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24/06/2013

Rien de nouveau à l’est depuis Lao-Tseu, Guderian et Florent Philippot

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Chronique hebdomadaire de Philippe Randa

 

À entendre les commentaires après les résultats de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), tout le monde est bien heureux… ou bien malheureux. Au choix !

 

La gauche éliminée se satisfait que le candidat frontiste n’ait pas été élu ; l’UMP se satisfait que son candidat soit le nouveau député de la circonscription ; le Front national savoure l’impressionnant bond en avant des suffrages recueillis d’un tour à l’autre.

 

Mais… à bouteille à moitiée pleine, bouteille à moitié vide : la gauche perd la huitième élection partielle consécutive ; l’UMP et l’UDI voient se réduire comme peau de chagrin l’écart entre ses candidats et ceux du FN ; ce dernier, une fois de plus, rate la victoire.

 

Quant à la participation, elle a été de moins de 50 % au premier et au deuxième tour de scrutin. Pas de quoi pavoisier, même si désormais, c’est peu ou prou l’habitude.

 

Ce qui est toutefois la grande révélation de ce scrutin, c’est la mort reconnue par tous, semble-t-il, du Front républicain. Dans les esprits autant que dans les faits.

 

Rappelons que si depuis quarante ans la gauche exerce ce chantage sur la droite, elle n’a fait que rendre à celle-ci la monnaie de sa pièce…

 

Dans les années d’après-guerre, en effet, ce qui tenait lieu de droite au pouvoir réussit deux décennies durant à empêcher la gauche d’être majoritaire en empêchant la SFIO de contracter d’alliances électorales avec le tout puissant Parti communiste d’alors, diabolisé pour cause de Guerre froide.(1)

 

François Mitterrand décida un jour d’en finir avec ce chantage en acceptant un Programme commun de la gauche (MRG, PC et PS) qui lui permit d’arriver à l’Élysée.

 

Aujourd’hui, finit donc le cordon sanitaire autour du Front national sans même de « programme commun » UMP-FN. Et pour cause ! L’interdit UMPS était censé interdire aux électeurs de droite de se reporter sur le mouvement à la flamme tricolore… Fort bien, ce sont donc tout autant des électeurs de gauche que de droite qui se reportent désormais sur ses candidats. Cela s’est vérifié non seulement à la dernière élection présidentielle et aux législatives de l’année dernière comme aux partielles depuis lors…

 

À trop rabacher que le Front national était le seul problème de la droite, la gauche n’a visiblement pas vu venir le coup : le FN a en quelque sorte contourné la ligne Maginot du Front républicain en vidant la gauche de ses propres garnisons.

 

Avec une telle stratégie, mise en œuvre par Marine Le Pen, il était évident que la stratégie UMPS finirait par être  promise à la même postérité que la célèbre ligne de 1940.

 

Comme quoi, rien de nouveau à l’est depuis Lao-Tseu, Guderian et Florent Philippot… et on comprend que les gauchistes l’aient mauvaise avec leur No Pasarán(2),aussi extraordinairement efficaces en 2013 qu’en 1936 !

 

 

Notes

 

(1) Quand Pierre Mendes-France est élu Président du Conseil en 1954, il refuse les voix communistes qui voteraient pour lui lors du débat d’investiture.

 

(2) « No Pasarán, sortes de mantras inlassablement radotés, façon moulin à prières et danses du ventre », comme l’écrit joliment ce jour Nicolas Gauthier dans « Villeneuve-sur-Lot : le FN qui monte, qui monte, qui monte… » (www.bvoltaire.fr).

 

(voir aussi la contribution de Philippe Randa ce jour sur http://www.bvoltaire.fr : La télé grecque fermée : ça ne choque que les journalistes…)

© Philippe Randa est écrivain, chroniqueur politique et éditeur (www.francephi.com). Ses chroniques sont libres de reproduction à la seule condition que soit indiquée leurs origines, c’est-à-dire le site www.francephi.com, « Espace Philippe Randa ». 

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