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10/07/2013

L'été sera chaud

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L'actuel gouvernement qui aime à se qualifier de gauche ne fait nullement consensus – litote pudique dans son propre camp. A titre d'exemple, la réforme à venir concernant les retraites mobilise les acteurs sociaux, hommes ou syndicats. En première ligne et on n'en sera pas surpris, la Cgt, soucieuse de montrer aux salariés français, sa pugnacité.

Le phénomène est d'ailleurs général puisqu'il n'est pas du tout de l'intérêt des syndicats que de s'aplatir devant un gouvernement, quelle que soit son étiquette. C'est ainsi que même la Cfdt, syndicat modéré et d'une certaine façon allié à l'actuel gouvernement, ne peut laisser passer la réforme sans protester, sous peine de passer aux yeux des Français comme politiquement corrompu. Pour autant, cette structure syndicale progressiste joue sur les deux tableaux puisqu'il se veut l'interlocuteur privilégié du gouvernement, prônant le dialogue et la bienveillance. Soucieuse cependant de montrer, elle aussi, sa volonté de défendre les salariés, elle a par l'intermédiaire de son chef Laurent Berger, fait savoir au chef de l'État, François Hollande, que deux principes mis en cause constitueraient un casus belli: « Le report de l'âge de départ à la retraite » et « Une baisse des pensions ». On sait aussi que la Cfdt fait l'apologie d'une retraite à la carte, les modalités de celles-ci étant choisies par chacun des salariés. Autre différence d'avec la Cgt, la Cfdt officie surtout dans les petites structures d'entreprises, là où la centrale de Montreuil opère dans les grandes entreprises, à commencer par l'Etat.

Il existe donc une lutte entre Cgt et Cfdt afin d'être la première centrale en France, les deux organisations se situant au coude à coude à hauteur de 26%. Les syndicats, au même titre que la plupart des partis politiques, pratiquent des coups fourrés et glissent des peaux de banane sous les pieds de leurs concurrents. On peut donc prévoir que la Cgt fera tout pour montrer aux salariés la collusion entre la Cfdt et le gouvernement et de la même façon, la Cfdt tentera d'expliquer aux Français la non crédibilité de la Cgt sachant ses revendications par trop extrémistes. Quoiqu'il en soit, les deux centrales syndicales montreront leur opposition à toute forme de réforme par trop poussée du régime des retraites. Le fait est d'autant plus grave pour l'actuel gouvernement que les deux organisations sont de gauche. La critique majeure donc, est issue du propre terroir idéologique de la majorité.

En pointe de la contestation, la Cgt a déjà indiqué qu'une journée d'action ainsi que quatre meetings se dérouleraient en septembre. Elle a aussi indiqué et prôné l'unité syndicale, se voulant le fer de lance de l'opposition à la réforme du gouvernement. Ce dernier est d'autant plus en danger qu'aussi bien la Fsu que solidaires ont déjà donné leur approbation. Ne reste plus qu'à fixer la date de la manifestation. Au sujet de Force ouvrière, son secrétaire confédéral Yves Veyrier, a fait savoir sa volonté de rentrer en contact avec les autres centrales. Il a aussi fait savoir qu'il s'opposait à l'allongement de l'augmentation de la durée de cotisation alors que justement, et c'est inquiétant pour lui, c'est une des initiatives phares du gouvernement. Même la CFTC et la CFE-CGC, pourtant modérées, semblent désormais prêtes à rentrer dans la danse puisqu'en date du 5 septembre, elles rencontreront les autres syndicats.

Le mois de septembre sera donc particulièrement important puisque c'est celui où on pourra tester le rapport réel entre acteurs sociaux de gauche et gouvernement de même orientation. Le plus souvent, les syndicats ne se mobilisent vraiment que lorsqu'ils sont confrontés à un gouvernement de droite. Rien n'indique que cela va durer....

 Alain Rebours

 

 

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