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18/10/2013

Délit de faciès vs délit de police…

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La chronique hebdomadaire de Philippe Randa

Contrôles au faciès : la police est-elle raciste ?



Il faut toujours qu’il y en est pour rappeler les promesses de campagne. Et comme on est toujours enquiquiné par les siens (avant d’être trahi ?), c’est Razzy Hammadi, député socialiste de Seine-Saint-Denis, qui a décidé de rappeler à François Hollande l’engagement numéro 30 de sa campagne présidentielle : la « lutte contre le “délit de faciès” dans les contrôles d’identité par une procédure respectueuse des citoyens… »
Dans l’esprit du candidat socialiste, l’engagement ne devait sans doute pas survivre au lendemain de la victoire escomptée.
Certes, le Tribunal de grande instance de Paris a débouté début octobre 13 plaignants qui poursuivaient l’État et le ministère de l’Intérieur pour des contrôles au faciès – ils font appel bien sûr – mais des associations, regroupées dans le collectif « Stop le contrôle au faciès » et l’ONG « Open Society Justice Initiative », militent activement pour qu’on instaure la remise d’un récépissé à chaque personne ayant dû montrer ses papiers. C’est qu’une étude du CNRS en 2009 indiquait que les jeunes noirs ou maghrébins se faisaient contrôler en moyenne 15 fois plus souvent que le reste de la population.

Manuels Valls, Ministre de l’Intérieur, fait toutefois remarquer : « Certains pensent que les contrôles d’identité sont un problème et un vecteur de discrimination et proposent un mécanisme de récépissé. Je ne suis pas de cet avis (…) Il s’agirait d’une mesure de défiance vis-à-vis des forces de l’ordre, et elle présenterait beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages. »

Mais c’est peut-être justement ce que ces fameux collectifs cherchent : Enfermer nos pandores dans une « camisole de paperasserie » n’est-il pas le moyen le plus efficace de les empêcher de contrôler « toute personne, quel que soit son comportement, pour prévenir une atteinte à l’ordre public, notamment à la sécurité des personnes et des biens », tel que l’autorisent les textes actuels en vigueur ?
Ils bénéficient désormais d’un allié de poids en la personne de Dominique Baudis, ex-gloire de l’ancienne majorité et désormais président d’une institution qui répond au doux nom de « Défenseur des droits » qui vient de constituer un groupe pour expertiser ces pratiques sur « la question des contrôles d’identité. »

Toutefois, on prête peut-être un peu facilement aux forces de l’ordre des penchants racistes. Le témoignage (à titre personnel) d’un officier de gendarmerie est à ce titre explicite : « Quand on arrête un véhicule sur la route, ce n’est jamais en fonction de la tête du conducteur qu’on voit rarement avant l’arrêt du véhicule… Mais à cause de l’état extérieur suspect du véhicule. C’est vrai aussi que la majorité des propriétaires de ces véhicules-là est d’origine étrangère… »

Il est donc probable également que les contrôles d’identités dans les rues hors d’un véhicule répondent en général aux mêmes critères de « sélection »… soit l’attitude plutôt que le faciès d’un groupe ou d’une seule personne.

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