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11/06/2013

Je connais Esteban, c'est un garçon correct, tout le contraire d'une brute

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J'ai eu l'occasion de rencontrer au Local le jeune Esteban lors des conférences organisées dans cet unique lieu d'échanges parisien. A l'époque, il venait de décrocher un emploi d'agent de sécurité et il était extrêmement fier de devenir ainsi autonome. Estéban était (et l'est toujours) un jeune sympa aimant rigoler et jamais je n'ai senti d'agressivité en lui. Il n'est pas non plus un baraqué comme l'a prétendu le procureur mais un jeune de 1,80 mètre pour 66 kilos. Il venait au Local autant pour rencontrer des gens que pour s'instruire, voulant comprendre les enjeux de la mondialisation ainsi que la lutte des prolétaires dans un monde sans repères.

C'est ainsi qu'Esteban avait découvert la lutte contre la violence faite aux animaux et avait participé à des évènements avec certaines associations. Il vendait également la revue Salut public dans la rue. Revue dans laquelle j'écris et où j'avais fait une interview exclusive d'Aldo Sterone, cet Algérien très connu du net qui n'accepte pas la déchéance de la France et de ses Lumières. Ce n'était donc pas une revue xénophobe ou raciste.

Bref, Esteban était un joyeux jeune homme d'origine immigrée, né à Cadix en Espagne, qui travaillait dans des conditions difficiles. Rien à voir donc avec un dangereux fasciste sanguinaire.

J'ai été terriblement surpris d'apprendre qu'il avait été impliqué dans la mort de ce jeune antifa. Puis au fur et à mesure, les informations ont précisé le contexte.

Un groupe d'antifa s'est rendu « fortuitement » (dixit le procureur) à une vente privée de vêtements prisée par les nationalistes. Ce groupe d'antifa a insulté, selon plusieurs témoins, les skins qui, de leur côté, cherchaient à temporiser. Les skins, disciplinés et habitués aux provocations, ont alerté la sécurité car ils savent que les antifa sont des groupes violents (cf les Black Blocks à Strasbourg ou encore les coups de couteaux portés à un des leurs il y a quelques semaines). Un agent de sécurité a confirmé cette version et les skins ont patienté 30 mn avant de partir.

Katia, la compagne d'Esteban, a appelé à l'aide son chéri lorsqu'elle a vu les antifa les attendre dehors. Estéban avait à peu près le même gabarit que Clément Méric (60 kg) et a défendu sa compagne sans utiliser de poing américain (dixit le médecin légiste).

Faut-il rappeler que c'est Aurélien Boudon, antifa expérimenté de 4 ans l'ainé de Méric, qui a poussé son compère à la bagarre alors même que ce dernier sortait d'une leucémie. Il appartient au légiste d'expliquer pourquoi Clément Méric est mort des coups d'un jeune de même gabarit inexpérimenté dans le combat. Car Estéban n'était pas un bagarreur et il n'avait pas de fichier à ce sujet.

La France est triste car elle a perdu deux de ses fils, l'un est mort pour avoir été formaté à chercher à se battre (« Ce sont des gens qui ne devraient même pas être vivants. ») pour défendre sa vision du monde et un autre, ainsi que ses parents et ses proches, doit être ravagé pour avoir retiré involontairement sa vie à un ancien leucémique afin de défendre sa compagne.

Quant à savoir quel mouvement devrait être dissout, la question ne devrait même pas se poser et j'espère que la justice sanctionnera lourdement les antifa qui instrumentalisent un jeune majeur afin de défendre la mondialisation. Car deux visions de la France se sont affrontées : celle d'un adolescent issu de la Bretagne qui a lutté pour que Starbucks puisse s'implanter à Montmartre contre celle d'un jeune né en Espagne mais qui remercie la France pour avoir donné un emploi à son père.

 Anthonin Lamoureux

 

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