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27/03/2014

Balkany, Mellick… et Léotard : retour du clan des Siciliens ou des morts-vivants ?

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Léotard François, ex ministre des gouvernements Mitterrand et Chirac, était en retraite depuis plusieurs années. Oui, mais après les résultats des élections municipales dans sa ville de Fréjus – FN très largement en tête –, il a décidé de sonner le tocsin contre le mouvement de Marine Le Pen : « Nous devons trouver des réponses locales à la situation qui fait désormais de l’extrême droite, démagogique, populiste, anti-européenne une menace pour l’esprit républicain et le rayonnement de la France […] Des conseils locaux de citoyens libres doivent se développer dans toute la France, associant des familles de pensée différentes, mais se trouvant réunies dans chaque ville par une volonté commune de ne pas laisser la République livrée à ses adversaires. »

C’est qu’il vaut sans doute mieux la laisser entre des mains comme les siennes, lui qui se mit en retraite forcée de la politique suite aux multiples affaires peu reluisantes auxquelles son nom est associé : soupçons dans la commandite d’assassinat sur la députée Yann Piat ou les frères mafieux Saincené, condamnation à 10 mois de prison avec sursis pour financement illicite de parti politique et blanchiment d’argent, suspicion d’avoir sous-payé son ancienne propriété de Fréjus et d’avoir fait supporter à la collectivité la construction d’un mur la séparant d’un parc… Du lourd, comme on peut le constater, autant que son triple pontage coronarien depuis lequel il ne sévissait plus que dans l’écriture d’essais et de romans.

Toutefois, « l’indignation citoyenne », même aussi douteuse que la sienne, est-elle l’unique raison de sa réapparition ? Ne serait-ce pas plutôt l’ouverture d’une enquête les visant, lui et l’ex-Premier ministre Édouard Balladur, dans le volet financier de l’affaire Karachi qui vient d’être demandée par le procureur général près la Cour de cassation à la Cour de justice de la République (CJR) ? Simple interrogation citoyenne…

Mais ce n’est pas le seul retour d’un mort-vivant de la politique sous le feu des médias : le premier tour des élections municipales de dimanche dernier a rappelé aux bons souvenirs des électeurs un nombre impressionnant de mis en examen ou de condamnés assez stupéfiants.

Des UMP Patrick Balkany (sous le coup d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale » et d’une information judiciaire pour détournement de fonds), réélu au premier tour, ou Jean-Pierre Bechter (mis en examen pour des soupçons de fraude électorale), arrivé en tête, en passant par l’UDI André Santini (condamné en janvier 2013 à deux ans de prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité de cinq ans pour détournement de fonds dans l’affaire de la fondation d’art Hamon), réélu avec 67 % des voix, au socialiste Jacques Mellick (condamné à cinq ans d’inéligibilité en 1997 pour faux témoignage) en tête du scrutin à Béthune… et sans compter nombre de « moins connus » ici ou là, toutes tendances UMPS et complices confondues, une constatation s’impose : les électeurs semblent se moquer de la moralité de leurs élus autant que ceux-ci se moquent des décisions de justice qui les frappent… ou les ont frappés.

C’est ça, aussi, la démocratie ? Il semble, en effet…

Philippe Randa

 

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