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06/03/2014

Ukraine : un revers majeur transformé en victoire tactique pour Poutine

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Les pays de l’OTAN, habitués à agir en toute impunité depuis la fin de l’URSS, se sont trouvés fort dépourvus lorsque l’armée russe pénétra en Ossétie du Sud. C’était la première fois depuis vingt ans que l’ancien empire sortait de chez lui pour s’opposer directement aux projets américains. Si nous avions eu un tant soit peu de jugeote, nous aurions vite compris que les choses avaient changé. Pourtant, après la Libye, nous avons osé récidiver en Syrie où, soutenant matériellement et diplomatiquement nos ennemis mortels, nous nous préparions à attaquer le régime de Bachar el-Assad sous le prétexte ridicule et éculé qu’il serait en possession d’armes chimiques. Qu’à cela ne tienne, Poutine prit les Américains à leur propre jeu en faisant publiquement démanteler par Assad son arsenal. L’idée était d’une simplicité enfantine mais il fallait y penser et surtout pouvoir se le permettre. Sans menacer le moins du monde l’Occident, il a éteint son bellicisme par une simple phrase placée au bon moment de la discussion, n’est-ce pas magnifique ? John Kerry jouait les grands cœurs ; poussé dans ses retranchements, il est tombé.

Et nous voilà enfin, après les Jeux de Sotchi dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils furent un succès total, à observer comment Poutine tourne à son avantage une situation que nous pensions lui être défavorable. Qu’on en juge : les Bernard-Henri Lévy et Ashton se frottaient les mains à l’idée que l’Ukraine coupe les ponts avec la Russie honnie à la faveur d’une révolte qui aurait pu faire boule de neige. Patatras ! Il apparaît que ces nobles démocrates sont en fait des milices ultra-nationalistes et qu’en outre, la moitié du pays ne se gêne pas pour passer aux Russes. Le cas de la Crimée est emblématique : entre le chef des forces navales ukrainiennes qui ouvre grand les portes du quartier général aux soldats russes et le Parlement élisant un Premier ministre pro-russe parlant de sécession, voire de rattachement… Ce qui devait être un revers majeur s’annonce en fait une victoire tactique pour Poutine qui réussit là un coup de maître : envahir un pays sans verser la moindre goutte de sang !

Évidemment, la comparaison avec nos propres dirigeants est cruelle. Cela éclate maintenant aux yeux du monde : combien de guerres avons-nous menées en des contrées où nous n’avions rien à faire pour des gains politiques nuls ? Les Américains eux-mêmes, avec leur budget de 500 milliards de dollars, n’imposent plus le respect ni à leurs ennemis coréens ou iraniens, ni à leurs alliés d’Israël ou du Pakistan, ni aux Afghans, ni aux Irakiens… Les pays occidentaux tâtonnent comme des amateurs, multipliant les maladresses grossières et les erreurs stratégiques.

Qui ne comprendrait pas, dans ces conditions, que certains peuples rejettent une pseudo-démocratie qui les rend vulnérables et accueillent à bras ouvert un seigneur autoritaire mais conscient de ses responsabilités ? Nos politicards nous font honte, leur tsar inspire crainte et respect : qui est le mieux loti ?

Charles Rouvier

 

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