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26/05/2014

La France sort progressivement de l’histoire et fait place à l’Europe

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BREIZATAO –  Pour analyser le scrutin français de ces élections européennes, il faut avant tout le considérer depuis l’étranger. De la Chine, des USA et d’ailleurs, le scrutin indique que l’Europe de l’Ouest se divise désormais entre peuples volontaristes dotés d’une vision globale, comme l’Allemagne, et ceux qui glissent, progressivement, vers la paralysie. Le grand message de ces élections est simple : l’effondrement du niveau des élites françaises est tel que Marine Le Pen, pourtant médiocre et sans programme crédible, devient une option électorale sérieuse pour de nombreuses personnes. Ce qu’a résumé l’ex-vice président Jean Claude Martinez avec lucidité : “Avec Marine Le Pen, nous descendrons en dessous du niveau zéro”.

C’est bien l’image d’une Europe qui se fissure entre Nord et Sud qui se forge sur la scène mondiale. Une Europe du Sud à laquelle appartient une France en convulsion, incapable de se réformer, qui sort progressivement de l’histoire.

Sortie de l’histoire

Est-ce un hasard si les Chinois, au sein de leurs groupes de réflexion stratégique, estiment que les Européens seront incapables de s’unir au XXIème siècle et que seuls leur feront face les Américains ? Non. Pékin pense que le jeu favori des Européens est de se détester et de s’entretuer et qu’il y a là une sorte de constante historique qu’ils sont incapables de dépasser.

Le stato-nationalisme qui a marqué les élections anglaises et françaises indique que ces deux pays sont d’abord et avant tout de vieux empires dont les dernières colères ne s’exercent plus que contre ce qui se maintient encore en Europe : l’Allemagne. Les vieux états-nations, jouant le rôle d’idiots utiles de la domination américaine et de la montée en puissance chinoise ou russe, paralysent le continent, excitent les haines que l’on croyait disparues, avec pour seul résultat tangible l’effacement accéléré de la scène mondiale.

Rappelons qu’en 2020, la Chine sera la première puissance mondiale avec un PIB 20 fois supérieur à celui de la France et 10 fois supérieur à celui de l’Allemagne.

Fort logiquement, plus les forces de dissolution progresseront sous leur forme “souverainiste”, plus les acteurs étrangers craindront la relégation économique et diplomatique du continent. Si d’aventure le FN pouvait mener un gouvernement en France, les créanciers internationaux – sans laquelle elle ne peut financer son “modèle social” – se retireraient sous la crainte de voir leur investissements mis en danger, ce qui déclencherait la crise systémique qui jusque là a épargné à ce pays.

Car la véritable idée-force du FN comme des Français qui votent pour lui, c’est le mythe isolationniste et autarcique. Le mythe du village d’Astérix, de la “France seule” de Maurras. Ce même mythe déjà caduc en 1914. Un mythe qui se brisera sur le réel mais qui doit, pour être dissipé précisément, être mis à l’épreuve. D’une certaine façon, il faut que l’illusion souverainiste soit révélée pour que les peuples s’en détourne, revenus des raisonnements faciles servis jusqu’à lors.

Le FN : ce parti sans militants qui ne changera rien

Le FN n’a pas à être redouté plus que de raison. Il ne compte, au mieux, que 60 000 militants. En compterait-il le triple qu’il ne serait qu’au niveau du Parti Socialiste Français. Cela n’en fait pas une force populaire en termes réels. Comme le PCF des années 70 qui lui disposait d’un appareil militant autrement plus considérable.

Qu’on se souvienne aussi du triomphe socialiste de 2012 -  il y a deux ans ! – pour prendre la mesure de l’illusion de toute-puissance qu’une victoire électorale peut donner. Et encore le Parti Socialiste avait-il pour lui des médiats culturellement acquis et la totalité des échelons de gouvernement : communes, départements, régions, sénat, assemblée, Elysée. Pourtant, il aura fallu seulement deux années pour mener ce parti dans une situation désespérée. Pourquoi ? Parce qu’il n’a entrepris aucune réforme et que c’est précisément ce que lui demandaient les Français : conjurer tout bouleversement dont ont peur les grands forces constituant l’ordre social français.

La France se trouve dans une situation schyzophrénique : elle reproche à ses dirigeants de faire exactement ce qu’elle attend d’eux, c’est-à-dire ne rien réformer pour faire durer un peu plus un système socialo-étatiste en bout de course.

A peine élu, le FN affirme qu’il se lancerait dans l’aventurisme économique – voire la révolution – en quittant l’Euro. C’est-à-dire en précipitant une crise économique mondiale sans précédent. Quel président français qui serait prêt à détruire la monnaie continentale et les réserves en euros d’alliés économiques comme la Chine, la Russie ou l’Inde ? A ruiner un équilibre économique continental précaire ? Aucun, malgré les discours audacieux d’estrade.

Marine Le Pen désormais se retranche derrière un “référendum” sur l’euro qui lui permet, en quelque sorte, de s’épargner des difficultés inutiles. Mais son discours demeure anxiogène pour tous les partenaires économiques de la France et les élections présidentielles de 2017 seront peut-être révélatrices à cet égard.

Le FN ne progressera plus sans se normaliser

Nombreux sont ceux qui pensent que le FN incarne une rupture. En réalité, la seule rupture qu’il opère est celle d’avec l’extrême droite. Et c’est d’ailleurs tout le pari de Marine Le Pen que de faire évoluer le Front National en dehors de celle-ci pour devenir un “parti républicain” comme les autres. C’est-à-dire le RPR des années 80. C’est de cette ambiguïté que le parti prospère : ses origines sulfureuses ont le fumet révolutionnaire mais sa réalité étant parfaitement apaisée, on joue à se faire peur en exagérant démesurément la menace ou le changement, selon que l’on soit opposé ou non à ce parti.

Le FN est certes à 25%, mais il s’agit d’élections européennes proportionnelles. Il n’a rassemblé que 10% du corps électoral qui s’est massivement jeté dans l’abstention.

On se souvient qu’aux dernières élections européennes, les Verts étaient passés devant le Parti Socialiste dans de nombreux endroits – dont Paris – et que l’on disait alors ce parti voué à disparaître. De là était né EELV, Europe Ecologie Les Verts, du nom de la liste européenne conduite à cette occasion. Que reste-t-il aujourd’hui d’EELV ?

Le FN est bien placé, mais son programme économique et ses positions délirantes sur l’unification européenne rendent impossible la constitution d’une coalition UMP/FN comme on a pu en trouver partout en Europe. Le FN se condamne donc à remporter seul 51% des suffrages. C’est parfaitement impossible avec le programme qu’il a adopté car il nie la réalité économique intégrée du continent et s’attire l’hostilité de la bourgeoisie qu’il veut conquérir. Rallier les mécontents par une somme de contestations hétéroclites ne suffit pas à constituer une majorité.

S’il est haut dans les votes, le FN dans les prochains scrutins devrait faire face à un plafond de verre électoral impossible à rompre sans alliance.

Le carburant du FN : l’immigration

C’est le seul point positif du vote FN. Il s’agit, indépendamment des discours de la direction, d’un vote motivé essentiellement pour des raisons de conservation ethnique et identitaire.

Le carburant essentiel du FN, ce n’est pas critique de l’UE ou de l’Euro, donc de l’Allemagne, mais celle de l’immigration et l’islamisation de la France. Et encore le FN est-il très modéré puisqu’il ne propose absolument pas d’inverser les flux migratoires, pas plus que d’abroger les lois liberticides dites “antiracistes” ou d’interdire la pratique de l’islam. Marine Le Pen a régulièrement dénoncé ceux qui voudraient entreprendre une telle politique. Le discours de Marine Le Pen en la matière, réduit au strict minimum, est identique à celui du RPR des années 80 avec le “retour au droit du sang” et “l’immigration zéro”.

Le parti de Marion Maréchal Le Pen, qui il y a quelques semaines déplorait qu’un maire FN n’ait pas célébré avec les associations antiracistes “la fin de l’esclavage”, a adopté une orientation “assimilationniste”. Assimilationisme qui dans les grandes villes de France relève de l’illusion pure et simple. Paradoxalement, le FN adopte une lecture universaliste de l’immigration au moment où celle-ci produit, de façon irréversible, une France ethniquement libanisée. Dès lors, le recours à la “laïcité” fait l’effet d’une blague de potache qui masque mal l’absence totale de volonté révolutionnaire sur le sujet. Là encore, faute de vouloir rompre – mais aussi de pouvoir fédérer autour d’un projet de rupture – l’exercice du pouvoir se chargera de faire du FN un parti “normal” sur cette question, moyennant quelques mesures de détails.

En fait, la base électorale du FN qui vote pour lui à cause de l’immigration/colonisation est bien plus radicale que sa direction et ne s’embarrasse pas de formulation complexe : elle veut que les étrangers quittent le pays en masse. La désillusion sera donc très forte et, comme au plan économique, le reflux vraisemblablement massif.

Le FN : patriotisme contre nationalisme

Il est à craindre que le FN ne devienne, une fois au pouvoir, le parti le plus répressif contre les nationalistes, précisément parce que ceux-là seront ceux qui souligneront à quel point ce parti ne s’engage pas dans la voie tant attendue. Le seul parti qui compte en France, l’Etat, fera valoir à un gouvernement FN arrivé au pouvoir toute l’urgence qu’il y a à “dissiper” les malentendus sur cette question, dans “l’intérêt supérieur de la patrie”.

Et une nouvelle fois, le patriotisme sera l’argument décisif pour circonvenir toute politique nationaliste.

Dans la même veine, prenant le style d’exercice du pouvoir pour le fond, l’autoritarisme serait la règle mais d’abord et avant tout contre les forces identitaires qui seraient en somme les “mauvais coucheurs” d’une victoire du FN aux présidentielles. Et, avec eux, tout ce qui pourrait incarner l’enracinement – comme les identités régionales – serait invariablement pourchassé tandis que, dans le même temps, on aurait de cesse de trouver un motus vivendi avec les immigrés afro-musulmans, le nombre aidant.

Le FN est bel et bien un parti profondément anti-européen, et pas seulement “anti-UE”, qui veut réaliser la France algérienne à défaut d’avoir pu faire l’Algérie française. Cette France forgée contre l’Europe, surtout l’Allemagne, dont le chauvinisme motivera l’alliance sacrée sous la bannière du socialisme d’état et du métissage patriotique pour arracher la France à la civilisation européenne et à la logique racialiste. Car la France dans sa forme souverainiste n’a d’autre finalité qu’elle-même, comme toute religion digne de ce nom, et le logiciel racialiste a le tort de faire de la France une simple donnée géographique dans un ensemble bien plus vaste, ayant une destinée commune.

L’Etat Français se doit donc, pour légitimer son existence, de maintenir un destin français en dehors de tout destin européen, c’est-à-dire de tout destin racial commun, au profit de toute construction intellectuelle qui mobilise les masses françaises en sa faveur exclusive. Une destinée d’ordre philosophique ou idéologique de substitution.

Ce qui nous fait dire que pour sauver les Français, ceux-ci devraient s’arracher de leur état, obstacle permanent à leur prise de conscience ethnique et des défis communs qui les lient aux autres Européens.

Le FN est le parti de l’Etat, donc de la bureaucratie, mobilisé contre une unification continentale rendant caduc son maintien. Pour y parvenir, tout sera bon pour assurer la stabilité intérieure et d’abord la répression contre les démarches identitaires qui s’expriment, par nécessité, contre l’état niveleur.

Le FN libérera peut-être l’Europe de l’Afrance

Comment ne pas conclure, avec Gabriele Adinolfi, qu’une France souverainiste anti-européenne, à part faciliter l’intégration des immigrés, ne produira rien ?

Cependant, soyons clair : si la France veut sortir de l’histoire, c’est son droit. Et peut-être en l’espèce, son devoir. Un droit qu’elle exerce avec talent depuis désormais au moins un siècle. Les Européens peuvent espérer, dans l’Axe italo-germanique, fédérant l’Europe centrale et orientale, la recréation du Saint Empire. Que l’Angleterre isolée se livre aux Pakistanais et la France au communisme racial à la cubaine n’étant pas de nature à empêcher la coalition des autres peuples européens.

N’est-ce pas même un service éminent rendu aux Européens conscients de leur race, qui verront ces pays en voie de créolisation se retirer d’eux-mêmes d’un ensemble blanc cohérent ?

Précisément parce que le combat européen s’étend de l’Amérique à l’Europe en passant par la Russie et l’Australie, que nous importe les convulsions françaises, hormis des questions de détail ?

Rien. Ramenons les choses à leur juste échelle.

Et laissons le patriotisme français à ses vomissements.

Source : France Eternelle

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