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25/03/2014

Les scores aux élections : un véritable choc de clarification

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Les enquêtes d’opinion, quoi qu’on en pense d’ailleurs, sont devenues le plus précieux et le plus indispensable des indicateurs, non seulement pour les opportunistes enclins à prendre le vent mais pour les gouvernants, les observateurs, les analystes de la politique et plus généralement pour ceux des citoyens – plus nombreux qu’on ne le dit – qui suivent la marche des événements, qui ont au cœur le souci de leur pays et qui peuvent entendre battre son pouls au rythme de ces consultations régulières. Elles allaient toutes dans le même sens depuis des mois et il n’était pas douteux, à la veille du premier tour des municipales, que celles-ci ne seraient pas bonnes pour le gouvernement. Mais dans quelle mesure, jusqu’à quel point et avec quelle signification ?

Rien ne vaut le sondage en vraie grandeur que constituent des élections, et si François Hollande était anxieux de savoir ce que les Français pensaient de sa politique et de sa personne, le voilà maintenant fixé. Non seulement les candidats qui s’en réclamaient enregistrent partout de mauvais résultats, non seulement les considérations locales et la cote personnelle de tel ou tel bon maire ne les ont nulle part garantis contre un recul généralement compris entre cinq et dix points, mais la punition qu’ils ont tous subie est d’autant plus sévère qu’ils étaient réputés plus proches du président de la République et de son Premier ministre. Cette proximité ne les protège pas, elle les pénalise…

Etre ministre, dans le climat actuel, n’est pas un atout mais un handicap, pas un plus mais un moins. En témoignent les mauvais scores enregistrés à Laval par Guillaume Garot, au Mans par Stéphane Le Foll et la pitoyable contre-performance de Marie-Arlette Carlotti à Marseille. Bon maire, et jusqu’ici réputé inexpugnable à Quimper, Bernard Poignant paye d’une humiliante deuxième place son rôle, complaisamment mis en lumière par les médias, de conseiller intime du locataire de l’Élysée. À Nantes, son titre de première adjointe de Jean-Marc Ayrault vaut une chute de vingt points à Johanna Rolland. C’est pour le Premier ministre un camouflet personnel qui s’inscrit à l’intérieur du désaveu général. L’heure va bientôt sonner pour lui des adieux à l’hôtel Matignon et au projet de Notre-Dame-des-Landes. Le scrutin de dimanche a constitué un véritable choc de clarification.

Dans le palmarès des échecs socialistes que l’on pourrait égrener ville après ville, les personnes sont moins en cause que leur appartenance, que leur étiquette, et la vexation d’un second tour imposé à de bons maires comme François Rebsamen à Dijon ou Gérard Collomb à Lyon l’établit clairement, tout comme il est établi que cette cuisante défaite est essentiellement due à la déception, à la rancœur, à la colère des électeurs mêmes – les pauvres – qui avaient cru aux promesses de François Hollande. Ce sont eux qui, en s’abstenant massivement, ont infligé au président de la République et à son camp, plus sévères que la gifle annoncée, deux retentissantes paires de claques. Un aller-retour pour la politique d’austérité et l’échec de la lutte pour l’emploi, un aller-retour pour l’inféodation à l’Europe libérale et la capitulation devant le patronat. Il n’y a plus à se demander pourquoi François Hollande a si facilement les joues rouges.

Il y a bien longtemps, maintenant, que la légendaire usine de l’île Seguin a fermé ses portes et que, par dizaines de milliers, les ouvriers de l’automobile et des autres secteurs sinistrés de l’économie ont rejoint les rangs de l’immense armée des précaires, des sacrifiés, des chômeurs que nos gouvernements successifs ont abandonnés sur le bord de la route. Billancourt n’est plus qu’un nom, symbole malgré lui du grand déclin de notre industrie Mais pas plus aujourd’hui qu’hier on ne peut impunément désespérer Billancourt.

Dominique Jamet

 

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