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27/02/2014

Affaire Dassault : le scoop de Libération ? Rien que du réchauffé…

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Étonnant, tout de même, comment, dans une affaire politique de droit commun comme celle du sénateur UMP Serge Dassault, une affaire prend le pas sur une autre… On ne parle plus que de son achat éventuel de voix à Corbeil, ville dont il fut le maire de 1995 à 2009… et quasiment plus du tout de son implication dans une tentative d’assassinat, dont on ne sait d’ailleurs s’il serait lié à la corruption ou à un racket mafieux.

Rappelons ce que nous écrivions sur ce site en décembre dernier : « Lorsque René Andrieu et Fatah Hou viennent, en février 2013, lui [Serge Dassault] réclamer de l’argent pour “services rendus” jusque dans son bureau de maire (entrevue filmée en douce et envoyée ensuite au site Médiapart), ils n’obtiennent rien de sonnant et trébuchant sur le champ, mais de plus bruyant et mortel en pleine rue le mois suivant, canardés qu’ils sont par Younès Bounouara… Un Younès que ce bon Serge avait trouvé, des années plus tôt, tellement “sympathique, franc, avec la langue facile et la fibre sociale”. Rien de moins ! “Grâce à lui, j’ai connu de nombreux jeunes des familles. Pour travailler sur les quartiers sensibles, c’est très précieux d’avoir des gens qui vous introduisent !” »

De ce règlement de comptes en pleine rue, plus un mot… En revanche, grâce à Libération, journal en perte de vie – mais pas d’indicateurs dans la maison Poulaga, semble-t-il –, la France entière sait désormais que les policiers de la Division nationale d’investigations financières et fiscales (DNIFF) ont récupéré quatre versions d’un listing d’électeurs, comportant environ 130 noms… le 25 juin de l’année dernière !

« Ces documents, auxquels Libération a eu accès, détaillent les faveurs dont ont bénéficié ces habitants de Corbeil (dons d’argent, travail, formations, etc.), très probablement dans le cadre de l’élection municipale de septembre-octobre 2009 », indique le quotidien.

Fort bien, mais de s’être montré – et même extrêmement – généreux, ce bon Serge ne s’en est jamais caché. Au contraire, il s’en est même largement vanté dans Le Journal du Dimanche en décembre dernier : « Ce que j’ai fait, après 1995, après être devenu maire, c’est d’aider les gens à travailler. Il m’est arrivé de donner de l’argent, mais jamais sans raison. J’ai acheté un camion à l’un, une pizzeria à un autre, des choses comme cela. Tout ce que j’ai financé, je l’ai financé avec mon argent personnel et toujours officiellement. »

D’une part, ce que le quotidien moribond de monsieur Rothschild a publié ce mercredi sous le titre racoleur « Dassault et les achats de voix : les preuves accablantes » n’est donc que du réchauffé, et d’autre part « la liste des faveurs accordées [qui] donne le tournis » n’est en rien une nouveauté.

Ce qui l’aurait été, en revanche, c’est la preuve que les bénéficiaires des largesses du candidat ont ensuite – et pour cette raison – voté pour lui… –À ce qu’on sache, en nos contrées, le vote se déroule à bulletin secret, et on peut évidemment affirmer sans trop de risque que le candidat Dassault n’a fait signer à personne un engagement écrit en bonne et due forme l’assurant du soutien électoral de ses obligés.

Alors ? Alors rien. Le « scoop » de Libération est digne de ceux d’un France Dimanche ou d’un Ici Paris de la grande époque, bien moins rigolo que ceux d’un Voici… et nettement moins explosif que celui, récemment, d’un Closer !

Philippe Randa

 

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