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05/04/2014

Pascal Lamy vous parle : vous êtes pauvres ? Réjouissez-vous.

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Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a daigné jeter un regard sur les problèmes du peuple, et a même eu une idée pour le sauver : des « petits boulots » payés « en dessous du SMIC ».

Le problème majeur que soulève une telle proposition, c’est le coût de la vie, le genre de chose qui ne parle pas trop à Pascal Lamy… En bon socialiste, il est proche du peuple, mais de loin.

Non, il lance cette idée de génie comme il avait demandé en 2009 une hausse de 32 % de ses rémunérations à l’OMC. Souvenons-nous : 2009, nous sommes au cœur de la « crise économique ». Pascal Lamy, dont le salaire annuel était alors de 316.000 euros (sans compter la prime retraite équivalant à 15 % de ce salaire), demande une augmentation de 32 %, qui lui sera d’ailleurs refusée. Voilà qui donne une idée des préoccupations du personnage : la question du smicard qui se demande s’il peut oui ou non se permettre d’acheter une baguette par jour, ça lui passe un peu au-dessus de la tête…

La réalité, c’est que lorsque l’on a retiré au SMIC toutes les charges nécessaires pour vivre, il ne reste rien. Moins qu’un SMIC ? Il reste des dettes. Donc, non, ce n’est pas une « solution ». En revanche, en venir à ce genre de mesure, c’est un symptôme, ça oui. La baisse des salaires est en effet une conséquence inévitable… de la mondialisation. Comment continuer à payer des salaires décents quand d’autres le font pour 100 fois moins à quelques milliers de kilomètres ? Impossible.

Il y a une chose sur laquelle on pourrait être d’accord : « Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot. » Certes, redonner au travail ses lettres de noblesse pourrait être une excellente idée mais, pour cela, il faudrait aussi baisser les allocations chômage pour compenser les effets potentiellement pervers de l’État-providence. Ce qui n’est faisable qu’en ayant auparavant fermé les frontières. Car sinon, qui voudra venir travailler pour si peu cher, Pascal Lamy ?

Encore une fois, on maudit l’effet pervers d’un processus dont on continue pieusement à bénir la cause… Schizophrénie ordinaire d’un homme de gauche qui prend d’ailleurs soin de préciser – pragmatisme oblige – qu’il n’aurait pas dit ça « il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage… ». Comme si « ce niveau de chômage » était arrivé par l’opération du Saint-Esprit ! Comme si ce n’était pas le fait de continuer à laisser les frontières ouvertes qui avait contribué à accélérer la tiers-mondisation de la France !

D’ailleurs, c’est tellement clair que Pascal Lamy le reconnaît, et que cela ne le dérange pas du tout. Pire : il trouve ça génial, c’est même la vocation d’un socialiste, figurez-vous. Le 16 mars dernier, sur le plateau de BFM, il vantait les « bons côtés de la mondialisation » : elle réduit « énormément la pauvreté ». À cela, la journaliste lui répond : « Mais pas tellement pour nous, les Français. » Et là, aveu : « Si on est à gauche, on est pour la réduction de la pauvreté en général. »

Compris ? Un homme politique élu par le peuple français a pour mission d’instaurer la sacro-sainte « égalité » à travers le monde. Et si, économiquement, cela passe par l’appauvrissement de la France, ce sera un mal local pour un bien universel.

Vous êtes pauvres ? Réjouissez-vous.

Charlotte d'Ornellas

 

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