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18/03/2014

L’énigme Mélenchon, entre le zéro et l’infini…

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Le Zéro et l’infini, c’est d’Arthur Koestler. Titre en forme de maxime. Qui s’applique à toutes formes de bêtise et de totalitarisme. Et colle assez bien à la personnalité de Jean-Luc Mélenchon. Un trotskiste de choc ; mais sénateur vingt ans durant : oxymore.

Jean-Luc Mélenchon, trotskiste certes, mais pas de n’importe quelle race. Pas celle de la LCR qui révérait chez le grand Léon – Trotski, pas Degrelle – l’intellectuel enfiévré et internationaliste. Alors que leurs frères ennemis de l’OCI – promotion Lionel Jospin et Jean-Christophe Cambadélis – se prosternaient devant celui qui réorganisa l’Armée rouge et remit à l’honneur grades et salut aux officiers, pour finir par mettre la pâtée aux Blancs de Dénikine.

Petite confidence : nombre de ces lambertistes, « fachos » contrariés, on les retrouvera chez Le Pen au mitan des années 80. Je ne citerai pas de noms… Mais de tout ce passé, des traces demeurent. Chez Jean-Luc Mélenchon tout particulièrement. Tout miel en coulisses devant Marine Le Pen, mais mauvais comme une gale avec elle sur les plateaux de télévision. Qui l’insulte en direct, mais lui explique où il faut appuyer, là où ça fait mal chez les socialistes d’Hénin-Beaumont ; parce que les endroits de triche, il connaît. La preuve en est que le match retour ne fut pas loin d’être gagné par sa meilleure ennemie…

Ces choses dites, le sénateur-révolutionnaire a ses élégances. N’hésite pas à balancer sur le gouvernement, dans Le Parisien de ce dimanche : « Il ne pouvait pas ne pas être au courant des écoutes judiciaires pratiquées sur les téléphones de l’ancien président Nicolas Sarkozy. » Ben tiens… Et pan dans la tête de Matignon…

Et tant qu’à faire, paf dans celle de l’hôtel de ville parisien, le même révolutionnaire en semi-retraite d’affirmer, toujours dans le même journal : « Le Parti de gauche ne consentira au mieux qu’à des “fusions techniques” entre les deux tours des élections municipales. » Que faire ? écrivait Lénine. À quoi bon ? lui répond aujourd’hui en écho son lointain descendant. Car ces « fusions techniques », à quoi peuvent-elles bien rimer ? Si ce n’est à des arrangements d’arrière-cours électorales, négociés façon bouilleurs de cru, mode IVe République.

Comme tout n’est pas si simple en matière de carambouilles électorales, tandis que le Front de gauche minaude, que les Verts jouent les coquettes, voilà que les socialistes se rebiffent, à Paris tout au moins. Ainsi, en plein pic de pollution, Anne Hidalgo, aspirante à la mairie de Paris, vient de se rappeler que ses alliés écologistes avaient passé, l’année dernière, commande de plus de 300 bus tournant au diesel… Une farce de plus.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon, en plein mode mantra et moulin à prières, se joue l’air de la grande Zaza sur le péril de l’extrême droite. À ce sujet, pourquoi ne pas relire l’un de ses illustres devanciers, de l’OCI lui aussi, Lionel Jospin : « Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste ; donc, tout antifascisme n’était que du théâtre… » Pas faux, c’était sur France Inter il n’y a pas si longtemps.

Tout comme il est vrai que Jean-Luc Mélenchon n’est pas mauvais acteur. De théâtre, il va de soi ; et impayable dans le registre comique, comme il se doit.

Nicolas Gauthier

 

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