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31/12/2012

Meilleurs voeux pour l'année 2013 !

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La lumière reviendra et la Roue tournera !

 

La NDP Ile-de-France vous présente

 

ses meilleurs Voeux pour la Nouvelle Année 2013 !

 

Que celle-ci soit pour chacun bonne et heureuse !

 

Qu'elle soit propice à la communauté de nos frères de "sang", à notre "Race" !

 

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Debbouze, les Gaulois t’emmerdent !

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« Ils sont moches, les gens de Montbéliard »
- Jamel Debbouze, le 20 décembre.

Un footballeur hydrocéphale et hargneux. Un « humoriste » aux connaissances historiques confirmées et à la moralité irréprochable. Nicolas Anelka et Jamel Debbouze sont les idoles de la jeunesse de Trappes.

Une jeunesse symbolisée par Kader, 17 ans, électroencéphalogramme plat, qui ne rêve que « de se faire de la tune » et de « pécho des meufs » ou par Fatou, 16 ans et 80 kilos bien tassés dans un jogging blanc du plus bel effet. Eh oui, à Trappes, il n’y a pas que des intellectuels ou des top-models, et le sabir local est davantage composé de borborygmes que de syntagmes. Manuel Valls aurait bien du mal à y trouver plus de « white » ou de « blancos » que dans sa bonne ville d’Evry. Et si on ajoute au niveau culturel, le bruit et l’od… STOP ! Trop tard, les vigilants Rokhaya Diallo et Dominique Sopo viennent de me dénoncer à la justice et aux autorités morales : Boulevard Voltaire a encore fait péter le stigmatisomètre avec des propos nauséabonds qui visent à jeter l’opprobre sur une catégorie de Français, ceux issus des quartiers « populaires ».

Il va falloir s’y faire, les quartiers peuplés essentiellement par une population afro-musulmane sont désormais dénommés « populaires ».

Mais alors, comment nommer les cités ouvrières telles Forbach, Hénin-Beaumont ou Montbéliard ? Ah, mais, ça n’a rien à voir : résident dans ces trous paumés les petits blancs, les gaulois, les beaufs quoi. Ceux que l’Apollon Debbouze appelle « les moches ». Tous ces mangeurs de cochon, ces amateurs de gros rouge qui tache, ces ploucs qui préfèrent « Les Grosses têtes » aux comiques issus de l’immigration promus par Canal Plus ou un one-man show de Laurent Gerra à un spectacle de Sophia Aram… Beurk ! C’est la France du passé, Kader et Fatou sont notre avenir.

Par sa petite phrase prétendument anodine, Debbouze affiche ostensiblement un mépris de classe et un mépris de race que manifestent beaucoup plus insidieusement les professionnels patentés de l’indignation sélective et les représentants de la gauche morale.

Cette franchise maladroite est bien le seul mérite du rat de Trappes.

Etienne Lahyre

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Noël à l’UMP : le père Sarko est une ordure !

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Bravo les gars. Quand il n’y en a plus ça tombe encore et jamais les ânes ne s’épuisent. Ainsi, les comptes électoraux du président sortant viennent-ils d’être retoqués par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Et si le recours déposé par Nicolas Sarkozy auprès du Conseil constitutionnel confirmait la décision, ce serait onze millions d’euros à rembourser pour l’UMP. Dette à laquelle il convient encore d’ajouter les quelques cinquante ou soixante-dix millions d’euros de trou dans les caisses du parti en question ; mais comme à quelques dizaines de millions près, on ne sait plus trop bien, voilà qui laisse augurer du sérieux et de la bonne gouvernance de ces braves gens.

Quand nous étions petits, on nous assurait que le Yalta gaullo-communiste d’après-guerre avait quasiment force de loi : la culture à la gauche, la gestion à la droite. L’eau ayant depuis passé sous les ponts, on se rend compte que la culture camperait désormais plus à droite qu’à gauche : Fabrice Lucchini contre Philippe Torreton, il n’y a pas photo. Tandis que la bonne gestion des derniers publics tendrait à changer de camp : en la matière, un Lionel Jospin aura été autrement plus vertueux qu’un Édouard Balladur.

Il n’est certes pas chrétien de railler les malheurs de ses concitoyens. Il n’empêche… Dire que ceux qui, aujourd’hui, se débattent dans d’invraisemblables carambouilles financières, sont les mêmes qui, hier, assuraient que les deux Fronts, national et de gauche, étaient par nature ineptes à conduire les finances publiques, il y a de quoi railler…

Mieux, tel le facteur, les carillons de Noël peuvent aussi sonner deux fois. Because leur happening copéo-fillonnesque, outre d’avoir coupé l’UMP en deux et fait se plier la France en quatre, aura encore mis les compteurs du parti fondé par Alain Juppé, – le meilleur d’entre eux – un peu plus dans le rouge. Et qu’il va encore falloir revoter. Et que ça va encore leur coûter un bras, à ces manchots…

La fin du monde pour 2012 ayant mis la clef sous la porte, on pourra au moins se rattraper avec celle de l’UMP en 2013.

Nicolas Gauthier

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La Caisse d’Allocation Familiale offre l’électroménager aux nouveaux « Français » !

Un témoignage éloquent :

« Pendant le weekend j’apprends de mon frère qui travaille dans une grande surface ou l’on vend entre autre de l’électroménager, l’histoire suivante….
Un « Français » d’origine maghrébine, se présente au magasin pour demander une facture pro forma pour un téléviseur, notre brave homme porte son choix sur un appareil à 499 euros. Quelques jours plus tard, il revient avec sa facture tamponnée de la CAF, accompagnée d’un courrier toujours de la CAF mentionnant » aide exceptionnelle » et un chèque de 499 euros !
Oui vous avez bien compris, la CAF lui offre son téléviseur, je ne sais pas si c’est bien son rôle…

Scandalisé, mon frère fait une recherches des éventuels achats de ce monsieur, sur un an il a acheté pour plus de 7000 euros d’électroménager, le dernier en date étant un frigo américain à 749 euros et tenez vous bien, là encore, la CAF a frappé, 700 euros « d’aide exceptionnelle » à l’achat de ce réfrigérateur. »

Source

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Rome : malgré la faillite, 22 millions en mémoire de la « Shoah » !

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Juifs et catholiques modernistes de la communauté Sant'Egidio défilent chaque années à Rome dans le culte de la Shoah

Voilà dix bonnes années que la communauté juive italienne s’emploie à obtenir la construction d’un mémorial de l’Holocauste à Rome et, pour mieux humilier le peuple italien, à l’emplacement de l’ancienne résidence de Mussolini…
La construction de ce mémorial était retardée en raison de « l’atmosphère d’indifférence des Italiens à l’idée que leur pays ait activement participé à l’Holocauste » (sic)…

Mais on apprend avec soulagement que « Le maire de Rome Gianni Alemanno a déclaré vendredi que les travaux pour le nouveau musée national de l’Holocauste de Rome, qui doit être construit dans l’ancienne résidence de luxe du dictateur fasciste Benito Mussolini, seront entrepris au début de l’année prochaine. Alemanno a précisé que le dernier vote clef du conseil municipal aurait lieu à la mi-janvier et que l’appel d’offres serait lancé deux semaines plus tard, au début du printemps. « Alors, à moins qu’il y ait des contestations juridiques de la part des firmes qui auront perdu, le travail va pouvoir aller de l’avant », a dit Alemanno. » (source)

Le projet va coûter 22 millions d’euros !
Nous avions cru pour notre part que l’Italie était en très grave crise économique, au bord de la faillite, avec des millions de pauvres…

Merci à Cattos

PS : le maire Alemmano, issu de la droite nationaliste, est toujours réputé proche d’elle (et de Casapound en particulier).

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Bilan 2012 : ethnicisation des clivages politiques et post-démocratie

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Même si l’on a échappé à la fin du monde, l’année 2012 s’achève dans l’inquiétude, la morosité, voire le dégoût, pour la majorité de nos concitoyens. Retour sur une année remarquable à plus d’un titre. Le bilan de Michel Geoffroy.
Polémia

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1/ L’ethnicisation des clivages politiques : l’immigration, boulet politique

2012 a vu la réélection de B. Obama qui n’a recueilli aux Etats-Unis que 39% du vote des électeurs blancs ; par contre, il a mobilisé le vote des Afro-Américains et des Hispaniques. En France, F. Hollande a été élu alors qu’il ne rassemblait ni la majorité des inscrits ni celle des votants ; par contre, il a bénéficié à 86% du vote des électeurs musulmans et, à une majorité écrasante, des voix des électeurs outre-mer.

La similitude des deux processus signifie que la grande substitution de population européenne initiée par l’oligarchie avec l’immigration de peuplement a commencé en 2012 à exercer des effets politiques nationaux d’envergure et manifestement durables.

Aux Etats-Unis comme en France, l’élément fondateur de l’identité nationale –que ce soient les descendants des colons « wasp » ou les Français de souche – est en décroissance numérique, à la différence des « minorités » ethniques : cela commence à se traduire politiquement.

En France, la gauche a misé sur l’immigration pour asseoir son assise électorale et elle entend exploiter au maximum ce filon ; d’où sa volonté de faire aboutir son projet d’ouverture des élections locales aux étrangers et, bien sûr, son attitude systématiquement laxiste sur la question des migrations.

Les élus locaux « républicains » avaient déjà compris la nécessité de courtiser le vote musulman, ce qui s’est traduit notamment par leur attitude bienveillante vis-à-vis de la construction de mosquées. En retour, la France immigrée vote pour la gauche, c’est-à-dire pour plus d’immigrés.

L’immigration n’est donc plus seulement un boulet économique et social. 2012 démontre qu’elle devient aussi un boulet politique dont le poids électoral ne se limite plus au niveau local mais pèse désormais sur les scrutins nationaux. Masse de manœuvre économique du patronat, l’immigration devient aussi la masse de manœuvre électorale de l’oligarchie pour contrer la révolte européenne qui vient.

Bonne année 2012 aux Français de souche !

2/ La progression de la menace islamiste

Les assassinats commis en mars 2012 par Mohamed Merah à Toulouse ont porté sur la place publique une autre réalité que l’oligarchie s’efforçait de cacher : celle de la gravité de la menace islamiste en Europe.

Dans le cas Merah, en effet, tout a été fait par le système médiatique pour brouiller la perception des choses.

On a d’abord tenté d’orienter les esprits vers la piste de l’attentat raciste commis, bien sûr, par la terrible « extrême droite », jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de cacher le nom de l’assassin. Pas de chance ! Les médias nous ont alors dit, comme à l’habitude en pareil cas, qu’il ne fallait pas faire d’amalgame car il s’agissait du geste « incompréhensible » d’un isolé. Puis on nous a dit que Merah avait subi la mauvaise influence de son milieu familial. Puis on a découvert qu’il avait des contacts réguliers avec la mouvance islamique. On sait aujourd’hui que la sûreté française le surveillait, manifestement pas assez, pour cette raison. Bref, que le gentil garçon amateur de voitures rapides, était un terroriste potentiel qui est passé à l’acte.

Le gouvernement Aznar avait lui aussi essayé de cacher l’identité des auteurs de l’attentat islamiste de Madrid de 2004 et il a perdu sa majorité pour cela. En France comme en Espagne, l’oligarchie qui ne cesse de prétendre que l’immigration est une chance et que la suppression des frontières est un progrès des droits de l’homme, s’efforce en contrepartie de dissimuler la réalité de l’islamisme qui en découle, comme la nuée porte l’orage. Mais les faits, comme Merah, sont têtus.

Tout comme le sont les Printemps arabes, également salués par l’oligarchie qui y voyait le triomphe de ses « valeurs » et de la démocratie ; mais la fin des méchants « dictateurs », comme en Iran, signifie l’arrivée au pouvoir des islamistes, cette fois plus près de chez nous.

Bonne année 2012 aux habitants de Toulouse et à tous les riverains de la Méditerranée !

3/ La post-démocratie en marche

2012 marque aussi une nouvelle progression vers l’instauration de la post-démocratie en France.

Ce régime repose sur un credo simpliste et destructeur :

  • - les droits de l’homme comme le point de vue des minorités l’emportent en toute chose sur ceux des citoyens car il ne faut pas que la majorité les « discrimine » ;
  • - l’économie, c’est-à-dire le gouvernement des choses, doit succéder à la politique, c’est-à-dire au gouvernement des hommes ;
  • - le juge doit l’emporter sur le législateur.

Ce qui signifie qu’en post-démocratie le verdict des banques, des médias et des juges importe plus que les préférences majoritaires des électeurs, a fortiori des électeurs autochtones.

Cela induit un divorce de plus en plus profond entre le pays réel et le pays légal.

C’est pourquoi les initiatives de la nouvelle « majorité » socialiste heurtent de front l’opinion majoritaire des autochtones : fiscalisme, écologisme, mariage et adoption homosexuels, droit de vote des étrangers aux élections locales, laxisme pénal, mesures en faveur des Roms et des immigrants, etc. Car ces initiatives, qui s’analysent comme une violence faite au corps social, répondent aux souhaits des minorités actives et de l’oligarchie financière, mais pas de la majorité du peuple français. Car en post-démocratie les minorités font la loi.

Pendant longtemps les Français sont restés passifs face à l’avènement de la post-démocratie, parce que la société de consommation rendait celle-ci aimable. Mais aujourd’hui que la pénurie et la précarité s’installent avec la non-croissance et le chômage structurel, il en va autrement. On ne rit plus et la révolte, lentement, se propage dans le corps social.

Pas étonnant que l’image de l’exécutif se dégrade encore plus rapidement que sous la présidence Sarkozy !

Un nombre croissant d’intellectuels qui n’hésitent pas à courir le risque de la diabolisation marquent aussi leurs distances vis-à-vis d’un tel système. Cela veut dire que la glaciation idéologique qui accompagnait la mise en place du système oligarchique a cessé. Comme en URSS autrefois, le système ne fait plus rêver : il ne repose plus que sur la contrainte pour le plus grand nombre et sur l’intérêt pour une petite minorité qui est aux commandes de l’appareil.

On sait qu’une telle combinaison dure rarement.

Bonne année 2012 à tous les démocrates !

4/ L’incroyable nullité de la droite française

La gauche française doit sa victoire cataclysmique de 2012 au rejet de la personne de N. Sarkozy et au fait que la droite se trouve coupée artificiellement en deux : entre une droite qui se prétend « républicaine » et une droite populiste et diabolisée par le système. Alors que la gauche s’unit toujours le temps des élections.

Comme l’a bien montré le débat sur la reconnaissance du vote blanc, la « majorité » gouvernementale socialiste est en réalité minoritaire en voix dans le pays. Alors que l’opinion des Français autochtones évolue de plus en plus à droite, ce qu’illustre d’ailleurs le succès de la motion de la Droite forte à l’UMP (28% des suffrages), la gauche cumule finalement tous les pouvoirs politiques en France aujourd’hui. Et F. Hollande, personnalité peu charismatique, qui se targuait d’ailleurs significativement lors de la campagne de 2012 de sa « normalité », se trouve donc élu président de la République.

On aurait pu penser que l’échec de 2012 aurait donné à réfléchir au sein des appareils de la droite « républicaine ». Hélas, non contente de s’en tenir à une tactique digne du sapeur Camember – qui se jetait à l’eau pour éviter la pluie – consistant à diaboliser le Front national tout en prétendant séduire ses électeurs par des promesses verbales, l’UMP vient au surplus de se diviser elle-même. Car à droite la division est une seconde nature.

L’année 2012 restera marquée par une incroyable guerre des chefs à l’UMP. En quelques jours et en direct, tout un personnel politique qui tenait le haut des médias a laissé apparaître son triste visage : des politiciens attachés à leurs places, incapables de faire passer l’intérêt général avant leurs ambitions, incapables de s’entendre sur une stratégie.

Mais, au-delà du spectaculaire, cette implosion exprime la volonté obtuse des états-majors de la droite de tout faire pour empêcher la constitution d’une large union incluant la droite populiste, qui serait seule capable de battre la gauche.

La crise de l’UMP illustre enfin le divorce croissant entre les états-majors des partis du système, les militants et les électeurs de droite. Le divorce tient au fait que les états-majors refusent ce que la base réclame de plus en plus ouvertement. Il provient aussi du fait que les électeurs de droite en ont assez de voter pour des hommes qui se prétendent de droite et qui en réalité pratiquent une politique de gauche.

Bonne année 2012 aux gentils électeurs de droite qui votent pour ces gens-là !

5/ Pendant le spectacle, la zone euro s’enfonce dans la crise

Les psychodrames politico-médiatiques, ou l’agitation autour des réformes « sociétales » du gouvernement Ayrault, peinent de plus en plus à occulter que la crise économique et financière continue de plus belle. A la différence des années Sarkozy, on continue de couler, mais cette fois dans un épais silence « normal ».

On a une fois de plus consenti de gros efforts pour sauver la zone euro, c’est-à-dire la zone mark, comme si la monnaie unique constituait une fin en soi. Pour l’oligarchie sans doute, mais pas pour les peuples européens !

Car la zone euro reste un espace économique hétérogène, donc fragile, caractérisé par une faible croissance et un fort taux de chômage en tout cas dans sa partie sud, car tout a été sacrifié à la stabilité des prix et à l’ouverture des frontières économiques. Parce que le système économique occidental s’organise désormais au bénéfice des prêteurs, donc des banques, alors qu’auparavant il bénéficiait aux emprunteurs, ce qui a favorisé la croissance dans la seconde moitié du XXe siècle.

Or les prêteurs tiennent à ce que les Etats remboursent leurs prêts : voilà ce que recouvre en réalité la question des « dettes souveraines »: les banques veulent faire rendre gorge aux Etats à qui on a interdit, par dogmatisme, de monétiser leur dette, c’est-à-dire de faire évoluer son prix. Ce système fait désormais mentir le vieil adage européen « Qui paye ses dettes s’enrichit ». Nos ancêtres tenaient les prêteurs en suspicion et ils avaient bien raison !

Le sort tragique de la Grèce ne doit pas faire oublier que le taux de chômage atteint 25% au 3e trimestre en Espagne, que celui de la France ne diminue pas ou qu’un changement de premier ministre en Italie fait trembler les marchés, c’est-à-dire l’euro, et que cela fait maintenant cinq ans que les responsables politiques déclarent « sauver » l’euro tous les trois mois : c’est fou comme cette monnaie nous rend plus forts !

Les dettes publiques proviennent aussi du fait que les finances des Etats explosent sous le poids des dépenses sociales, lesquelles ont deux sources principales : le chômage et l’immigration de peuplement. Or sur ces deux causes les gouvernements ne peuvent agir, par dogmatisme néo-libéral et à cause du politiquement correct.

La zone euro se trouve donc contrainte de mener une politique déflationniste qui ne dit pas son nom : diminuer les dépenses publiques, limiter les salaires et les pensions, augmenter les impôts sur les ménages pour « redresser les comptes publics » mais les diminuer sur les entreprises pour assurer leur « compétitivité » dans une économie sans frontières.

On sait qu’une telle politique, au demeurant contradictoire et qui ne s’attaque pas aux causes mais seulement aux effets, produit rarement de bons résultats. Ce fut justement la politique conduite par les démocraties dans les années 1930 en Europe.

Bonne année 2012 à tous les banquiers et à leurs employés : politiciens, publicitaires, journalistes !

Michel Geoffroy

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Chronique de la France asservie et… résistante

Robert Spieler.jpgRIVAROL N° 3075 du 28/12/2012

 

Robert SPIELER

 

QUI sont les organisateurs autoproclamés de la manifestation du 13 janvier contre « le mariage pour tous » ? Ils sont trois. D’abord celle qui se fait nommer Frigide Barjot (je l’évoque plus loin), Xavier Bonjibault, président de « Plus Gay sans mariage » (tout un programme) et Laurence Tcheng, qui prétend être de gauche.

 

MANIF DU 13 CONTRE LE “MARIAGE POUR TOUS”, L’EXTRAORDINAIRE IMPOSTURE

 

Frigide Barjot, qui est devenue l’interlocutrice privilégiée des media, ne cesse de verser dans le politiquement le plus correctissime. Complètement déjantée (elle le dit elle-même), elle avait déjà demandé aux participants, lors de la manifestation du 8 décembre, d’applaudir les homosexuels qui feraient de la provocation sur le parcours de la « Manif pour tous » en s’embrassant sous les yeux des manifestants. Elle avait aussi suggéré, au cas où les activistes de Femen feraient irruption (ce qui fut le cas, avec notamment la présence d’une Femen particulièrement agressive, connue pour être une prostituée), que « les manifestantes se déshabillent aussi pour être en situation d’entamer un dialogue équitable. » Lors de cette manif, un prêtre en soutane avait été fermement invité par le service d’ordre à se cacher au milieu du cortège alors qu’un imam était invité à y prendre la parole ès qualités. Pour la manif du 13 janvier, dite unitaire, voici les consignes des “organisateurs”. Lisez-les attentivement si vous voulez participer à cette pantalonnade, sans risque d’en être expulsés : « Toutes les banderoles et les pancartes autres que celles autorisées seront retirées du cortège, ainsi que leurs éventuels porteurs récalcitrants » ; « ceux qui viennent manifester le 13 janvier seront obligés de défiler contre l’homophobie » ; « Tout slogan de nature politique ou mettant en cause des personnes est proscrit » ; « Les participants sont invités à ne reprendre que les slogans annoncés au micro ». Et puis, et puis : « Les participants sont encouragés à venir habillés en bleu, blanc, rose »… Mais le meilleur est pour la fin : « Le 13 janvier, il y aura un char des homos… », déclare la Barjot, et « j’appellerai tout le monde à venir danser sur le char gay. »

 

DES CATHOLIQUES PROTESTENT

 

Frigide Barjot se flatte devant les micros d’avoir participé à toutes les « gay pride ». Lors de ses conférences de presse, elle aime porter une veste marquée du « Banana Café », bar gay de Paris. Elle aime les gays mais elle n’aime pas les catholiques de tradition. Elle vient ainsi de déclarer : « Civitas, c’est clair et net, ils viendront et ils seront obligés de défiler contre l’homophobie et d’enlever leurs bannières ». « S’ils arrivent avec leurs trucs Civitas et leurs chapelets, ce sera gentiment : dehors ! » Du coup, des catholiques s’énervent. Alain Escada, le président de Civitas, déclare : « Non, les participants ne viennent pas pour danser sur un char gay ! La rue appartient à tout le monde et nous n’avons pas besoin de l’assentiment d’un comité “gay friendly” pour manifester ! » Du coup, il appelle au rassemblement le dimanche 13 janvier à partir de 13h place Pinel (métro Nationale) dans le XIIIe arrondissement en précisant que « banderoles, bannières, drapeaux et pancartes y seront les bienvenus ». Les évêques qui ont annoncé leur présence le 13 janvier, et les responsables politiques de droite, dont Jean-François Copé, défileront-ils derrière le char “gay” de la Barjot ou aux côtés des résistants de Civitas ? On verra bien…

 

MAIS QUI DONC EST “FRIGIDE BARJOT” ?

 

Son vrai nom est Virginie Merle. Elle est l’épouse de Bruno Telenne, alias Basile de Koch, frère de Karl Zéro. Elle se définit comme humoriste et chroniqueuse mondaine. Avec son mari, elle anime le « groupe d’intervention culturel » Jalons qui publie notamment des pastiches de grands journaux, des livres et des disques, dans un esprit plutôt droitier. Ils ont ainsi commis des pastiches très réussis de Paris-Match (nommé Pourri-Moche), de France Dimanche (Franche démence), d’Ici Paris (Ici Pourri) et de Points de vue, Images du monde (Coin de rue, Images immondes). Mes enfants eurent droit, il y a douze ans, à deux pages dans Pourri Moche. Ils étaient photographiés (avec, évidemment ma complicité) dans un parc de Strasbourg, en plein hiver, déguisés en nains de jardins. L’image avait été bleuie et ils apparaissaient transis de froid. L’article s’en prenait à ces parents indignes qui exploitaient de pauvres enfants en les exhibant dans le but de se faire de l’argent. Coins de rue, Images immondes offrit aussi une couverture très

drôle. On y voyait la photo de Stéphanie de Monaco avec ce titre : « Scandale à Monaco. Un travesti se fait passer pour Stéphanie de Monaco ! » Le groupe Jalons était supposé être composé de plusieurs sous-groupes, plus délirants les uns que les autres, dont « nazisme et dialogue » et « socialisme et barbarie »… En 2009, Frigide Barjot simula une brusque conversion

au catholicisme et se fit le défenseur de Benoît XVI dans les media. Elle créa un groupe pro-Benoît XVI sur Facebook, mit en ligne un site Internet, « Touche pas à mon pape » et organisa même un“Benoîthon” sur le parvis de Notre-Dame. Pourquoi prétendre qu’elle simula une conversion et pourquoi sourire quand elle affirma s’être « muée en pilier de confessionnal à la mort de Jean Paul II » en 2005 ? En réalité Frigide et son mari sont issus de familles très catholiques. La mère de Basile de Koch et de Karl Zéro est animatrice sur la chaîne KTO. Ils furent mariés par l’abbé de Nantes, prêtre aujourd’hui décédé qui fut très hostile à Vatican II et qui créa le mouvement de la Contre-Réforme catholique au XXe siècle. Bruno Telenne et son frère Marc (Karl Zéro) prétendent évidemment n’avoir jamais côtoyé l’extrême-droite. C’est faux. Le mari de Frigide Barjot fut membre du GUD (Groupe Union Défense), très présent à Assas, et fréquenta les locaux du PFN (Parti des Forces Nouvelles), boulevard Sébastopol. Il y entraîna son frère, le futur Karl Zéro, qui avait quelques talents de dessinateur. Il s’amusa ainsi à pasticher des albums de Tintin dont les happy few n’ont pas oublié les titres : « Tintin est-il juif ? » et « Tintin est-il antisémite ? » Bruno Telenne et son épouse Frigide ne sont pas malheureux. Ils habitent un très

beau duplex, bien connu d’homosexuels noctambules qu’ils fréquentent beaucoup, beaucoup, tous les deux, sis 51, rue de la Fédération dans le XVe arrondissement de Paris : un superbe appartement dans une HLM de la Ville de Paris qu’ils avaient obtenu du temps où leurs amis droitistes étaient influents à l’Hôtel de Ville. Il paraît que l’actuelle municipalité pourrait s’intéresser

à ce qui pourrait être un abus de logement social… Pour d’autres informations plus croustillantes, qui évoquent l’alcool, la cocaïne et autres parties fines, j’invite mes lecteurs à se rendre sur le blog

« adieufrigidebarjot » Edifiant…

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PRÊTRE, IL ANNONCE SON MARIAGE PENDANT LA MESSE

 

Ça s’est passé en Sicile, en l’église de San Lorenzo, située à Trapani. Le prêtre, Vico Lombardo, 33 ans, tranquille, pas gêné pour un sou, a annoncé à ses paroissiens son grand bonheur : il allait se marier… Il leur a aussi fait part de son immense joie d’être bientôt père, expliquant : « C’est ma dernière messe, je suis amoureux d’une femme (remarquez qu’il aurait pu l’être d’un homme) et dans quelques mois je serai père. » Sa liaison avec une jeune femme durait depuis longtemps et sa concubine était arrivée au cinquième mois de grossesse. Difficile dès lors de faire dans la discrétion… Les fidèles sont, paraît-il, apparus extrêmement surpris et divisés par cette annonce. C’est curieux…

 

UNE ENSEIGNANTE QUI SE REBELLE

 

Une enseignante de 60 ans, professeur de français dans un lycée technologique d’Orléans, normalienne et agrégée, vient d’être suspendue par le rectorat. La raison ? Samir, un de ses élèves la raconte : « Lorsqu’elle a vu les noms qui figuraient sur la liste d’appel, elle nous a dit qu’elle avait le vertige. » Le 25 octobre, jour de l’Aïd, alors qu’elle constate l’absence de certains jeunes, elle aurait commenté : « Vive les fêtes religieuses, on est enfin tranquilles. » Un autre élève relate : « Elle disait que le français était une langue étrangère pour nous ». Du coup, cela suscite l’émotion. L’inspecteur d’académie a déclaré : « C’est une affaire bien triste et nous devons faire la lumière. Cette (“cette” bien sûr, pas “ce”) professeur est actuellement interdite d’accès en cours. Il peut être envisagé un conseil de discipline. » Bien fait. Ça lui apprendra à se comporter comme une résistante.

 

L’ISLAMISATION DE L’ESPACE

 

C’est parti. L’espace est aussi en voie d’islamisation. Le neuvième astronaute musulman, Muszaphar Shukor, malaisien, vient de raconter comment il a été le premier à avoir récité une prière islamique dans l’espace. La navette spatiale ayant été lancée du Kazakhstan, il a déclaré : « Je priais cinq fois par jour en prenant en considération l’horaire du Kazakhstan. Je tournais mon visage vers la terre pour prier en direction de la Mecque. Grâce à Dieu, la Station spatiale se trouvait dans une position où on pouvait voir directement la terre. » Ce grand humaniste poursuit : « Il est très important de montrer aux musulmans comme aux non-musulmans que l’islam doit être pratiqué même dans l’espace. L’Islam est un mode de vie que vous devez pratiquer où que vous soyez, que ce soit sur terre ou dans l’espace. » Du coup, les autorités islamiques malaisiennes ont édicté une fatwa codifiant la pratique de l’islam dans l’espace… Il paraît que le prochain astronaute français s’appelle Charles Martel.

 

TOUJOURS AU KAZAKHSTAN…

 

Le gouvernement avait fait voter une loi, le 25 octobre 2011, stipulant que les églises chrétiennes avaient un an pour solliciter la reconduite de leurs activités. Beaucoup n’ont pas vu leurs autorisations reconduites, certaines pour des motifs des plus bizarres. C’est le cas de cette église : le motif de l’interdiction ? : la diffusion de “fausses” informations. Entre le dépôt de la demande et son examen par les autorités, un des signataires de la demande était décédé, donc les informations fournies « étaient fausses ». CQFD…

 

LE “MIETTEUR” INVITÉ À L’ELYSÉE !

 

J’avais évoqué dans ces chroniques, la semaine dernière, Henri Carton, Président des Anciens exploitants agricoles de l’Aisne (2 000 adhérents) qui s’était quelque peu énervé suite aux promesses (non tenues) que Hollande lui avait faites par écrit par rapport à la revalorisation des petites retraites des agriculteurs, avant l’élection présidentielle. Les pensions moyennes des anciens exploitants agricoles atteignent 770 euros par mois. Mais Henri Carton, qui a travaillé de 14 à 60 ans, est un privilégié. Il touche aujourd’hui 885 euros et son épouse 570, ce qui ne lui semble pas colossal. Il avait envoyé une lettre au président de la République, on s’en souvient, pour protester contre ces faibles montants, 500 lettres contenant des miettes de pain, suscitant la rage du mini-Conducator. La plainte pour « offense au chef de l’Etat » ne sera cependant pas déposée. L’affaire ayant suscité un buzz pas possible sur internet et dans l’ensemble des media, entre ironie et fureur, Hollande a préféré faire profil bas. Très, très bas… Le préfet de l’Aisne, Henri Bayle, vient de téléphoner à Henri Carton pour lui expliquer qu’il n’y aurait pas de dépôt de plainte et qu’il serait même reçu à l’Elysée par des collaborateurs du chef de l’Etat.

 

DERNIÈRES NOUVELLES DE LA “PIRE RESTAURATRICE DE L’HISTOIRE”

 

Cecilia Gimenéz, une Espagnole de 81 ans, s’était mise en tête de restaurer un tableau du Christ qui trônait dans son église. Le résultat fut, comme nous l’avions évoqué dans une précédente chronique, parfaitement catastrophique. Elle avait transformé l’Ecce Homo en hérisson, attirant des milliers du curieux, pour voir cette bizarrerie. Elle a décidé de se rattraper en mettant aux enchères un tableau de 33 sur 22 cm. La somme recueillie sera versée à une œuvre caritative. Avis aux esthètes rivaroliens…

 

AVOCATE ÉGORGÉE : DES NOMS ! DES NOMS !

 

Raymonde Talbot, une avocate marseillaise, avait été sauvagement poignardée et égorgée, le 30 novembre dernier. Mais qui pouvaient bien être les coupables ? Ils viennent d’être arrêtés, mais on ne connaît pas leur nom. Juste leurs prénoms : Azziez, 53 ans, le père de famille, qui avait déjà été impliqué dans une affaire d’homicide au début des années 2000 ; son fils aîné, Hadou, 27 ans, déjà arrêté à maintes reprises pour violences et son frère Samir, même profil. On ignore évidemment leurs origines. Mais comment ont-ils été identifiés ? Réponse : comme ces gens-là ne brillent pas par une folle intelligence, ils ont trouvé moyen de se faire filmer par les caméras de vidéosurveillance, le matin des faits, à la sortie du cabinet de l’avocate qu’ils venaient de trucider…

29/12/2012

Les logements réquisitionnés par l’Etat seront loués à prix cassé

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Le Journal officiel vient de publier les prix au m2 que paieront les locataires de ces appartements que leur propriétaires laissent aujourd’hui vides sans justification.

5,96 euros du m2 soit 357 euros pour un 60m2 c’est le montant du loyer qui sera demandé aux locataires des appartements parisiens que Cécile Duflot souhaite voir réquisitionnés pour loger les personnes sans abri. Dans son édition du 28 décembre, le Journal officiel, qui a rendu public ce barème valable au 1er janvier 2013, précise que dans le reste de l’agglomération parisienne, « le prix de base mensuel au mètre carré de surface habitable utilisé pour calculer le loyer d’un logement réquisitionné » sera de 5,10 euros du m2. Et pour les autres régions française, il n’y aura qu’un tarif : 4,25 euros du m2 soit 382,50 euros pour un 90 m2.

Dans tous les cas, il s’agit de tarifs bien inférieurs à ceux qui prévalent sur le marché locatif privé. A Paris, les appartements se louent en moyenne au-dessus de 30 euros du m2. (Cliquez ici pour découvrir le niveau des loyers ville par ville). On trouve certes des loyers à moins de 6 euros du mètre carré dans quelques communes de France : Bruyères et Neufchâteau, dans les Vosges, Commercy et Verdun, dans la Meuse, Landivisiau, dans le Finistère ou Saint-Dizier en Haute-Marne. Mais il s’agit de cas très isolés où la pénurie de logements n’est évidemment pas de mise.

Un plan plus détaillé sera dévoilé le 22 janvier

Cécile Duflot présentera le 22 janvier prochain son plan sur l’hébergement d’urgence. Mais la ministre a d’ores et déjà annoncé qu’elle souhaitait recourir à des réquisitions de logements laissés vides par leur propriétaire. Le préfet d’Ile-de-France a récemment indiqué que 124 bâtiments vides avaient été identifiées dans la Région, dont 44 à Paris. Des courriers ont même été envoyés le 5 décembre aux propriétaires des appartements identifiés dans la capitale, mais il faudra attendre « 4 à 5 mois » selon Cécile Duflot pour que les réquisitions soient effectives, du fait de la longueur de la procédure.

La ministre du Logement s’appuie sur une ordonnance qui date du 11 octobre 1945. Elle permet aux préfets de prendre possession des logements vacants et les attribuer à des personnes qui en ont besoin pour une durée maximale de cinq ans.

Une loi votée en 1998 a porté cette durée maximale à 12 ans dans le cas où le logement réquisitionné ait eu à subir de gros travaux travaux d’habitabilité. Elle précise que l’attributaire du logement (par exemple un organisme HLM), lié par convention à l’Etat, doit verser une indemnité au propriétaire. A voir le niveau des loyers qui seront réclamés aux locataires, celle-ci ne devrait pas être d’un montant très important.

 

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Intérim: tout le monde descend

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En novembre, le nombre des intérimaires a diminué de 17,1% par rapport au même mois de 2011, selon le baromètre mensuel du Prisme. Tous les secteurs professionnels sont concernés. Des données à rapprocher de la hausse du chômage de près de 30.000 personnes intervenue en novembre. Les fins de missions d’intérim constituant, avec les fins de CDD, le principal motif d’inscription à Pôle emploi.

Impressionant! L’emploi intérimaire a chuté de 17,1% en novembre, par rapport à novembre 2011, avec un repli particulièrement marqué dans l’industrie et dans l’est de la France, selon le baromètre mensuel du Prisme (fédération patronale de l’intérim) publié ce vendredi. Cela fait déjà plusieurs mois que l’intérim est en berne. Or, le travail temporaire, auquel a notamment recours l’industrie (près de la moitié des effectifs), est réputé précurseur des évolutions du marché de l’emploi.

Tous les secteurs professionnels et toutes les régions marquent le coup

En novembre, l’industrie est la plus frappée (-20,5%), suivie par le BTP (-16%). Les services enregistrent un repli de 13,8 %, tandis que les transports et le commerce reculent tous deux de 11,5%. Au niveau géographique, les régions de l’Est sont particulièrement touchées, avec -29% en Franche-Comté, -24,5% en Alsace et -23,6% en Champagne-Ardenne. La Haute-Normandie n’est pas plus épargnée (-24,2 %).

Les ouvriers sont les premiers touchés

Même constat quand on se concentre sur les métiers. Tout le monde est concerné mais les ouvriers sont en première ligne (-19,1% pour les non qualifiés, -18,6% pour les qualifiés). Chez les cadres et professions intermédiaires, la baisse des effectifs est de 12,3%. Pour les employés, elle est de 12,8%.

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Le gouvernement veut empêcher la propagation de la « Haine » sur Twitter

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La ministre des Droits des Femmes Najat Vallaud-Belkacem a annoncé une concertation avec certaines associations et Twitter pour empêcher la propagation de messages homophobes ou racistes. «Avant même que ce travail ne soit lancé, il doit déjà être possible d’agir pour supprimer les tweets manifestement illicites et, à tout le moins, en rendre l’accès impossible», a déclaré la ministre dans une tribune publiée dans Le Monde.[...]

La ministre souhaite que Twitter fasse appel à «son sens des responsabilités» et «contribue à prévenir et à éviter de tels débordements». Interrogé par le Nouvel Observateur, le ministère précise que Najat Vallaud-Belkacem souhaiterait la mise en place de «procédures d’alerte et de sécurité», comme cela existe déjà pour les contenus pédopornographiques.

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Rencontre avec une jeune femme sans-abri âgée de 28 ans

C’est en Belgique, mais on a la même société déstructurée et capitaliste et le même gouvernement minable en France.
Tandis que des milliards sont versés aux étrangers chaque année, voilà ce qui se passe, trop souvent, pour les indigènes.

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« Etonnant » : un responsable du lobby homosexuel tombe pour pédophilie…

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 Son nom est James Rennie. S’il avait été prêtre catholique, le monde entier se souviendrait encore des actes abjects auxquels il se prêtait avant d’être arrêté par la police avec plusieurs dizaines d’autres membres de son réseau d’homosexuels pédophiles.

Avant son arrestation, James Rennie, 38 ans, était le directeur de l’association homosexualiste LGBT Youth Scotland. En tant que tel, par ses contacts avec les parlementaires écossais et avec l’ancien Premier ministre Tony Blair, mais aussi en sa qualité de conseiller du gouvernement écossais pour les questions homosexuelles en rapport avec les enfants, il a eu une influence sur l’évolution du droit anglais et écossais vers l’autorisation de l’adoption par les sodomites.

En 2009, James Rennie et ses complices ont été arrêtés puis condamnés pour faits de pédophilie aggravée, entre autres sur le nourrisson que James Rennie gardait régulièrement pour des gens qui se considéraient comme ses amis depuis quinze ans. Ceux-ci ont appris la chose lorsque la police, dans le cadre de son enquête, leur a fait visionner une vidéo que James Rennie avait fait circuler auprès des autres membres de son réseau, une vidéo où on le voyait violer le petit garçon en plusieurs occasions, pendant plusieurs années, le premier viol s’étant produit alors que le garçon n’était encore qu’un bébé de 3 mois…

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Une racaille assiste tranquillement à un procès où elle devrait être jugée

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« Il était assis là, incognito, à quelques mètres de sa victime.
Il est reparti à pied, sans se presser.
Un homme pourtant suspecté de l’enlèvement et de la séquestration d’une étudiante estonienne et recherché par la brigade criminelle de Nice… » nous dit le Parisien.

L’individu assistait tranquillement, incognito, au procès de son complice, un Tunisien de 19 ans.

Ce fait divers souligne bien le sentiment d’impunité qui habite la racaille qui règne sur ce pays…

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Serge Klarsfeld, un sacré mythomane !

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L’inénarrable « chasseurs de nazis », grand prêtre du culte shoatique, a pondu une perle – qui vient d’être dénichée – dans un opuscule intitulé Pie XII et la Shoah / Le choix du silence ? publié chez l’éditeur catholique (!) Téqui sous la direction de Mgr Dominique Le Tourneau (!).

Bref, tirée de cette mauvaise prose, le professeur Faurisson nous révèle (et fait pièce à) cette extraordinaire assertion de Klarsfeld :
« Vichy donne son accord. Dans la nuit, la Préfecture de Police [de Paris] sort les fiches des Juifs concernés : au matin du 24 septembre, 1500 Juifs roumains sont arrêtés ; le lendemain, 1000 sont déportés et après trente-six heures de voyage pour Auschwitz, sont gazés dans leur lit. » (p. 45-46)

Cet énorme bobard semble être passé comme une lettre à la poste… Personne parmi les lecteurs n’osant remettre en doute la sainte parole de Klarsfeld…

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De l’utopie à nulle part ailleurs

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Il n’est pas de période plus propice à la réflexion, à la prise de distance, que ce passage, encore perçu comme un rituel, entre l’année défunte et celle qui point, lourde de menaces et d’espoirs. Le dieu Janus, à double face, regarde encore le passé, tandis qu’il scrute l’avenir, et c’est dans l’interstice entre ces deux visions, l’une qui mesure le chemin parcouru, et l’autre qui ouvre aux horizons, que le temps hésite, se fixe, et offre le luxe d’une méditation.

La vie est passage, cheminement, pérégrination, et, pour qui la prend au sérieux, fatalement orientation, peut-être même, comme y invite l’avant-dernier terme, pèlerinage. Nous aspirons tous à parvenir à quelque but satisfaisant, chacun à notre niveau, et c’est cela qui procure l’énergie d’avancer.

Cependant, il ne faut pas confondre chemin, itinéraire, voie, c’est-à-dire tout autant tracé individuel et/ou collectif que parcours initiatique, et autoroute balisée, grandes artères encombrées, laides et déshumanisées, dont les différentes étapes, jadis pourvoyeuses d’expériences symboliques et éducatives, sont ces péages et ces bretelles d’accès, qui transforment l’homme en nomade pérenne et payant, voire en animal de bétaillère, tout juste bon à errer d’un point à un autre, dans ce pays de nulle part qu’est l’utopie moderne.

Ainsi, le slogan d’extrême gauche internationaliste : « Les capitaux circulent, et pas les êtres humains ! » rejoint-il, dans sa concision saisissante, les vœux les plus chers du patronat mondialiste, qui rêve d’une planète « libérée » de tous les obstacles entre le sujet pur, réduit à sa plus simple expression, physiologique, pulsionnelle, sensorielle, et la marchandise, de plus en plus bardée de technique.

Pour expliquer cette rencontre « nomade » qui pourrait paraître improbable à ceux dont la vue est moins perçante que celle de notre Janus, lequel est un dieu, rappelons-le, il serait nécessaire de pousser l’exploration plus loin que l’Histoire immédiate, mai 68 étant en l’occurrence un môle auquel la pensée journalistique tend à se raccrocher. D’où vient, en effet, ce projet de déracinement intégral de l’être humain, désireux d’achever la maîtrise intégrale de la bête sauvage qui réside en chaque homme ?

En fait, poser la question ainsi est reprendre la problématique qui sert de socle au projet civilisationnel gréco-latin. Certes, c’était un modèle virtuellement universaliste, qui s’est fondu avec l’ère d’expansion impériale romaine, et même plus loin, et qui reposait sur la conviction que la culture des belles choses de l’esprit ne pouvait qu’élever la bête humaine. Le sauvageon avait vocation à être élagué, bonifié, perfectionné pour donner ses fruits.

Toutefois, il n’était pas dans le dessein des Romains d’arracher ce plant à sa terre, et l’Empire laissa à chaque ethnie, à chaque communauté, la substance de son être au monde.

Or, l’utopie moderne (le mot « moderne » étant pris ici dans son acception historique, et désignant la période qui commence avec la Renaissance) recherche exactement le but inverse : l’homme doit, pour elle, se délivrer de ses singularités ethniques, nationales, culturelles, particulières, c'est-à-dire de la terre, pour accéder à un universel abstrait, dont le plus petit dénominateur commun ne peut être que ce qui rend semblables les hommes, la réduction à l’espèce dans sa dimension biologique. Encore que nous voyions maintenant cette dernière niée au nom d’un essentialisme subjectif, qui conduit à définir, in fine, l’humain comme étant la « libre » décision de l’être. Sera alors homme celui qui se déclarera tel, comme on serait mâle ou femelle, voire les deux, par assentiment à une hypothétique identité sexuelle à géométrie variable. L’emprise des techno-sciences sur le vivant risque de rendre encore plus périlleuse toute conviction cohérente en ce domaine, l’animal humain, borné dorénavant à sa simple composante biochimique, se transformant en complexe matériel démontable, adaptable et recomposable à volonté.

Un temps de méditation est donc vital pour bien peser (du latin pensare, « penser ») ces choses très graves et redoutables, car l’on voit ici qu’il ne s’agit pas uniquement de l’anéantissement de notre nation, de notre culture, de notre histoire, mais aussi de la fin d’une idée de l’homme, voire de l’homme lui-même.

Car, s’il est légitime d’être en prise avec l’actualité, et, par là-même, avec des mouvements de fond mettant en jeu nos vies, notre bonheur et notre avenir, s’il est nécessaire de lutter , dans la sphère de l’Histoire immédiate, contre ce qui nous détruit ou nous asservit, il faut aussi sans doute se demander au nom de quoi, de quelle conception de l’existence on le fait.

Et d’abord, il faut fixer des bornes aux ambitions d’une action qui, souvent, n’est qu’une réaction, et, de ce fait, partage la même nature de ce contre quoi elle s’effectue. Combattre le capitalisme dit « ultralibéral » est vain si c’est pour revendiquer la perpétuation d’un certain mode de vie, ou de survie, fondé sur justement ce qui a assis le libéralisme, l’hédonisme matérialiste, le productivisme, le subjectivisme individualiste et la massification des besoins, autrement dit l’économisme. De la même façon, il faut raison garder et se méfier des emballements, même si l’on peut comprendre qu’on ne s’engage pas sans un minimum d’enthousiasme, et même d’illusions. Ainsi, depuis 2008, voire avant, d’aucuns prédisent la crise finale, l’effondrement du système, la révolte des masses. Appartenant à une génération déjà ancienne, j’ai vécu maintes crises, maints hypothétiques « effondrements du système » et pas mal de révolutions annoncées comme imminentes. Non que je n’envisage que l’Histoire me donne tort, et qu’un mouvement insurrectionnel puisse avoir lieu, ici ou là, encore que j’en doute fortement, mais j’émets de sérieuses réserves en ce qui concerne le résultat d’un tel bouleversement, les séismes historiques ayant la plupart des fois, accéléré le processus de décomposition de la société en croyant remédier à ses maux. Il va aussi de soi en outre que nous nous trouvons dans un système quasiment inédit, qui se nourrit de la crise perpétuelle, laquelle révolutionne tout et profite des cassures de toutes sortes pour glisser des réformes définitives, parce que fondées sur l’assentiment des gens, et même, parfois, leur « intérêt » (car il faudrait aussi se défaire de la superstition qui voudrait que tout ce que la satisfaction épisodique du peuple, pour réelle qu'elle puisse être – par exemple obtenir des postes dans une économie nuisible, et même mortifiante – se concilie avec l'enjeu véritable d'un combat qui le dépasse la plupart des fois).

Tout cela est bien expliqué dans une brochure, « Gouverner par le chaos » (Max Milo Editions, Paris, 2010, 9,90€ ). Dans ce pamphlet sont aussi décrits tous les moyens techno-scientifiques élaborés depuis un siècle pour manipuler et contrôler les masses.

Plutôt que de s'en prendre aux partis de la collaboration, gauche, droite, extrême-gauche, extrême droite, en fait à une mince pellicule plus ou moins occulte, qui profite du système, et ne représente qu'elle-même, ou la voix du maître, il faudrait s'interroger sur l'existence d'un pareil état de fait, car le lierre ne prospère que sur un arbre mourant. A mon sens, la décadence de la France, de l'Europe et d’une partie majeure du monde, s'est manifestée à partir de l'idéologisation de la lutte politique, donc, à terme, du brouillage et de l'infection des rapports de force par la moraline et les délires intellectuels de pacotille. On n'a pas idée de ce qu'était le sens du pouvoir avant cette intoxication collective. On a perdu la vision saine de la hiérarchie, de la nature des conflits, et du prix à payer pour sauvegarder dignité et liberté d'être. Le mensonge a coiffé de son ombre empoisonnée tous les sursauts, populaires et élitistes, qui voulaient empêcher l'esclavage. Pire, plus on se débattait, plus on s'enlisait; plus on croyait se libérer, plus on se chargeait de chaînes. Si bien que le mensonge passe maintenant pour la plus grande liberté. En quoi consiste son plus grand triomphe.

Cette substitution axiomatique a été analysée par Jean-Claude Michéa dans des ouvrages qui feront date, le dernier, Le Complexe d’Orphée ( Editions Climats, 2011) étant le plus suggestif. Il y dévoile en effet la généalogie de l’utopie moderne consistant à abstraire les hommes de leur substrat historique, et ses conséquences dans l'émergence du mythe du progrès.

Si, de fait, le projet de domestiquer l’homme s’est accéléré par contrecoup aux guerres de religions du XVIe siècle, c’est à l’aube du XVIIIe siècle, du siècle dit « des Lumières », que le soubassement philosophique de l’entreprise de standardisation sociale et spirituelle s’est consolidé, notamment avec l’anglais Locke, qui opposa ses thèses sensualistes à Descartes, Malebranche et Leibniz. Voltaire, Condillac, Helvétius l’ont suivi sur cette voie, et en partie Rousseau et Diderot.

L’ouvrage polémique posthume de Diderot, Le Supplément au Voyage de Bougainville, constitue justement un jalon essentiel du projet utopique contemporain, et il n’a cessé d’agir sur les imaginations. Tahiti, en effet, et la libre sexualité des îles « paradisiaques » des Mers du Sud, ont représenté longtemps des symboles, voire un programme, jusque dans le mouvement alternatif des années 60 du vingtième siècle.

La thèse de Diderot, apparemment redevable de celle de Rousseau (mais en apparence seulement, car Rousseau reprend à son compte le legs religieux) est que la loi, la morale et les besoins doivent s'harmoniser, au profit des derniers. Le plaisir est l’indice d’une bonne adéquation entre les trois « codes », et le législateur sera attentif à se rapprocher le plus possible, et d’adapter subséquemment la loi, des nécessités physiologiques de l’homme. L’utilitarisme s’allie à l’hédonisme. Tout ce qui est transcendant, injonctif (hormis les nécessités naturelles), normatif, est perçu comme une atteinte à l’intégrité humaine. Diderot élude étrangement des informations délivrées par Bougainville, comme l’atrocité des guerres et de la torture pratiquées par les Tahitiens, l’esclavage et les grandes inégalités qui régulent leur vie économique et sociale, et, surtout, la dimension religieuse de leur civilisation, qui est remplacée par un naturisme naïf. Son « Autre » est à l’image de celui que notre monde nous propose bien souvent : idéalisé, réduit à sa composante la plus acceptable, la plus édifiante, la plus sympathique, et allégé de tout ce qui peut gêner et susciter un rejet. Ainsi de l’immigré, de l’homosexuel, du délinquant, etc., devenus les héros de notre temps.

On voit bien comment l’utopie tahitienne peut servir de paradigme à l’utopie contemporaine, bien que Diderot eût l’intelligence de refuser toute application mécanique du modèle « sauvage » à l’Occident. En effet, l’île, en elle-même, suppose un monde coupé de toute contamination, de toute influence pernicieuse, de tout empoisonnement des cœurs et des consciences. Et c’est justement la volonté de rompre avec les liens historiques, entachés d’imperfections, qui impose cette icône insulaire comme symbole du projet d’Ordre mondial qui est à l’arrière plan de toutes les décisions de l’oligarchie transnationale contemporaine.


Pour illustrer cet article, j’ai reproduit une photographie prise lors d’une visite de crèche, il y a un ou deux mois, par deux ministres, l’une, Najat-Belkacem, et l’autre, Dominique Bertinotti. Il s’agissait de la crèche de Bourdarias, à Saint-Ouen. Regardez, contemplez, admirez bien cette photo, qui serait parfaite pour illustrer une couverture du Brave New World d'Aldous Huxley... Toute la stupidité de ceux qui ont raison, contre la nature, contre le passé, contre les gens, contre la décence, resplendit dans ces sourires... Là est synthétisé le projet faustien, programmé et appliqué par ces petits militants de l'horreur déshumanisante, de transformer l'homme, de lui enlever tout repère, de le vider comme un poulet, de le chosifier, de le modeler au grès de lubies délirantes, de le livrer en pâture aux avidités marchandes et sexuelles... Toute la bêtise d'une époque qui se veut BONNE parce qu'elle cultive le mélangisme, l'indifférenciation, la vacuité, le déracinement universel. La bonté des éleveurs de bestiaux... Dans ces sourires s'affiche le triomphe satisfait et diabolique d'une entreprise de déconstruction et d'anéantissement.


Il était jadis assez aisé d’être un homme d’honneur. La société fixait les règles : on vivait et on mourait pour la famille, le clan, la patrie, les dieux, Dieu ou même le prolétariat. La loi nous tombait dessus dès l’âge de raison, sans doute avant si, dès l’apprentissage de la langue maternelle, l’enfant suce le lait de la Tradition.

Mais justement, la langue maternelle, on veut nous l’enlever, avec la mère, avec la Tradition. Et même, c’est en grande partie fait, et c’est même peut-être trop tard. La grosse classe moyenne noie tout, avec ses membres qui, désapprenant la réalité, régurgitent reliefs avariés de la propagande. Depuis que la société s'est arrachée à la campagne, aux travaux paysans, depuis que le cheval a été remplacé par l'automobile (on ne mesurera jamais assez ce que l'homme a perdu en rompant avec la civilisation du cheval!), dès que l'animal grégaire a décidé de cultiver, comme en serre, dans les grandes cités, ses perversions et ses lubies, dès qu'il a eu l'impression d'accéder au savoir positif, cette escroquerie qui n'est somme toute qu'un bagage portatif pour demi-savant prétentieux et intolérant, on s'est retrouvé dans la bulle éthérée des concepts et des conditionnements innombrables. C’est une expérience que celui qui sent profondément et ne se contente pas de la pâture idéologique quotidienne connaît bien, ce malaise face à des êtres qui croient penser en restituant un prêt-à-penser, un prêt-à-sentir, un prêt-à-rêver, un prêt-à-jouir. Le mécanique plaqué sur du vivant est la marque essentielle d’une société de marques, un automatisme qui conduit infailliblement tout aussi bien au tragique, dans ses variantes pathologiques, qu'au comique, dans sa déclinaison bouffonne. L’époque balance entre le tragique et le bouffon, les deux au demeurant exprimant l'angoisse, la mélancolie la plus sordide.

Il serait bien difficile et téméraire de donner, en cette fin d’année, des conseils avisés, surtout s’ils sont politiques. J’avoue être, comme Baudelaire, antipolitique. En tout cas, je fais comme Mérimée qui, paraît-il, portait une broche au revers de laquelle était inscrite cette maxime : « Souviens-toi de te méfier ». En quoi il avait pourtant tort, car, comme le montrait son camarade Stendhal dans ses romans, il n’est sans doute pas de bonheur sans abandon à une certaine innocence de la confiance. Il faut parfois être enfant.

Henri Beyle, d'ailleurs, qui a eu le génie de formaliser l’art de chasser le bonheur sous le nom de « beylisme », offre par sa vie et ses écrits une manière certaine d’échapper à la maladie moderne de l’aseptisation du moi, et donc à son anéantissement. Il utilise souvent, pour désigner des comportements chargés de caractère, le terme « singulier ». Cette singularité d’un être original, qui concentre, par divers moyens, dont l’énergie, l’indépendance de vue, l’humour, la distance et quelque chose qui l’intègre dans le jeu cosmique, un je ne sais quoi de divin, entre Eros et Apollon, me fait penser à la différenciation telle que la conçoit Julius Evola, qui, lui-même, dans « Chevaucher le tigre », se garde bien de donner des recettes de combat toutes faites.

Il faut être soi. Indéniablement. Mais l’on voit que là commence la difficulté. Des mots avant tout. Car n’est-ce pas d’ailleurs le langage stéréotypé de la publicité qui prétend avec aplomb qu’on se retrouve en s’aliénant dans les objets ?

J’ignore donc ce que signifie « être soi », mais il ne me paraît pas au-dessus des forces humaines d’éviter, ou de repousser ce qui peut empêcher de l’être. Nettoyer les portes de la perception est probablement le devoir le plus urgent.

Avant donc de trouver le bonheur dans la concrétude des choses, des êtres, de Dieu, de leurs relations, d’épouser dans des noces pérennes la beauté réelle du monde, par laquelle nous nous sauverons, il est indispensable de s’interdire certaines fréquentations. J’irais presque à reprendre le fameux « Vade retro, Satanas ! ». Mais nous n’en sommes pas loin. Et un bon assainissement, outre qu’il rend la vie plus agréable, rend possible une autre occupation de l’être.

Ainsi me semble-t-il très sain (puisque nous sommes au moment des bonnes résolutions), de ne plus perdre de temps à commercer avec les instruments de communication du système, télévision, radio d’informations, musique et images formatées, publicité, rassemblements festifs ineptes, de ne plus croire sur parole les explications et analyses qu’on déverse sur les cerveaux (et cela peut être très subtil), de ne plus utiliser des mots forgés par la fabrique langagière contemporaine, en grande partie américaine, mais de revenir aux sources de notre langue, qui est un outil de liberté, de connaissance, et de sensations, de ne pas consommer n’importe quel objet, souvent inutile ou nocif, sans en avoir estimé l'utilité, de ne pas imiter les emballements esthétiques de la masse, mais de me faire ma propre idée de ce qu’il faut aimer et savourer.

Tout être qui ne veut pas se faire aspirer, avaler par la masse doit, en outre, approfondir, cultiver, élargir ce qu’il considère être sa voie, qu’elle soit religieuse, artistique, sentimentale, familiale, professionnelle... Tout devoir conduit au Grand devoir, qui est d’être à sa place dans l’univers voulu par Dieu. Il ne faut pas avoir peur, il faut oser, et se dire que ce que l’on a en face de nous est mensonger, donc faux et faible.

Enfin, rien n’égale ce qui est concret, que l’on peut caresser réellement avec sa main ou son âme, son cœur, ce qui est là, près de soi, à portée de voix et de tendresse, la pierre, l’arbre, la compagne, le chat, le feu dans l’âtre, le vent qui gifle le visage, la pluie qui enveloppe le corps, la lumière qui éblouit, la terre qui porte les pas, et la maison qui abrite notre amour. Cela, c’est vrai, concret, réel. Il faut haïr l’abstraction, car elle est devenue le monde de fantômes errants qui nous hante et nous ensorcelle sans nous enchanter. La seule voie qui soit permise, à mon sens, est celle-là : celle de la proximité, de la présence, de la certitude d’être là, et bien là... nulle part ailleurs.

Claude Bourrinet

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L’enseignement catholique va t-il se mobiliser contre le « mariage » homosexuel ?

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C’est la question qui est posée après l’envoi d’un courrier (ci-dessous) adressé aux 8 500 chefs d’établissement de l’enseignement catholique. Dans celui-ci, son secrétaire général, le bordelais Eric de Labarre (photo), exprime officiellement son « désaccord » avec le projet de loi du gouvernement sur le mariage homosexuel.

S’il ne quitte pas son habituel ton très feutré, celui dont le fils est prêtre au sein de la Fraternité Saint-Pierre, appelle « chaque école, collège ou lycée » à « prendre les initiatives qui lui paraissent localement les plus adaptées pour permettre à chacun l’exercice d’une liberté éclairée ». En clair, mettre le sujet du « mariage » homosexuel sur la table, et expliquer le danger d’une telle réforme.

Dans un communiqué de presse, l’Enseignement Catholique précise sa position : « Fort de son expérience et de son expertise éducatives, l’Enseignement Catholique partage le point de vue du plus grand nombre des professionnels de l’enfance. Avec eux, il rappelle que, pour la construction de l’identité et de la personnalité de chaque enfant et de chaque jeune, la reconnaissance de la différence sexuelle et le droit d’accéder à ses origines et à sa propre histoire, sont tout à fait essentiels. Négliger les droits de l’enfant pour faire prévaloir un droit à l’enfant constituerait un très grave contresens dont les enfants seraient les premiers à pâtir. C’est pourquoi l’Enseignement Catholique est en désaccord avec une évolution législative ouvrant le mariage et la parentalité aux couples homosexuels ».

Si il n’y a pas pour l’instant d’appel à joindre la manifestation du 13 janvier à Paris où l’on attend plusieurs centaines de milliers de personnes, les associations de gauche et d’extrême gauche dénoncent ce soir « un appel à défiler à peine déguisé ».

 

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« LA-HAUT, UN ZOO AU-DESSUS DES NUAGES. »

3713956709.jpgPieter Kerstens

Carnet de voyages

J’ai eu la chance de pouvoir parcourir cet automne le nord du Tonkin sur plus de 3.000 km. Ce circuit en boucle, de Hanoi à Haiphong, en passant par Mai Chau, Son La, Dien Bien Phu, Cha Pa, Bao Ha , Yen Binh, Bac Quang, Quan Ba, Yen Minh, Coc Pan, Cao Bang, Dong Khe, Na Cham, Dong Dang, On, Bac Ninh, et Ha Long m’a permis de visualiser le cadre décrit dans les multiples ouvrages concernant la guerre d’Indochine (de 1945 à 1954).

Ce périple « sur les traces de la Légion Etrangère » était aussi l’accomplissement d’une promesse faite à deux anciens képis blancs -à des périodes différentes- si d’aventure j’allais au Viet Nam, je rechercherais les lieux historiques et j’irais aussi me recueillir, en mémoire du sacrifice des dizaines de milliers de soldats tombés pour la défense du drapeau français et des valeurs qui s’y rattachent (courage, fidélité, patrie, famille, honneur, abnégation ou ténacité).

A Dien Bien Phu se trouvent d’immenses monuments érigés à la gloire de l’Armée de Libération du Vietminh, commandée par le génial et illustre général GIAP au service de l’Oncle HO ; monuments qui écrasent les visiteurs étrangers par la hauteur de leur suffisance. Pour ma part j’ai ignoré la propagande marxiste (nous étions selon mon guide, mon épouse et moi, les seuls touristes étrangers à ne pas vouloir visiter le champ de batailles, le musée et le mausolée) et je me suis rendu au monument de l’armée française.

Ce petit obélisque se situe dans le quartier Thanh Truong, près de la reconstruction du tunnel De Castries. Très rares sont les visiteurs qui se recueillent là, dans ce carré chargé de symboles, de sang et de sacrifices, d’explosions et d’exploits, de victoires et d’humiliations.

Ce monument a été érigé grâce à l’obstination de Rolf RODEL, sous-officier de la Légion et ancien combattant du Front de l’Est. En effet selon certaines sources, la Légion Etrangère avait enrôlé 35.000 soldats allemands issus des camps de prisonniers, au lendemain de l’armistice, dont plusieurs dizaines de sous-officiers et certains officiers, très compétents et efficaces, pour un engagement de 5 ans. Partout ailleurs au Tonkin, à Lao Kay ou à Lay Chau, à Ha Giang ou à Dong Van, à Meo Vac ou à Bao Lac, à Cao Bang ou à Dong Khe, à That Khe, à Lang Son, Dong Trieu ou Haiphong,RIEN ! ! !

VaeVictis …Mais, « la gloire est le soleil des morts », R.I.P.

Au Tonkin, en novembre 2012, plus aucune trace d’un siècle de présence française. TOUT a été effacé, martelé, éradiqué. Subsistent encore les passerelles volantes au-dessus des rivières, des poteaux en béton portant les câbles électriques, quelques rares maisons coloniales et le chemin de fer qui n’a subi aucune amélioration ni modernisation ces 60 dernières années…

Hormis les alentours des grandes villes comme Hanoi ou Haiphong, le réseau routier est dans un état lamentable et nombreuses sont les routes coupées où nous avons dû stopper pour permettre aux pelleteuses et niveleuses de dégager les éboulements.

Peu de « touristes » et pour les attirer le régime marxiste a découvert l’exploitation de la visite des « minorités » (54 ethnies au Viet Nam). Ces indiens des temps modernes se retrouvent parqués dans des zones sous contrôle et se visitent comme des bêtes curieuses en voie de disparition, de la même manière que l’on visiterait le zoo de Vincennes ou les réserves indiennes de l’Arizona. C’est particulièrement vrai dans la région de Sapa (ex Cha-Pa).

Comme ma femme et moi-même sortons en permanence des sentiers battus, nous avons pu nous rendre dans des villages isolés, seulement accessibles à pied, accompagnés par un « officier de liaison » de la milice, responsable de tribus H’mongs fleuris (méos), hameaux où seul arrive l’électricité. On touche ici à la réalité du paradis communiste dans ses moindres détails…

Langue de bois et « je ne sais pas encoret » en réponse à nos questions.

Excepté les innombrables constructions scolaires neuves (écoles primaires, collèges et lycées) et tous les bâtiments du pouvoir politique (sièges du Parti et maison du Peuple), le parc immobilier tonkinois et l’infrastructure hôtelière sont proches du délabrement et de l’insalubrité.

Le contraste entre le Tonkin et la Cochinchine est frappant : du 19ème siècle, on passe sans transition à 2012 et Saïgon(Ho Chi Minh City) se présente comme la vitrine commerciale de la République Socialiste du Viet Nam, avec toutes les dérives correspondantes au mondialisme conquérant.

A l’extrême Sud du pays, dans le golfe de Thaïlande et à moins de 10km du Cambodge, l’île de Phu Quôc avait été choisie par le Pouvoir il y a 10 ans, comme une perle tropicale qui devait recevoir le tourisme balnéaire international, avec golfs, casino, hôtels 5 étoiles, etc… En 2012, cela reste un projet sans suite qui permet quand même à quelques « robinsons » de goûter au silence, de contempler des paysages superbes, de parcourir les plages vierges du Nord-Ouest de l’île, mais avec un confort rustique. Une réelle exception heureusement ignorée par la masse.

Le Viet Nam, pays sous-développé à la démographie galopante, concentre une inégalité criante parmi sa population et il n’est pas rare de voir une multitude de motos côtoyer des Mercedes 320 ou des BMW X6 (véhicules étrangers taxés à 150%) et ceci, même dans les villages les plus septentrionaux.

En conclusion de ce voyage de 4 semaines : brume, saleté, corruption et humidité. Un autre séjour s’impose pour découvrir l’Annam et le delta du Mékong, afin de pouvoir se forger une opinion, loin des clichés des guides touristiques actuels qui vantent des chimères asiatiques.

NB : la visite en bateau de la baie d’Ha Long pourrait se comparer à un séjour à Disneyland. Mieux vaut regarder chez soi un bon DVD de National Geographic sur le sujet.

 

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Chômage : Flanby s’en va-t-en guerre…

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C’est un François Hollande combatif, voire martial, qui s’est rendu hier matin à Rungis pour une visite « surprise ». La grande « bataille pour l’emploi » va commencer… en 2013. Depuis six mois, le gouvernement n’était donc pas inactif : il fourbissait ses armes, nuance.

Et pendant ce temps, le chômage continuait d’augmenter : « le triste héritage de M. Sarkozy » ânonnera Mme Belkacem ; « l’échec d’une gauche archaïque qui se refuse à engager les réformes (forcément) nécessaires, pourtant mises en œuvre par l’ensemble de nos partenaires européens » répliquera une droite libérale tout aussi peu inspirée.

Et comme d’habitude, « gauche » et « droite » de gouvernement auront tout faux !

Pour espérer remporter une bataille, il faut disposer des troupes et des munitions suffisantes, et faire preuve de cette volonté, de ce supplément d’âme, qui offre la victoire à ceux qui la désirent le plus.

François Hollande bataillant pour l’emploi, c’est Roger Mou dans « L’homme au pistolet en plastique », tant il est vrai que l’actuel président de la République incarne l’archétype du social-démocrate falot et conformiste, qui a œuvré, depuis 30 ans, pour le désarmement politique de l’État français. Désormais privé, depuis l’euro, de sa souveraineté monétaire et donc de sa capacité à dévaluer, l’État a vu sa souveraineté budgétaire s’éroder avec le pacte de stabilité, et disparaître complètement avec le récent traité budgétaire. Il a également renoncé à toutes les protections douanières cédant aux coups de boutoir de l’OMC. Les thuriféraires du libéralisme nous rétorqueront sans surprise que l’Allemagne, aussi désarmée que la France, est parvenue à lutter efficacement contre le chômage : en oubliant délibérément les conséquences sociales désastreuses de cette politique (salaires des fonctionnaires gelés, des millions de mini-jobs sous-payés…).

Les sociaux-démocrates n’ont pas pour objectif premier de lutter contre le chômage : ils veulent donner des gages de « crédibilité ». À l’Allemagne, à Bruxelles, aux marchés financiers, ce qui revient à peu près au même. C’est leur côté sérieux, gestionnaire, chiant. Leur côté Jospin.

Mais heureusement, pour les rigolards que nous sommes, ils ont aussi leur côté branque, leur côté Harlem. Après les défaites piteuses enregistrées par les candidats du pouvoir lors des législatives partielles de décembre, le premier secrétaire du PS a lui aussi décidé (c’est une manie…) de « passer à l’offensive » : pour l’emploi, pour la justice sociale, contre les méfaits des multinationales ou des banques d’affaires ? Que nenni ! En organisant une pétition nationale en faveur du mariage dit « pour tous ». Un contrefeu grotesque qui va se retourner contre ses incendiaires.

Comme en 1981, 1988 et 1997, la gauche à peine élue renonce au social, au profit du sociétal. Et comme en 1986, 1993 et 2002, la débâcle électorale sera au rendez-vous. Errare humanum est, persevare diabolicum.

Etienne Lahyre

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Une crêche vivante interdite pour Noël !

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Dans le calendrier des festivités de fin d’année de la Mairie de Surgères était inscrite la Crèche vivante. Un gros bébé joufflu veillé par sa maman voilée de bleu et son papa à la barbe fleurie devait y vagir à l’aise entre le bœuf et l’âne gris. L’École de musique de la rue Maurice Barcou aurait prêté quelques élèves et leurs flûtes à bec pour jouer les bergers flûtant au clair de lune, et Mlle Machepraut aurait secoué son tambourin tandis que les rois mages, habillés par Défi Mode, se seraient avancés en procession jusqu’au porche roman de l’église Notre-Dame. Dans la douceur de Noël, Surgères la moyen-âgeuse aurait ainsi offert à ses 6 446 habitants comme un air de mystère religieux.

Pour que le petit Jésus n’attrape pas une fluxion de poitrine, Monsieur le maire avait proposé d’installer l’étable sous la halle. Là où l’on fait la foire, là où l’on vend trois fois la semaine le fromage de chèvre et les fruits de mer. Mal lui en prit car la République veillait au tournant : pas de bondieuseries sous la charpente communale !

Les militants de la Libre pensée de Charente Maritime – fort nombreux comme on l’imagine à Surgères – ont donc écrit à Monsieur Guilloteau, le maire, qui est allé voir le curé, qui s’est dégonflé derrière son col romain (j’allais dire dans sa soutane, mais il est évident qu’il n’en porte pas). Annulée, la crèche vivante ! Le petit Jésus est retourné dormir dans son couffin, et le bœuf et l’âne ont regagné l’étable avec les enfants de l’École de musique. Tant pis pour eux et tant pis pour les touristes qui, à Surgères comme dans tant d’autres cités historiques, aiment à mélanger tourisme et traditions. Et la « tradition » fondatrice de Noël, c’est, n’en déplaise aux libres penseurs… la naissance de l’enfant Jésus.

Les Libres penseurs ne sont pas tous penseurs, souvent encore moins libres. Pour ceux que je connais, ils appartiennent plutôt au genre buté-borné, bouffeurs de curé à œillères et front de bœuf. Pourtant, si l’on s’en tient aux principes auxquels ils se réfèrent, leur philosophie est parfaitement défendable qui prône « le vrai par la science, le bien par la morale et le beau par l’art ».

Mais il se trouve qu’à Surgères encore plus qu’ailleurs, l’art est d’inspiration religieuse. La ville s’est développée, depuis l’aube du XIe siècle, autour de l’église Notre-Dame – chef d’œuvre de l’art roman –, du Prieuré Saint-Gilles et de son hospice. Les pèlerins s’y arrêtaient en nombre sur la route de Compostelle. C’est une tradition qui pèse plus lourd dans l’histoire des hommes que de se réunir le Vendredi saint pour bouffer du boudin, même en chantant l’Internationale le poing levé.

Marie Delarue

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Pire que la colonisation ? La décolonisation…

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En Afrique noire, les crises politiques se suivent et se ressemblent. Dernière en date : celle qui est en train d’amener la République centrafricaine au bord du gouffre. Pour ceux de nos lecteurs qui souhaiteraient en savoir plus sur ce énième puzzle ethnique, le site de notre confrère Bernard Lugan – bernardlugan.blogspot.com – est évidemment à recommander.

Pour le reste, à l’heure où la France se débarrasse peu à peu de la « Françafrique », où, sur le continent sub-saharien, les Chinois achètent des terres vivrières à tours de bras, où services secrets américains et israéliens s’entendent pour nous chasser de notre ancien pré carré, même si les USA viennent de fermer leur ambassade à Bangui et que l’actuel président François Bozizé, arrivé au pouvoir par la force en 2003, est en train de se faire bousculer par la rébellion, quelques questions, non seulement se posent, mais s’imposent.

• Certains des rédacteurs de Boulevard Voltaire ont pu, en leur temps, défendre la colonisation européenne en Afrique noire, lorsqu’elle était bêtement attaquée dans les médias. Ce fut leur honneur, ce d’autant plus que, pour leurs contradicteurs, il s’agissait plus de pousser les Français à la repentance que d’aider ces peuples fraîchement indépendants. Mais un Bernard Lugan, ou l’auteur de ces lignes, on aussi été les mêmes, avec le recul, à estimer que si la colonisation fut un crime, hormis quelques épopées aussi altruistes que personnelles, la décolonisation fut bien pire, puisque faute politique.

• L’occasion aussi de tordre le cou à quelques légendes. Non, la France ne s’est pas enrichie avec ses colonies noires ; certaines grandes entreprises sûrement, mais pas le contribuable français. La route qu’on construisait en Côte d’Ivoire, c’était une route de moins pour La Tombe-Issoire. En revanche, c’est aujourd’hui que des entreprises, de moins en moins françaises et de plus en plus internationales, se goinfrent sur la bête. Et c’est toujours aujourd’hui qu’il conviendrait de véritablement décoloniser l’Afrique et de lui remettre sa dette une bonne fois pour toutes, tel que demandé à l’Assemblée nationale par un certain Jean-Marie Le Pen, alors député et ce dès 1987.

• Si le colonialisme un brin condescendant des Pères blancs avait du sens, son actuel homologue ayant troqué les Saints Évangiles contre celui des Droits de l’homme est bien plus astreignant. Et mortifère. Car une élection, là-bas, n’est jamais rien d’autre qu’un recensement. Un peu comme si, en France, tous les Corses votaient Pasqua, les Auvergnats Giscard et les Corréziens Hollande. Bref, on exige de peuples n’ayant pas de culture démocratique – et après tout pourquoi pas, les rois zoulous et capétiens ont donné d’assez belles choses en leur temps, avant que le rouleau compresseur de la « modernité » ne nous pousse à l’uniformité. Soit, pour reprendre la sémantique d’une certaine gauche, toujours prompte à stigmatiser « la peur de l’autre », il ne serait pas incongru de rappeler à celle-ci que son « amour de l’autre » consiste avant tout à une sorte de racisme autocentré, consistant à aimer « l’autre » quand il tente de vous ressembler et à le rejeter dès lors qu’il refuse de vous singer.

Alors, intervenir en République centrafricaine ? Il serait sûrement plus pertinent de laisser l’Afrique aux Africains. De leur permettre de revenir sur les frontières ubuesques que nous avons délimitées à la va-vite, dans une fausse décolonisation mal pensée, afin que ces tracés, fort abstraits dans l’ancestrale culture locale, recoupent au moins des réalités ethniques et, parfois, religieuses. Bref, que nous puissions avoir enfin une véritable politique africaine. D’égal à égal.

Nicolas Gauthier

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François, le roi fainéant…

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Longtemps, François s’était couché de bonne heure. Longtemps, il s’était levé tard. François aimait ça. Les nuits, qui lui accordaient la bienfaisante torpeur des rêves, n’étaient jamais assez longues. Les jours, avec leurs terrifiants pépins de la réalité, n’étaient jamais assez courts. Les nuits de François étaient plus belles que ses jours.

Puis vint la date – maudite à jamais – du 6 mai 2012, quand on le fit roi. Il faudrait un Dante pour décrire l’enfer que vit François depuis ce jour-là. Des nuits de plus en plus courtes. Des jours – dies irae, dies illae – de plus en plus longs. Une géhenne. Un Golgotha. Le pire étant toujours sûr, il arriva le 26 décembre 2012.

François dormait quand il fut réveillé par une voix dépourvue de toute douceur. « Lève-toi feignasse, le moment est venu. » Il était 4 h du matin. Oui, 4 h du matin ! Hébété, François demanda à celle qui le torturait ainsi : « Mais quel moment, et pourquoi maintenant ? » Valérie répliqua sur un ton sec et sans appel : « Le moment d’aller parler au peuple. Tu tiens la forme : la nuit dernière, dans ton sommeil, je t’ai entendu crier « je n’aime pas les riches ! » ». François essaya de se protéger : « Mais il est où le peuple à cette heure-ci ? » « À Rungis, avec ceux qui se lèvent tôt. » Le malheureux argumenta : « Mais Sarkozy l’a déjà fait… » « Et alors, t’es pas plus con qu’un autre ! » Sentant ses forces le quitter, François tenta un dernier gémissement : « Mais je ne sais pas quoi lui dire au peuple. »

Cette plainte pathétique fut brutalement balayée par la mère fouettard. « Tu leur dis n’importe quoi. T’as qu’à faire du Mélenchon… Tu leur dis que Ayrault est une couille molle… Que tu vas le remplacer par Montebourg… Que tu vas envoyer des hommes de la DGSE ramener Depardieu de Belgique… Que la Bettencourt sera frappée d’indignité nationale pour avoir craché au bassinet de l’UMP… C’est clair ? Je te le répète, tu fais du Mélenchon. Lui c’est un homme, un vrai, et il en a dans le pantalon. » François baissa la tête. « Oui, j’y vais. Mais ma tisane d’abord. » La cruelle fut sans pitié. « Pas de tisane ! À Rungis, tu mords – et il faut que tout le monde le voie – dans le saucisson à l’ail, tu t’empiffres de camembert, tu avales une douzaine d’huîtres, et tu arroses tout ça de vin blanc. »

Quelques heures plus tard, François revint. Toute sa vie, il n’avait été que l’ombre de lui-même. Et là, il n’était plus que l’ombre de son ombre. Méconnaissable. Il chancelait. Sur le col blanc de sa chemise s’étalaient des traces de rouge à lèvres : des poissonnières l’avaient embrassé de force. Sa cravate luisait de résidus de rillettes.

« Alors, t’as été bon ? Qu’est-ce que tu leur as dit ? » François bredouilla : « Eh ben, que les temps étaient durs. » « Ouais, et quoi encore ? » « qu’il fallait travailler, que je travaillais aussi… » Sur le visage de Valérie la colère avait succédé à la stupéfaction.

« Et ? » « Ben, que fin 2013 ça irait peut-être un peu moins mal. » Chez la furie, la colère céda la place à la rage. « Mais, pauvre tâche, avec ce que tu leur as raconté, nous ne passerons même pas l’année 2013 ! » Elle claqua la porte. François se traîna vers son lit et, avant de se rendormir, lâcha un soupir où perçait la nostalgie des temps heureux et du bonheur perdu : « Ah, Ségolène… »

Benoît Rayski

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28/12/2012

Hausse de 12% de la demande pour les Restos du coeur

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Les Restos du coeur enregistrent une demande en hausse de 12% un mois après l’ouverture de leur 28e campagne d’hiver et ont besoin d’une mobilisation de leurs donateurs pour faire face à la situation, a déclaré vendredi Olivier Berthe, président de l’association.

« Ce n’est pas une hausse, c’est une explosion: une demande de plus 12%, c’est-à-dire 100.000 personnes de plus à venir aux Restos pour cet hiver », a-t-il dit sur RTL.

« C’est un chiffre que nous n’avons pas l’habitude de voir, a-t-il ajouté, nous savons que c’est une situation qui s’installe et que nous allons devoir installer des dispositifs durables pour y faire face (…) Si les donateurs ne se mobilisent pas, nous ne pourrons pas faire face à la situation. »

Dans ce contexte, Olivier Berthe a pressé le gouvernement de se battre pour obtenir le maintien à son niveau actuel de l’aide alimentaire européenne pour les plus démunis, qui est aujourd’hui en débat.

« Il semblerait que le gouvernement soit en train d’accepter un compromis avec l’Allemagne ou l’Angleterre », a-t-il indiqué, ajoutant: « Il ne faut pas que le gouvernement aille sur ce terrain avec l’Allemagne et l’Angleterre, car ça veut dire moins d’aides et donc la fin de l’aide alimentaire en Europe. »

« Il ne faut pas que le gouvernement se batte sur ce mauvais compromis. Il faut demander la prolongation du programme d’aide alimentaire, qui bénéficie à 18 millions d’Européens pauvres », a-t-il souligné. Pour les Restos du coeur, cette aide représente 23% des repas distribués et 15% de ses ressources, selon son président.

Créé en 1987, le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) est un mécanisme d’aide alimentaire financé par l’UE qui permet la distribution aux populations pauvres de la communauté européenne d’une partie des surplus agricoles européens.

L’Allemagne estime qu’il ne relève pas des compétences communautaires.

Lors de la campagne d’hiver 2011/2012, les Restos du coeur ont accueilli environ 870.000 personnes par jour et distribué 115 millions de repas.

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Hadopi : 10,4 millions d’euros annuels et 60 agents pour 150 euros d’amende

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Hadopi: 150 euros d’amende pour 1 million d’avertissements

Le 25 décembre dernier, l’Assemblée Nationale a publié au Journal officiel le bilan des avertissements adressés par l’autorité depuis sa création. Et les chiffres laissent pantois. Plus d’un million de mails ont été envoyés. Pour une seule condamnation, de 150 euros…

En août dernier, la député UMP Marie Christine Dalloz avait interrogé le ministère de la Justice pour connaître le nombre de dossiers qui avaient effectivement été envoyés devant la justice. Le 25 décembre dernier, la réponse de Christiane Taubira a été publiée au Journal officiel.

L’Hadopi, depuis sa création en 2010, a donc envoyé 1,15 million de premières recommendations. Un simple mail visant à avertir de la non sécurisation de la connexion internet. Moins d’un sur dix a été concerné par la deuxième étape de la riposte graduée, puisque seules 100 000 personnes ont reçu une lettre remise contre signature. Et l’Hadopi est décidément très dissuasive puisque 340 dossiers ont été notiufiés par l’autorité pour éventuellement être transmis à la justice, après délibération.

>>> A lire: Qui sont les pirates récidivistes de la Hadopi ?

Pendant les délibérations justement, l’écrémage repart de plus belle. La justice a reçu 14 dossiers, pour des faits « susceptibles de constituer une contravention de négligence caractérisée ».

Le tout pour seulement trois décisions de justice: une relaxe, une condamnation assortie d’une dispense de peine et une amende de 150 euros.

Pour mener à bien la riposte graduée, l’autorité a été dotée en 2012 d’un budget de 10,4 millions d’euros. Difficile de contredire l’autorité lorsqu’elle affirme privilégier la pédagogie à la répression

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La plus grande offensive contre les droits sociaux menée depuis la seconde guerre mondiale à l’échelle européenne

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La première partie de la série, intitulée « 2007-2012 : 6 années qui ébranlèrent les banques » a été publiée le 20 novembre 2012, la seconde partie intitulée « La BCE et la Fed au service des grandes banques privées » a été publiée le 29 novembre 2012

 

Ne pas sous-estimer la capacité des gouvernants à mettre à profit une situation de crise

De manière régulière, les grands médias abordent les questions d’un possible éclatement de la zone euro, de l’échec des politiques d’austérité en matière de relance économique, des tensions entre Berlin et Paris, entre Londres et les membres de la zone euro, des contradictions au sein du conseil de la BCE, des énormes difficultés pour trouver un accord sur le budget de l’UE, des crispations de certains gouvernements européens à l’égard du FMI à propos du dosage de l’austérité. Tout cela est vrai, mais il ne faut surtout pas oublier un point fondamental : la capacité de gouvernants, qui se sont mis docilement au service des intérêts des grandes entreprises privées, de gérer une situation de crise, voire de chaos, pour agir dans le sens demandé par ces grandes entreprises. Le lien étroit entre les gouvernants et le grand Capital n’est même plus dissimulé. A la tête de plusieurs gouvernements, placés à des postes ministériels importants et à la présidence de la BCE, se trouvent des hommes directement issus du monde de la haute finance, à commencer par la banque d’affaires Goldman Sachs. Certains hommes politiques de premier plan sont récompensés par un poste dans une grande banque ou une autre grande entreprise une fois qu’ils ont accompli leurs bons offices pour le grand Capital. Ce n’est pas nouveau mais c’est plus évident et régulier qu’au cours de 50 dernières années. On peut parler de véritables vases communicants.

Considérer que la politique des dirigeants européens est un échec parce que la croissance économique n’est pas de retour, c’est en partie se tromper de critère d’analyse. Les objectifs poursuivis par la direction de la BCE, par la Commission européenne, par les gouvernements des économies les plus fortes de l’UE, par les directions des banques et des autres grandes entreprises privées, ce n’est ni le retour rapide à la croissance, ni la réduction des asymétries au sein de la zone euro et de l’UE afin d’en faire un ensemble plus cohérent où serait de retour la prospérité.

Parmi leurs objectifs principaux, il faut en souligner deux : 1. éviter un nouveau krach financier et bancaire qui pourrait se révéler pire que celui de septembre 2008 (les deux premières parties de cette série ont abordé cet objectif qui sera à nouveau développé dans la quatrième partie) ; 2. utiliser plusieurs armes (l’augmentation très importante du chômage, le remboursement de la dette publique, la recherche de l’équilibre budgétaire, le fouet de la quête de l’amélioration de la compétitivité des Etats membres de l’UE les uns par rapport aux autres et par rapport aux concurrents commerciaux des autres continents) pour avancer dans la plus grande offensive menée depuis la seconde guerre mondiale à l’échelle européenne par le Capital contre le Travail. Pour le Capital, il s’agit d’accroître encore la précarisation des travailleurs, de réduire radicalement leur capacité de mobilisation et de résistance, de réduire les salaires et différentes indemnités sociales de manière importante tout en maintenant les énormes disparités entre les travailleurs dans l’UE afin d’augmenter la compétition entre eux. D’abord, il y a les disparités entre les salariés d’un même pays : entre femmes et hommes, entre CDI et CDD, entre travailleurs à temps partiel et travailleurs à temps plein. A l’initiative du patronat et avec l’appui des gouvernements successifs (et en leur sein les partis socialistes européens ont joué un rôle actif), ces disparités se sont accrues au cours des 20 dernières années. Et puis, il y a les disparités entre les travailleurs des différents pays de l’UE. Les disparités entre travailleurs des pays du Centre et ceux des pays de la Périphérie à l’intérieur de l’UE sont le complément de celles se creusant à l’intérieur des frontières nationales.

Les profondes disparités entre les travailleurs des différents pays de l’UE

Les salaires des travailleurs du groupe de pays les plus forts (Allemagne, France, Pays-Bas, Finlande, Suède, Autriche, Danemark) sont le double ou le triple des salaires des travailleurs en Grèce, au Portugal ou en Slovénie, ils sont 10 fois plus élevés que les salaires des travailleurs de Bulgarie, 7 à 9 fois plus que les salaires roumains, lituaniens ou lettons |1|
. En Amérique du Sud, alors que les différences sont grandes entre les économies les plus fortes (Brésil, Argentine, Venezuela) et les plus faibles (Paraguay, Bolivie, Equateur…), la différence entre le salaire minimum légal est de l’ordre de 1 à 4, donc une disparité nettement plus faible qu’au sein de l’Union Européenne. C’est dire à quel point est forte la concurrence entre les travailleurs d’Europe.

Les grandes entreprises des pays européens les plus forts sur le plan économique profitent à fond des disparités salariales au sein de l’UE. Les entreprises allemandes ont choisi d’accroître fortement leur production réalisée dans les pays de l’UE où les salaires sont les plus bas. Les biens intermédiaires sont ensuite rapatriés en Allemagne sans payer de taxe d’import/export, pour y être assemblés puis réexportés principalement vers les autres pays d’Europe. Cela permet de diminuer les coûts de production, de mettre en concurrence les travailleurs allemands avec ceux des autres pays et d’augmenter la rentabilité de ces entreprises. De plus, ces biens assemblés en Allemagne et vendus sur les marchés extérieurs apparaissent bien sûr dans les exportations allemandes, dont une partie importante est en réalité le résultat de l’assemblage de produits importés. Les entreprises des autres pays forts de l’UE font certes de même, mais l’économie allemande est celle qui bénéficie proportionnellement le plus des bas salaires et de la précarisation du travail au sein de la zone euro (y compris à l’intérieur des frontières de l’Allemagne |2|) et de l’UE. En 2007, les excédents commerciaux de l’Allemagne étaient redevables à 83% de ses échanges avec les autres pays de l’UE (145 milliards d’euros vis-à-vis des autres pays de la zone euro, 79 milliards vis-à-vis de l’Europe hors zone euro, et 45 milliards avec le reste du monde) |3| .

Le modèle allemand comme produit de l’offensive néolibérale

Les patrons allemands, aidés par le gouvernement socialiste de Gerhard Schröder en 2003-2005, ont réussi à imposer des sacrifices aux travailleurs. L’étude En finir avec la compétitivité publiée conjointement par ATTAC et la Fondation Copernic résume ainsi les grandes étapes des atteintes aux conquêtes des travailleurs d’Allemagne et à leurs droits sociaux et économiques : « Les lois Hartz (du nom de l’ex-Directeur des Ressources Humaines de Volkswagen et conseiller de Gerhard Schröder) se sont échelonnées entre 2003 et 2005. Hartz I oblige les chômeurs à accepter l’emploi qui leur est proposé, même pour un salaire inférieur à leur indemnité chômage. Hartz II institue des mini-jobs à moins de 400 euros mensuels (exemptés de cotisations sociales salariées). Hartz III limite à un an le versement des allocations chômage pour les travailleurs âgés et en durcit les conditions d’attribution. Hartz IV fusionne l’allocation chômage de longue durée et les aides sociales, et les plafonne à 345 euros par mois. Aux lois Hartz s’ajoutent les réformes successives des retraites et du système d’assurance-maladie : retraite par capitalisation (retraites Riester) ; hausse des cotisations, report de l’âge légal de départ à la retraite (objectif 67 ans en 2017). » Les auteurs de cette étude soulignent : « L’ensemble de ces réformes a conduit à une impressionnante montée des inégalités sociales. C’est un aspect souvent oublié du ‘modèle allemand’ et cela vaut donc la peine de donner quelques chiffres détaillés. L’Allemagne est devenue un pays très inégalitaire : un avant-projet de rapport parlementaire sur la pauvreté et la richesse |4| vient d’établir que la moitié la plus pauvre de la société possède seulement 1% des actifs, contre 53 % pour les plus riches. Entre 2003 et 2010, le pouvoir d’achat du salaire médian a baissé de 5,6 %. Mais cette baisse a été très inégalement répartie : – 12 % pour les 40 % de salariés les moins bien payés, – 4 % pour les 40 % de salariés les mieux payés |5|. Les données officielles montrent que la proportion de bas salaires est passée de 18,7 % en 2006 à 21 % en 2010 et cette progression des bas salaires – c’est à souligner – se fait pour l’essentiel en Allemagne de l’Ouest. »

Selon la même étude, en 2008, le nombre de salariés a augmenté de 1,2 million par rapport à 1999, mais cette progression correspond à une augmentation de 1,9 million du nombre d’emplois précaires, et donc à une perte d’un demi-million d’emplois CDI à plein temps. Un quart des salarié(e)s occupent aujourd’hui un emploi précaire, et cette proportion (la même désormais qu’aux États-Unis) monte à 40 % chez les femmes. « Les emplois salariés précaires sont majoritairement (à 70 %) destinés aux femmes |6|. La proportion de chômeurs indemnisés a chuté de 80 % en 1995 à 35 % en 2008 et toutes les personnes au chômage depuis plus d’un an ont basculé vers l’aide sociale ».

Comme le note Arnaud Lechevalier, cette évolution s’inscrit « dans un contexte plus général d’érosion de la protection des salariés par les conventions collectives : la part des salariés couverts a baissé de 76 % à 62 % en dix ans et ces conventions ne concernaient plus que 40 % des entreprises allemandes en 2008. De plus, les syndicats ont dû concéder de multiples dérogations aux conventions collectives de branche au niveau des entreprises » |7|
.

Les arrière-pensées des dirigeants et des patrons européens

Quand on tente d’expliquer l’attitude actuelle des dirigeants allemands face à la crise de l’Eurozone, on peut émettre l’hypothèse qu’une des leçons qu’ils ont tirées de l’absorption de l’Allemagne de l’Est au début des années 1990, c’est que les disparités très fortes entre travailleurs peuvent être exploitées pour imposer une politique pro-patronale très forte. Les privatisations massives en Allemagne de l’Est, les atteintes à la sécurité de l’emploi des travailleurs de l’ex-RDA combinée à l’augmentation de la dette publique allemande due au financement de cette absorption (qui a servi de prétexte pour imposer les politiques d’austérité) ont permis d’imposer des reculs très importants aux travailleurs d’Allemagne, qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest. Les dirigeants allemands actuels se disent que la crise de la zone euro et les attaques brutales imposées au peuple grec et à d’autres peuples de la Périphérie sont l’occasion d’aller encore plus loin et de reproduire d’une certaine manière à l’échelle européenne ce qu’ils ont fait en Allemagne. Quant aux autres dirigeants européens des pays les plus forts et aux patrons des grandes entreprises, ils ne sont pas en reste, ils se félicitent de l’existence d’une zone économique, commerciale et politique commune où les transnationales européennes et les économies du Nord de la zone euro tirent profit de la débâcle du Sud pour renforcer la profitabilité des entreprises et marquer des points en terme de compétitivité par rapport à leur concurrents nord-américains et chinois. Leur objectif, au stade actuel de la crise, n’est pas de relancer la croissance et de réduire les asymétries entre les économies fortes et les faibles de l’UE. Ils considèrent en outre que la débâcle du Sud va se traduire par des opportunités de privatisations massives d’entreprises et de biens publics à des prix bradés. L’intervention de la Troïka et la complicité active des gouvernements de la Périphérie les y aident. Le grand Capital des pays de la Périphérie est favorable à ces politiques car il compte bien lui-même obtenir une part d’un gâteau qu’il convoitait depuis des années. Les privatisations en Grèce et au Portugal préfigurent ce qui va arriver en Espagne et en Italie où les biens publics à acquérir sont beaucoup plus importants vu la taille de ces deux économies.

La volonté de faire baisser les salaires

Revenons à la question des salaires. Selon Michel Husson, en Allemagne, le coût salarial unitaire réel a baissé de près de 10 % entre 2004 et 2008 |8|
. Dans le reste de l’Europe, pendant la même période, il a également baissé mais dans une proportion bien moindre qu’en Allemagne. C’est à partir de la crise de 2008-2009, qui affecte durement l’Eurozone, que l’on constate une chute très nette des salaires réels des pays les plus touchés. C’est ce que souligne Patrick Artus : « On constate dans les pays en difficulté de la zone euro (Espagne, Italie, Grèce, Portugal) une forte baisse des salaires réels » |9|. Patrick Artus déclare que la baisse des salaires correspond à une politique délibérée des dirigeants européens et il ajoute que, de toute évidence, cette politique n’a ni permis de relancer l’investissement dans les pays mentionnés, ni de rendre plus compétitive les exportations des mêmes pays. Patrick Artus écrit que les effets favorables : « des baisses de salaires sur la compétitivité donc le commerce extérieur ou sur l’investissement des entreprises ne sont pas présents ». Il ajoute que la baisse de salaire a deux effets clairs : d’une part, elle a augmenté la profitabilité des entreprises (donc, en termes marxistes, une augmentation du taux de profit par une augmentation de la plus-value absolue, voir encadré « L’ABC sur la plus-value absolue et relative ainsi que sur le salaire ») ; d’autre part, elle a diminué la demande des ménages, ce qui a renforcé la contraction de l’économie |10|. Cette étude réalisée par Natixis vient confirmer que le but des dirigeants européens n’est ni de relancer l’activité économique, ni d’améliorer la position économique des pays de la Périphérie par rapport à ceux du Centre. La baisse des salaires vise à réduire la capacité de résistance des travailleurs des pays concernés, augmenter le taux de profit du Capital et pousser plus loin le démantèlement de ce qui reste du welfare state construit au cours des 35 années qui ont suivi la seconde guerre mondiale (période qui a été suivie par le tournant néolibéral de la fin des années 1970-début des années 1980).

Dans le Rapport mondial sur les salaires 2012-2013 publié par l’Organisation internationale du travail en décembre 2012, les auteurs relèvent que dans les pays développés entre 2008 et 2012, « 1es salaires ont enregistré un double creux » (càd en 2008 et en 2011) |11| . C’est la seule région du monde avec le Moyen Orient où les salaires ont baissé depuis 2008. En Chine, dans le reste de l’Asie, en Amérique latine, les salaires ont augmenté. En Europe orientale, ils ont connu une certaine récupération après l’effondrement des années 1990. Ce rapport permet de confirmer que l’épicentre de l’offensive du Capital contre le Travail s’est déplacé vers les pays les plus développés.

L’ABC sur la plus-value absolue et relative ainsi que sur le salaire |12|Lorsque l’ouvrier (ou l’ouvrière) commence à travailler à l’usine au début de sa journée, il incorpore une valeur aux matières premières (ou aux biens intermédiaires qu’ils assemblent). Au bout d’un certain nombre d’heures, il ou elle a reproduit une valeur qui est exactement l’équivalent de on salaire quotidien ou hebdomadaire. Si il ou si elle s’arrêtait de travailler à ce moment précis, le capitaliste n’obtiendrait pas un sou de plus-value mais dans ces conditions-là, le capitaliste n’aurait aucun intérêt d’acheter cette force de travail. Comme l’usurier ou le marchand du Moyen-âge, il « achète pour vendre ». Il achète la force de travail pour obtenir d’elle un produit plus élevé que ce qu’il a dépensé pour l’acheter. Ce « supplément », ce « rabiot », c’est précisément sa plus value, son profit. Il est donc entendu que, si l’ouvrier ou l’ouvrière produit l’équivalent de son salaire en 4 heures de travail, il ou elle travaillera non pas 4 mais 6, 7, 8 ou 9 heures. Pendant ces 2, 3, 4 ou 5 heures « supplémentaires », il ou elle produit de la plus-value pour le capitaliste en échange de laquelle il ou elle ne touche rien. L’origine de la plus-value, c’est donc du surtravail, du travail gratuit, approprié par le capitaliste. « Mais c’est du vol », va-t-on s’écrier. La réponse doit être : « oui et non ». Oui du point de vue de l’ouvrier ou de l’ouvrière ; non, du point du capitaliste et des lois du marché. Le capitaliste n’a en effet pas acheté sur le marché « la valeur produite ou à produire par l’ouvrier ou par l’ouvrière ». Il n’a pas acheté son travail, càd le travail que l’ouvrier ou l’ouvrière va effectuer (s’il avait fait cela, il aurait commis un vol pur et simple ; il aurait payé 25€ pour ce qui vaut 50€). Il a acheté la force de travail de l’ouvrier ou de l’ouvrière. Cette force de travail a une valeur propre comme toute marchandise à sa valeur. La valeur de la force de travail est déterminée par la quantité de travail nécessaire pour la reproduire, càd par la subsistance (ou sens large du terme) de l’ouvrier, de l’ouvrière et de leur famille. La plus-value prend son origine dans le fait qu’un écart apparaît entre la valeur produite par l’ouvrier/ière et la valeur des marchandises nécessaires pour assurer sa subsistance.La valeur de la force de travail a une caractéristique particulière par rapport à celle de toute autre marchandise : elle comporte, outre un élément strictement mesurable, un élément variable. L’élément stable, c’est la valeur des marchandises qui doivent reconstituer la force de travail du point de vue physiologique (qui doivent permettre à l’ouvrier ou à l’ouvrière de récupérer des calories, des vitamines, une capacité de dégager une énergie musculaire et nerveuse déterminée, sans laquelle il serait incapable de travailler au rythme normal prévu par l’organisation capitaliste de travail à un moment donné). L’élément variable, c’est la valeur des marchandises, à une époque et dans un pays déterminé, qui ne font pas partie du minimum vital physiologique. Marx appelle cette part de la valeur de la force de travail, sa fraction historico-morale. Cela veut dire qu’elle n’est pas fortuite. Elle est le résultat d’une évolution historique et d’une situation donnée des rapports de force entre le Capital et le Travail. A ce point précis de l’analyse économique marxiste, la lutte des classes, son passé et son présent, devient un facteur co-déterminant de l’économie capitaliste.Le salaire est le prix de marché de la force de travail. Comme tous les prix de marché, il fluctue autour de la valeur de la marchandise examinée. Les fluctuations du salaire sont déterminées notamment par les fluctuations de l’armée de réserve industrielle, càd du chômage.Pour obtenir le maximum de profit et développer le plus possible l’accumulation du capital, les capitalistes réduisent au maximum la part de la valeur nouvelle, produit par la force de travail, qui revient aux travailleurs et travailleuses sous forme de salaires. Les deux moyens essentiels par lesquelles les capitalistes s’efforcent d’accroître leur part, càd la plus-value, sont :La prolongation de la journée de travail, la réduction des salaires réels et l’abaissement du minimum vital. C’est ce que Marx appelle l’accroissement de la plus-value absolue.L’augmentation de l’intensité et de la productivité du travail sans augmentation proportionnelle du salaire. C’est l’accroissement de la plus-value relative.

Mise en perspective de l’offensive du Capital contre le Travail

Ce que vivent les salariés et les allocataires sociaux de Grèce, du Portugal, d’Irlande et d’Espagne aujourd’hui a été imposé aux travailleurs des pays en développement à la faveur de la crise de la dette des années 1980-1990. Au cours des années 1980, l’offensive a également visé les travailleurs en Amérique du Nord à partir de la présidence de Ronald Reagan, en Grande-Bretagne sous la férule de Margaret Thatcher, la Dame de fer, et chez ses émules sur le vieux continent. Les travailleurs de l’ex-bloc de l’Est ont également été soumis au cours des années 1990 aux politiques brutales imposées par leurs gouvernements et le FMI. Selon le rapport Rapport mondial sur les salaires 2012-2013 publié par l’OIT (mentionné plus haut) : « En Russie, par exemple, la valeur réelle des salaires s’est effondrée dans les années 1990 à moins de 40% de la valeur qu’ils avaient et il a fallu une autre décennie pour qu’ils retrouvent leur niveau initial » |13|
. Ensuite, d’une manière certes nettement moins brutale que celle qui a affecté les peuples du tiers-monde (des pays les plus pauvres jusqu’aux économies dites émergentes), l’offensive a pris pour cible les travailleurs d’Allemagne à partir de 2003-2005. Les effets néfastes pour une partie significative de la population allemande se font sentir encore aujourd’hui même si les succès des exportations allemandes |14| limitent le nombre de chômeurs et qu’une partie de la classe ouvrière n’en ressent pas directement les conséquences. L’offensive qui s’est accélérée depuis 2007-2008 a donc démarré au niveau mondial au début des années 1980 |15|. L’OIT centre son analyse sur une période plus courte (1999-2011) et les données sont claires : « Entre 1999 et 2011, l’augmentation de la productivité du travail moyenne dans les économies développées a été plus de deux fois supérieure à celle des salaires moyens. Aux Etats-Unis, la productivité du travail réelle horaire a augmenté de 85% depuis 1980, tandis que la rémunération horaire réelle n’a augmenté que de 35%. En Allemagne, la productivité du travail a augmenté de presque un quart sur les deux décennies écoulées tandis que les salaires mensuels réels n’ont pas bougé » |16|. C’est ce que Karl Marx appelait l’augmentation de la plus-value relative (voir encadré).

Et plus loin : « La tendance mondiale a entraîné un changement dans la distribution du revenu national, la part des travailleurs baissant tandis que les parts du capital dans le revenu augmentent dans une majorité de pays. Même en Chine, pays où les salaires ont approximativement triplé durant la décennie écoulée, le PIB a augmenté plus rapidement que la masse salariale totale – et la part du travail a donc baissé. » |17| Cette tendance lourde au niveau mondial est la manifestation de l’augmentation de la plus-value extraite du Travail par le Capital. Il est important de noter que pendant une bonne partie du 19e siècle la forme principale d’augmentation de la plus-value est passée par l’accroissement de la plus-value absolue (baisse des salaires, augmentation des heures de travail). Progressivement, dans les économies les plus fortes, au cours de la deuxième moitié du 19e s. et tout au long du 20e s. (sauf pendant le nazisme, le fascisme et sous d’autres régimes dictatoriaux qui ont imposé des baisses de salaires), elle a été remplacée ou dépassée par l’augmentation de la plus-value relative (augmentation de la productivité du travail sans que les salaires suivent dans la même proportion). Après plusieurs décennies d’offensive néolibérale, l’accroissement de la plus-value absolue redevient une forme importante d’extraction de la plus-value et s’ajoute à la plus-value relative. Alors que pendant des décennies, les patrons ont essentiellement augmenté la plus-value relative, principalement grâce aux gains de productivité du travail, depuis 2009-2010, ils parviennent à augmenter la plus-value absolue : en baissant les salaires réels et dans certains cas en augmentant le temps de travail. Ils utilisent la crise pour combiner l’augmentation de la plus-value relative à l’augmentation de la plus-value absolue. Cela donne une indication de l’ampleur de l’offensive en cours.

Toujours davantage de travailleurs dans le collimateur

Dans un document de la Commission européenne intitulé « Le deuxième programme économique d’ajustement pour la Grèce » et datant de mars 2012 |18|, il est clairement mis en évidence qu’il faut poursuivre la réduction des salaires. Le tableau 17 de la page 41 montre que le salaire minimum légal en Grèce est le quintuple du salaire minimum moyen en Roumanie et en Bulgarie (pays voisins de la Grèce), le triple de la Hongrie et des républiques baltes, plus du double du salaire minimum en Pologne et en République tchèque ; il est supérieur au salaire minimum en Espagne et au Portugal. L’objectif est de rapprocher la Grèce des pays où les salaires sont les plus « compétitifs », donc les plus bas. Evidemment, si les salaires poursuivent leur chute radicale en Grèce comme le veut la Troïka et le patronat, il faudra que les salaires en Espagne, au Portugal, en Irlande et aussi dans les pays les plus forts suivent la même tendance, et ce de manière accélérée.

Ceux qui sont aux commandes en Europe servent une logique grâce à laquelle les patrons européens parviennent à augmenter la quantité de plus-value qu’ils extraient du travail des salariés d’Europe et cherchent à marquer des points dans la bataille commerciale avec les concurrents asiatiques ou nord-américains.

Ces dirigeants sont prêts à pousser dans leur dernier retranchement les syndicats européens en réduisant fortement la marge de négociation dont ils ont disposé pendant des décennies.

Le Capital marque des points supplémentaires contre le Travail

Dans plusieurs pays de l’UE, au cours de leur offensive contre les conquêtes sociales, les gouvernants et la Commission européenne ont réussi à réduire radicalement la portée des conventions collectives interprofessionnelles. C’est le cas des pays de l’ex-bloc de l’Est, c’est aussi le cas de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Irlande… Dans plusieurs pays, ils ont également réussi à faire baisser le salaire minimum légal et le montant des retraites. Ils ont réussi à réduire radicalement la protection contre les licenciements et à augmenter l’âge de départ à la retraite.

L’aggravation de la crise des pays de la périphérie de la zone euro

Au cours de 2012, la crise s’est aggravée en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne, en conséquence des politiques d’austérité brutale appliquées par des gouvernants complices des exigences de la Troïka. En Grèce, la chute cumulée du PIB depuis le début de la crise atteint 20%. Le pouvoir d’achat d’une grande majorité de la population a baissé de 30 à 50%. Le chômage et la pauvreté ont littéralement explosé. Alors qu’en mars 2012, tous les grands médias ont relayé le discours officiel qui affirmait que la dette avait été réduite de moitié |19|, selon les estimations officielles rendues publiques fin octobre 2012, la dette publique grecque qui représentait 162% du PIB à la veille de la réduction de dette de mars 2012 atteindra 189% du PIB en 2013 et 192% en 2014 |20|
. Cette information ne fait pas partie des titres de la grande presse de masse. Au Portugal, les mesures d’austérité sont d’une telle violence et la dégradation économique est si grave qu’un million de Portugais ont manifesté spontanément le 15 septembre 2012, chiffre qui n’avait été atteint que le 1er mai 1974 pour fêter la victoire de la Révolution des œillets. En Irlande, dont les médias parlent beaucoup moins, le chômage a pris des proportions énormes, conduisant 182.900 jeunes âgés de 15 à 29 ans à quitter le pays depuis que la crise a éclaté en 2008 |21|. Un tiers des jeunes qui avaient un emploi avant la crise s’est retrouvé au chômage. Le sauvetage des banques a représenté jusqu’ici plus de 40 % du PIB (près de 70 milliards d’euros sur un PIB de 156 milliards en 2011) |22|
. Le recul de l’activité économique a atteint 20% depuis 2008. Le gouvernement de Dublin a réaffirmé qu’il supprimerait 37 500 postes de travail dans le secteur public d’ici 2015. En Espagne, le taux de chômage atteint 50% chez les jeunes. Depuis le début de la crise, 350.000 familles ont été expulsées de leur logement à cause des impayés de dette hypothécaire |23|
. En un an, le nombre de familles dont tous les membres sont sans emploi a augmenté de 300 000 pour atteindre un total de 1,7 million, soit 10% de toutes les familles d’Espagne |24|. La situation se dégrade de manière continue dans les pays de l’ancien bloc de l’Est membres de l’UE, à commencer par ceux qui ont adhéré à l’Eurozone.

En somme, partout dans le monde, le Capital s’est lancé dans une offensive contre le Travail. C’est en Europe que, depuis 2008, l’offensive prend la forme la plus systématique en commençant par les pays de la Périphérie. Alors que les banques (et le capitalisme en tant que système) sont les responsables de la crise, elles sont systématiquement protégées. Partout, le remboursement de la dette publique est le prétexte invoqué par les gouvernants pour justifier une politique qui s’en prend aux droits économiques et sociaux de l’écrasante majorité de la population. Si les mouvements sociaux et, parmi eux, les syndicats veulent victorieusement affronter cette offensive dévastatrice, il faut prendre à bras le corps la question de la dette publique afin d’enlever au pouvoir son argument principal. L’annulation de la partie illégitime de la dette publique et l’expropriation des banques pour les intégrer à un service public de l’épargne et du crédit sont des mesures essentielles dans un programme alternatif à la gestion capitaliste de la crise.

Fin de la troisième partie

 

Éric Toussaint

 

Notes

|1| Voir Le Monde des 22 et 23 janvier 2012 sur la base d’Eurostat.

|2| En Allemagne, en septembre 2010, selon Le Monde du 17 mai 2011, 7,3 millions de travailleurs gagnaient à peine 400 euros par mois. Dans ce pays, le nombre de travailleurs à temps partiel a augmenté de 46% entre 2000 et 2010 tandis qu’en France il augmentait de 17%.

|3| OCDE, International Trade by Commodity Statistics (SITC Revision 3) mentionné dans ATTAC et Fondation Copernic, En finir avec la compétitivité, Paris, octobre 2012,http://www.france.attac.org/article…

|4| Lebenslagen in Deutschland. Entwurf des vierten Armuts- und Reichstumsberichts der Bundesregierung, projet du 17 septembre 2012, http://gesd.free.fr/arb912.pdf

|5| Karl Brenke et Markus M. Grabka, « Schwache Lohnentwicklung im letzten Jahrzehnt », DIW Wochenbericht, n° 45, 2011, http://gesd.free.fr/brenke11.pdf

|6| Source : destatis.de (Office fédéral allemand de statistique).

|7| Arnaud Lechevalier, « Un modèle qui ne fait guère envie », Alternatives économiques, n° 300, mars 2011, http://gesd.free.fr/allmodel.pdf cité par ATTAC et Fondation Copernic

|8| Voir Michel Husson, Economie politique du « système-euro », juin 2012,http://cadtm.org/Economie-politique… ou http://hussonet.free.fr/eceurow.pdf

|9| Patrick Artus, « La baisse des salaires dans les pays en difficulté de la zone euro est-elle utile ? », Flash Economie n°289, 18 avril 2012.

|10| Patrick Artus : « il ne reste que les effets sur la demande des ménages, d’où une forte contraction de l’activité dont le seul effet positif est de réduire le déficit extérieur » (puisque les importations diminuent). Par ailleurs Patrick Artus montre avec des graphiques à l’appui que la profitabilité des entreprises a augmenté dans les 4 pays étudiés

|11| OIT, Rapport mondial sur les salaires 2012-2013, Genève, décembre 2012,http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/pu…

|12| Le contenu de cet encadré consiste en une utilisation libre et arrangée d’extraits de Ernest Mandel, Introduction au marxisme, Edition Formation Léon Lesoil, Bruxelles, 2007, p. 59, p. 68, p. 66 et 67.

|13| OIT, Rapport mondial sur les salaires 2012-2013, Genève, décembre 2012

|14| L’Allemagne a connu une croissance économique portée par ses exportations alors que la plupart de ses partenaires de l’UE et, en particulier, de la zone euro ressentent durement la crise. Vu que dans toute l’UE, on assiste à la baisse de la demande des ménages décrite plus haut, à laquelle s’ajoute une réduction de la demande publique, les débouchés pour les exportations allemandes se réduisent nettement. L’effet boomerang sur l’économie allemande est déjà en cours.

|15| Voir Eric Toussaint, « Au Sud comme au Nord, de la grande transformation des années 1980 à la crise actuelle », septembre 2009.

|16| OIT, Rapport mondial sur les salaires 2012-2013, Résumé analytique, Genève, décembre 2012, p. VI-VII

|17| OIT, Rapport mondial sur les salaires 2012-2013, Résumé analytique, Genève, décembre 2012, p. VII. Le même rapport souligne également l’augmentation de l’écart entre les salaires les plus élevés et les salaires les plus bas dans chaque pays.

|18| Voir European Commission, Directorate General Economic and Financial Affairs, “The Second Economic Adjustment Programme for Greece”, Mars 2012, http://ec.europa.eu/economy_finance…

|19| Le CADTM a dénoncé dès le départ l’entreprise de propagande de la Troïka et du gouvernement grec. Voir « Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés », publié le 10 mars 2012. Voir également Christina Laskaridis, « La Grèce a déjà fait défaut aux conditions des créanciers ; leur crainte est de voir celle-ci imposer ses propres conditions », publié le 31 mai 2012.

|20| Financial Times, 1er novembre 2012, première page.

|21| Financial Times, 1 octobre 2012.

|22| Financial Times, 29 décembre 2011, p. 2.

|23| Miles Johnson, « Suicides spark call for Madrid to halt evictions by banks », Financial Times, 13 novembre 2012, p. 2.

|24| Tobias Buck, « Spain’s deepening lack of hope takes its toll », Financial Times, 6 novembre 2012, p. 4.

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Van Rompuy : « Cameron pourrait provoquer la dissolution de l’UE »

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Le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy a averti que l’attitude du Premier ministre britannique David Cameron peut mettre l’UE en danger.

Les tentatives du Premier ministre britannique David Cameron pour récupérer des pouvoirs aux dépens de l’Union européenne pourraient causer la dissolution du bloc des 27, a déclaré le président du Conseil européen Herman Van Rompuy.

M. Cameron, qui subit les pressions des « eurosceptiques » de son parti conservateur, avait déclaré le mois dernier qu’il soutenait l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE, mais qu’il voulait « un nouvel accord » qui comporte une procédure de non-participation sur des problèmes clés.

« Si chaque Etat-membre avait la possibilité de trier dans les politiques actuelles pour prendre celles qu’il préfère et rejeter celles qu’il aime le moins, l’Union en général et le marché unique en particulier se déliteraient rapidement », a déclaré M. Van Rompuy au quotidien The Guardian.

« Tous les États membres peuvent avoir – et exprimer – des requêtes particulières et des besoins, et ceux-ci sont toujours pris en considération dans nos délibérations », a-t-il ajouté.

Mais selon M. Van Rompuy, les changements dans les traités européens proposés par M. Cameron pour s’en dégager impliqueraient des « procédures longues et pesantes », exigeant l’unanimité des 27.

Les sondages montrent que les Britanniques préféreraient de plus en plus une sortie complète de l’UE qui est perçue comme une institution intervenant dans les affaires internes du pays et dilapidant des fonds, alors que le pays est soumis à l’austérité.

Mais le Premier ministre britannique a jusqu’ici évité de proposer clairement un référendum pour ou contre une sortie de l’UE, malgré les pressions de son parti en faveur d’une position claire sur la question.

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