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26/05/2014

Européennes : et maintenant, l’UMP doit mourir !

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Au lendemain des élections municipales, un minuscule jeu de chaises musicales avait été la seule réponse de François Hollande à la colère des Français.

Deux mois après les élections municipales, rien n’a changé. D’où une nouvelle victoire, cette fois incontestable, du Front national dimanche lors des élections européennes.

Ce qui m’intéresse cette fois-ci, ce sont les éléments de langage communs au Parti socialiste et à l’UMP. On rejette la faute sur la situation économique et le désespoir des Français, comme si le vrai malaise n’était pas plutôt identitaire…

Cette condamnation et ce déni de réalité commun à gauche comme à droite valide malheureusement l’étiquette « UMPS » si chère à Marine Le Pen. Non, la gauche, ce n’est pas la même chose que la droite, ou en tout cas ça ne devrait pas l’être. Cette fois-ci, chacun va devoir sortir de sa schizophrénie. À l’heure où le PS fait la politique de l’UMP, il est grand temps que chacun s’interroge sur sa place dans la vie politique française.

L’UMP est dans une cohabitation permanente depuis sa création. Quels points communs entre Alain Juppé et Henri Guaino, si ce n’est la carte d’adhérent ? Quelle ligne politique claire entre Jean-Pierre Raffarin et Thierry Mariani ? Créé à la base pour agréger le centre et la droite dans la conquête du pouvoir, ce parti n’est, aujourd’hui, plus que l’ombre de lui-même. Résultat : le centre est à l’UDI et la droite est partagée entre Debout la République et le Front national. Cela ne peut plus durer. Tout le monde s’en rend compte… sauf les ténors du parti qui sont pris de peur. Peur de l’inconnu ou peur de perdre leurs privilèges ?

Ces gens pourront toujours se rassurer en regardant les votes des municipales, mais ces résultats sont une illusion. Comme François Hollande a été élu par rejet de Nicolas Sarkozy et non par adhésion, l’UMP a triomphé par défaut en réaction à la politique gouvernementale. Les électeurs qui votent encore UMP aujourd’hui le font soit par peur du qu’en-dira-t-on soit par pragmatisme devant la faiblesse de l’UDI-MoDem. Les militants sont partagés entre eux sur les stratégies d’alliance avec le FN. Même au niveau de l’électorat, on ne sait plus vraiment où on en est.

La tempête qui menace la direction, et Jean-François Copé en particulier, doit être une chance historique que l’UMP doit saisir pour enfin mourir. L’aile centriste doit se rassembler avec l’UDI et le MoDem pour former un grand parti du centre, et l’aile droitière doit enfin s’assumer en tant que telle. Cela passera forcément par un dialogue avec Nicolas Dupont-Aignan, voire Marine Le Pen, mais ils ne pourront plus en faire l’économie. Devant des enjeux de société qui dépassent les clivages, nous n’avons plus le temps pour les questions partisanes et les questions d’ego. Si l’UMP continue à balader ainsi ses électeurs, ceux-ci pourraient bien s’en détourner majoritairement. Ils ont vu que le FN n’était plus seulement un épouvantail, mais aussi une machine à gagner des élections dans une époque où nos valeurs communes semblent voler en éclats.

Thibaut Ronet

 

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