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03/03/2014

Le Fabius 2 est annoncé - Le Juppé de gauche bientôt premier ministre ?

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L’opération Fabius est lancée. Le JDD comme d’habitude se fait le relais complaisant du monde politique au pouvoir. On notera que le jour même où le JDD tente de placer Fabius sur orbite, Le Monde, lui, fait sa une sur Jean-François Copé dans une volonté très nette de démolition.

Dans le JDD, comme par hasard, Fabius arrive devant Jean-Yves Le Drian, le ministre le plus aimé des français. Si c’est vrai, c’est assez consternant, car il s’agit de deux ministres ayant entrainé la France dans une diplomatie manichéenne et contestable à la remorque des Usa. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius (61%), détrône celui de l’Intérieur, Manuel Valls (53%), à l’indice de satisfaction des Français à l’égard des membres du gouvernement, mesuré par l’Ifop pour le JDD du 2 mars.

La plus grande satisfaction des Français va vers deux ministres qui sont le moins en prise directe avec leurs préoccupations quotidiennes, note Libération puisque Laurent Fabius est suivi de très près par son collègue de la Défense Jean-Yves Le Drian (59%). Viennent ensuite deux femmes, Najat Vallaud-Belkacem (porte-parole du gouvernement et Droits des femmes) avec 58% et Aurélie Filippetti (Culture-communication) avec 57%. Exit Taubira.

Si la chute de Valls est compréhensible, l’ascension de Fabius, surprenante, est révélatrice d’une opération politique visant à l’imposer comme le très prochain futur premier ministre de gauche. Jean-Marc Ayraut, lui, fait semblant de ne pas y croire. Alors que depuis plusieurs semaines les rumeurs d’un remaniement sont nombreuses, les propos du premier ministre, ce dimanche, dans Le Parisien, vont sans doute alimenter les spéculations, même s’il balaie les rumeurs sur un éventuel changement de Premier ministre après les élections municipales. Mais interrogé sur l’idée de la formation d’un gouvernement plus resserré, il ne l’écarte pas et s’y dit même favorable. « C’est une décision qui appartient au président de la République, mais j’y suis favorable », explique en effet le Premier ministre dans une interview à Aujourd’hui en France/Le Parisien. « En Europe, beaucoup de gouvernements ont moins de ministres et ça ne marche pas plus mal » explique-t-il en rappelant que lors du dernier conseil des ministres franco-allemand, le 19 février dernier, le gouvernement français compte 38 membres, contre 17 outre-Rhin.

Laurent Fabius n’est certes plus un perdreau de l’année.

À la suite de la victoire de François Mitterrand en 1981, il est nommé ministre du Budget, fonction lors de laquelle il instaure l’Impôt sur les grandes fortunes, aboli en 1987 par le gouvernement de Jacques Chirac et ancêtre de l’Impôt de solidarité sur la fortune. Les œuvres d’art étant exclues de l’assiette de recouvrement de l’impôt nouvellement créé, une polémique le visant débuta . En effet, la fortune familiale de ses parents est bâtie sur le commerce des œuvres d’art. Il conteste être à l’origine de cette mesure. Selon la biographie de Jean-Gabriel Fredet, c’est Jack Lang, alors ministre de la Culture, qui aurait obtenu cette exonération, contre l’avis de Fabius.

À 37 ans, il est le plus jeune Premier ministre de la République. Arrivé dans une situation de crise, il poursuit la « politique de la rigueur » afin de maîtriser la dette de l’État et l’inflation. Dans son discours d'investiture, il propose de « moderniser et rassembler » le pays. Le Parti communiste, qui depuis 1983 critiquait la politique suivie, refuse de participer à son gouvernement. Sur le plan diplomatique, Laurent Fabius empiète parfois sur le domaine de François Mitterrand. Ainsi, en 1985, il prend fait et cause pour la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud : il rencontre l’évêque anglican Desmond Tutu lors d’une grande réunion à Paris en mai 1985, et obtient que la France impose des sanctions au régime de Pretoria : embargo commercial, suspension de tout nouvel investissement français en Afrique du Sud, rappel de l’ambassadeur de France. C'est également à la demande de son gouvernement que les écuries françaises de F1 Ligier et Renault décident de ne pas participer au Grand Prix d'Afrique du Sud 1985.

Un passage à l’hôtel Matignon marqué par deux scandales retentissants

Dans la nuit du 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, bateau de Greenpeace, est dynamité par une équipe de la DGSE et un photographe trouve la mort. L’affaire du Rainbow Warrior éclate et les autorités de Nouvelle-Zélande protestent. L’enquête pour homicide met en cause les services secrets français, et le ministre de la Défense Charles Hernu qui les avait couverts. Le 22 du même mois, Laurent Fabius indique n'avoir jamais été informé de l’opération par Charles Hernu. Après une enquête rapide, il reconnaît officiellement la responsabilité de la DGSE et de la France dans l’attentat. Charles Hernu démissionne le 20 septembre 1985.

Le scandale de l’affaire du sang contaminé viendra aussi entacher le bilan du passage de Laurent Fabius à Matignon. Selon ses détracteurs, des retards dans la mise en œuvre de mesures préventives auraient entraîné la contamination par le virus du sida de patients ayant subi une transfusion sanguine. À la suite de la révélation de l’affaire en 1991, et à la suite de la déclaration de François Mitterrand du 9 novembre 1992 : « Les ministres doivent rendre compte de leurs actes », il est un des rares hommes politiques qui demande la levée de son immunité parlementaire pour être jugé.

Finalement, il est relaxé du délit d'« atteinte involontaire à la vie » le 9 mars 1999 par la Cour de justice de la République, qui affirme, dans ses attendus, que « Compte tenu des connaissances de l’époque, l’action de Laurent Fabius a contribué à accélérer les processus décisionnels.» Laurent Fabius est innocenté.

Malgré ce verdict, ce scandale a été et est régulièrement évoqué à son encontre. Laurent Fabius avait alors dénoncé un complot mené par une « droite haineuse », la même, selon lui, qui s'en était pris avant-guerre à Roger Salengro, à Léon Blum et à Jean Zay.

Il est politiquement correcte et emblématique d’un système, mais sa nomination serait mal vue de la gauche du PS, de la gauche de la gauche et des écolos. Plus social-libéral et capitaliste compatible en effet, tu meurs.

Raoul Fougax

 

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