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02/04/2014

Valls à Matignon, un poison d’avril pour Mélenchon

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En ce début de semaine post-Bérézina, pour la gauche de la gauche, l’addition est plutôt salée. Si Marie-Noëlle Lienemann pique une grosse colère, ce n’est rien à côté de celle de Mélenchon ! Est-ce une surprise ? Non, car après l’humiliation des urnes, le locataire de l’Élysée vient en effet de nommer le ministre… le moins à gauche qui soit, lequel culminait à peine à 6 % lors des primaires socialistes.

Manuel Valls, dit « El Blanco », s’installe à Matignon : un véritable bras d’honneur pour les socialistes à l’ancienne qui ne comprennent toujours pas qu’ils se sont trompés de séance. Le nouveau film est en version sous-titrée bruxelloise, et à la place de la comédie attendue, c’est un film noir qui défile sur le grand écran de la mondialisation. L’âpre goût de la réalité, sans doute. Au fond de la salle, les cierges allumés lors du discours du Bourget sont éteints : ils se sont pris un seau d’eau sur la mèche… Il n’y a jamais eu de combat contre la finance, il n’y a jamais eu de « Moi Président ». Il n’y a jamais eu de président. Cette fois-ci, le figurant Hollande a dit « On ne joue plus ». Certains ont mis deux ans à comprendre !

Poison d’avril… Alors forcément, pour Jean-Luc Mélenchon, le compte n’y est plus. Mal rasé, le regard vague d’après-cuite, le tribun avait lundi soir la mine d’un Ramon Zarate à qui Tintin aurait confisqué les couteaux. Armé de sa seule mais fidèle cravate rouge sang, celui-là même qui avait appelé à voter Hollande en 2012 lui a pourtant déclaré la guerre ce lundi soir. C’est tout juste si les orgues de Staline n’allaient pas pointer leurs museaux à l’orée du bois démocratique.

Selon Merluche, le président « montre qu’il n’a rien compris au message adressé par les Français. Il nomme comme Premier ministre le plus grand commun diviseur de la gauche [...]. À un désastre électoral, François Hollande ajoute un suicide politique. »

Si le Front de gauche est une armée mexicaine à la dérive, cela n’empêche pas son Alcazar d’appeler à la révolte le 12 avril prochain. Cette manif s’appuiera « sur un arc de forces et d’associations extrêmement large sur le thème “trop c’est trop”. Il est temps pour nous d’affirmer un ras-le-bol de gauche, donc il y aura une immense marche de protestation car il faut prendre à bras-le-corps le problème que pose un gouvernement de gauche qui fait une politique de droite. » Les écolos seront les bienvenus, précise-t-il.

Néanmoins, n’est-ce pas un peu tard ? Avec le matador anti-quenelle, le pouvoir va s’enfoncer un peu plus dans cette voie sans issue de l’austérité commandée par l’Union européenne. Quand la gauche est laminée jusqu’au plus profond d’elle-même, la droite se retient d’applaudir le caudillo de fête foraine. Maintenant se dresse le mur des européennes. Mélenchon aurait pu s’en réjouir, mais il n’a pas le cœur à ça. Et pour cause : le FN va rafler la mise à sa place.

Joris Karl

 

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