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06/03/2014

Annagate, ou la République irréprochable façon socialiste…

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Le Figaro l’a révélé hier. La police a fait pression sur une jeune fille russe de 18 ans pour qu’elle espionne les Veilleurs de Versailles, la menaçant si elle ne voulait pas coopérer de refuser sa demande de naturalisation. Une naturalisation qu’elle avait « bien du mal à obtenir », car « d’après les autorités françaises, elle n’avait pas le profil idéal », étant « militante de la Manif pour tous ».

C’est donc cela, la France terre d’accueil ? On l’ignorait : les socialistes, aussi, sont pour l’immigration choisie. Mais choisie par eux. Qui savent trier le bon grain de l’ivraie, les chances pour la France de celles qui n’en sont pas. Entre deux jeunes Slaves, par exemple, Inna plutôt qu’Anna. Une jeune Russe orthodoxe ayant réussi son bac à Versailles avec mention TB, brillante étudiante en hypokhâgne, c’est vrai que ça n’inspire pas tellement confiance. Parle-t-elle même seulement un peu français ? Dans notre pays si regardant pour les naturalisations, il est normal que la police se montre tatillonne… Et monnaye carte d’identité contre espionnage.

C’est donc cela, la démocratie à la française ? Les policiers exigent une infiltration, un rapport sur le « réseau » avec des noms, des professions. Anna refuse ? Ils la harcèlent au téléphone, la menacent de la retrouver où qu’elle aille et lui interdisent d’en parler, même à ses parents, allant jusqu’à se comparer au KGB, dont ils n’ont pas les « moyens », mais enfin… Coïncidence de date, sortait, hier aussi, le livre de Christiane Taubira Paroles de liberté, dans lequel elle porte ce jugement sans appel : les anti-mariage pour tous sont « incontestablement » des antidémocrates. Et comme disait ce brave Saint-Just, pas de démocratie pour les ennemis de la démocratie, sans doute ?

C’est donc cela, les « grandes priorités opérationnelles » des forces de l’ordre promises par Manuel Valls ? Les policiers n’ont pas seulement cherché à nier, et au ministère de l’Intérieur, on répond « qu’on n’accorde pas la nationalité à n’importe qui » (sic). Le directeur départemental de la sécurité des Yvelines ajoute qu’Anna était « en contact avec des groupes manifestant sur la voie publique » et que, dans son département, « il y a une forte mobilisation contre le mariage pour tous. C’est un vrai sujet de préoccupation […]. » Ah oui, les Veilleurs de Versailles, une cinquantaine de pères et de mères de famille assis en tailleur sur la place du Marché pour écouter en silence les propos d’un philosophe… un vrai sujet. Laissez tomber les dealers de Mantes-la-Jolie, les échauffourées de Trappes, les voitures brûlées d’Élancourt, les trafics d’armes des Mureaux, mais surtout, les gars, ne perdez pas de vue la petite, là, avec son bébé dans le kangourou. Les saintes nitouches sont les pires. Pourrait rejoindre un djihad au Vatican, on ne sait jamais. Ça, la direction de la sécurité des Yvelines sait gérer les « priorités ».

C’est donc cela, la « République irréprochable » ? Comme le dit Albéric Dumont, porte-parole de la Manif pour tous, comment être sûr que ce n’est pas la partie émergée de l’iceberg ? Combien d’autres Anna, que nul n’a réussi cette fois à convaincre de parler malgré leur peur ? Combien d’écoutes téléphoniques ? Combien d’autres dispositifs qui n’ont pas été éventés, ceux-là ?

Imaginez un instant… Imaginez un instant la même affaire, mais sous un gouvernement de droite. Anna s’appellerait Aïcha, elle serait étudiante algérienne, repérée dans une manif proche de SOS Racisme. L’indignation serait à son comble, les médias auraient oublié l’Ukraine et autres actualités mineures, le ministre de l’Intérieur aurait présenté sa démission et le président de la République ses excuses. On appellerait cela l’Aïchagate. Plus, donc, qu’à attendre l’Annagate.

 

 

Gabrielle Cluzel

 

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