec la loi, en quoi ne devrait-il pas répondre de ses actes devant la justice ? Les tricheurs, quand la triche est avérée, ne méritent-ils pas d’être sanctionnés ? Si nous-mêmes commettons une ou des infractions à la législation, nous devenons des gardés à vue en puissance.

Il n’y a rien d’anormal dans tout cela. « Dura lex, sed lex », disaient les Romains qui nous ont légué leur système de justice contradictoire. Chaque année, ce sont près de 800.000 quidams qui sont gardés à vue. 2.200 par jour ! Moins de 10 % de ces procédures se terminent par une incarcération.

Il suffit que l’on porte nommément plainte contre nous ou même que notre nom apparaisse dans une procédure d’instruction pour nous retrouver au poste de police et ensuite devant le juge, même si les allégations qu’on a pu porter contre nous sont totalement fausses. Il faut donc se justifier. La garde à vue sert aussi à ça : à se disculper. Le moment est sans doute pénible à passer, plus encore pour celui qui n’a rien à se reprocher et qui a du mal à prouver sa bonne foi. Cela étant, les services policiers et judiciaires sont efficaces et rares sont ceux qui passent entre les mailles du filet. Si Nicolas Sarkozy n’est pour rien dans cette affaire de « trafic d’influence et de violation de secret de l’instruction », il sera blanchi.

Bien entendu, derrière cette affaire judiciaire, on ne peut que voir une petite manœuvre politicienne. Le ministère public reste toujours soumis aux directives sinon aux humeurs de la Chancellerie.

On peut regretter que ce « prétexte » de la violation du secret de l’instruction ne soit pas plus souvent appliqué, tant il existe de fuites dans la presse à propos des affaires judiciaires.

On peut aussi regretter que cette garde à vue jette un peu plus le discrédit sur une classe politique déjà bien décriée et dénigrée par nombre d’affaires plus ou moins sombres (URBA, MNEF, Bettencourt, Bygmalion, etc.).

À travers cette procédure judiciaire envers Nicolas Sarkozy, passe le message d’une volonté de moraliser la vie politique, de la rendre plus vertueuse. Tant mieux. Le message semble être passé. Encore faut-il que ceux qui souhaitent la mettre en place soient eux-mêmes exempts de tout reproche et qu’ils ne se retrouvent pas un jour dans la position de l’arroseur-arrosé.

Henri Saint-Amand

 

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