27.01.2012
Samedi 11 février, à Paris, conférence de Synthèse nationale sur l'évolution de la Droite nationale entre 1968 et 2012 à l'occasion de la sortie du nouveau livre d'Anne Kling...

Invitation :
Samedi 11 février 2012
de 14 h 30 à 18 h 00
Espace Dubail
(18, passage Dubail - Paris Xe)
Conférence de Synthèse nationale
1968 - 2012 : L'EVOLUTION DE LA DROITE NATIONALE...
Avec :
Roland Hélie, Directeur de Synthèse nationale :
Histoire du mouvement national depuis 1968.
Jérôme Bourbon, Directeur de Rivarol :
La situation politique actuelle et la Droite nationale.
Thomas Joly, Secrétaire général du Parti de la France :
Les perspectives et l'avenir de la Droite nationale.
Pierre Vial, Président de Terre et peuple :
Combat culturel et combat politique
Anne Kling, Ecrivain :
Le FN, tout ça pour ça.
Robert Spieler, Délégué général de la Nouvelle Droite Populaire,
présentera et conclura cette conférence.
Participation :
10,00 € (5,00 € pour les étudiants et les chômeurs)
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Deux grands rendez-vous avec la Droite nationale...
Samedi 11 février,
15 h 18 h, à Paris :
Conférence publique de
Synthèse nationale
Samedi 3 mars,
de 14 h 30 à 18 h 30, à Paris
Grande réunion nationale de soutien
à la candidature de Carl Lang
à l'élection présidentielle
organisée par
l'Union de la Droite Nationale
Retenez ces dates, venez nombreux...
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Samedi 28 janvier, Robert Spieler prendra la parole à la réunion des Amis de Rivarol à Paris...
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LA VÉRITABLE GENÈSE – ET L'ÉVANGÉLIE SCANDINAVE
1.
Tout le monde connaît l'histoire d'Adam et Eve et du Paradis perdu. Bien moins connaissent le récit de la fin du monde – du Ragnarökr, du « Crépuscule des Dieux » – selon la mythologie nordique (ce qui est dommage car, on le verra, cette prophétie est de la plus haute actualité!). Et très peu savent, enfin, que finalement les deux récits ne font qu'un ; de toute façon moi, j'en ai fait la « découverte » tout seul – et tout étonné, je vous le jure! Cependant, la chose me paraît suffisamment importante pour que je me hâte de la partager avec tous les « hommes de bonne volonté ».
2.
On sait que la christianisation des peuples scandinaves a été facilitée par certaines correspondances étranges entre la mythologie ancestrale nordique et l'imaginaire chrétien. Aussi le dieu suprême Wotan (Odinn, dans le texte) s'est-il auto-crucifié pour atteindre la plus haute sagesse, et la mort et la résurrection du dieu « blanc » et innocent Balder rappellent curieusement le destin du Christ, aussi bien que le drame du très populaire Saint-Sébastien. Hasard ou providence divine ? Ici, nous allons envisager une troisième hypothèse, à savoir l'existence d'une sous-strate de mythologie indo-européenne dans le texte biblique lui-même. Donc, bien plus qu'une certaine modernité grecque chez Saint-Paul, nous allons découvrir la présence des éléments de religion européenne dans l'Ancien Testament même – et cela depuis la toute première page.
Je propose alors une lecture « lente », attentive, des trois premiers chapitres du livre de la Genèse (b'reshit, en hébreu), en signalant un par un les correspondances remarquables que j'y ai trouvées, sans oublier d'indiquer en particulier celles que je considère comme des véritables preuves de notre « troisième hypothèse ».
3.
Certes, tous les mythes de création se ressemblent, pour des raisons logiques inéluctables: « D'abord, il n'y avait rien (ou le chaos, ou le vide, ou la nuit), puis le monde fut ! ». Pour établir un rapport de fait entre deux « corpus » de ce genre, il faut par conséquent savoir faire la distinction entre ce qui ne saurait être autrement (pour des raisons logiques, physiques, voire astronomiques) et ce qui a priori semble superficiel et « arbitraire » – ce dernier devenant, paradoxalement, bien plus « essentiel » (pour notre enquête) que les idées supposées « universelles » qui ne sont en réalité que de simples contraintes narratives.
Aussi le fait que la Genèse biblique commence par le « chaos » (tohu-bohu, en hébreu) ne prouve-t-il strictement rien: ce serait le cas de toute cosmogonie, en tout temps. Cependant, le texte biblique (Genèse 1.2) parle en particulier d'un abîme et cette fois il rejoint effectivement, au niveau de l'imaginaire, la mythologie nordique selon laquelle le monde fut créé au-dessus d'un gouffre (gap, en vieux nordique). Encore une fois: que la création présuppose le rien, est logique; que ce rien prenne la forme particulière d'un gouffre, peut être signifiant. Je remarque toutefois que la correspondance en question se fait uniquement au niveau du sens: le nom de l'abîme hébreu t'hôm n'a aucun rapport immédiat avec le nom de l'abîme nordique Ginunga-gap (pour le sens, voir ci-dessous). Autrement dit, il n'y a (à quelques exceptions près, à examiner par la suite) aucune parenté linguistique entre les deux « textes ».
4.
En Genèse 1.5, nous lisons pour la première fois la formule « Et le soir fut, et le matin fut... », preuve que pour l'auteur de ce texte, le jour commence le soir – ou bien, si vous préférez, que la nuit précède le jour. On y voit souvent un trait original – oriental, mais cela est tout simplement faux. Les auteurs romains (César, Tacite) sont très clairs : et les Gaulois et les Germains considérèrent que le jour commence le soir. Pourquoi donc cette bizarrerie ? L'explication, quoique simple, ne se devine pas : en réalité, c'est le mois qui commence le soir, parce que – pour les anciens, toujours enracinés dans le monde réel – le mois commence avec la nouvelle lune, et la nouvelle lune n'apparaît que le soir, juste après le coucher du soleil. Évidemment, si le mois commence le soir, le premier jour du mois commence ce soir même, donc le jour en général commence le soir. C'est une définition technique qui s'imposa aux premiers astronomes. Or, justement, nous savons – au moins depuis la découverte, en 1991, de l'Observatoire de Goseck (près de la ville actuelle de Magdebourg, mais 5 000 ans avant notre ère) – que les premiers astronomes furent Européens. La formule biblique « et le soir fut, et le matin fut... (waihi °æræb waihi boqær) » exprime donc une notion indo-europénne : la Gylfaginning – cette synthèse de la cosmogonie nordique faite par Snorri Sturluson au XIIIème siècle – dit clairement que la Nuit précède le Jour.
En revanche, la cosmogonie scandinave n'évoque pas les sept jours de la semaine, – tout au plus Buri, l'aïeul des dieux, fut-il créé en trois jours. Il semble en effet bien plus probable que l'articulation biblique de la création en sept jours soit une ratiocination après coup, pour impressionner les croyants. Osons étayer cette hypothèse d'une démonstration rigoureuse: (a) dans le texte de la Genèse, chaque jour de la création (sauf, comme par oubli, le deuxième) est pour ainsi dire « signé » par la phrase « Et Dieu vit que c'était bon »; (b) or, le sixième jour, ayant créé les animaux vivants etc., Dieu « vit que c'était bon » (Genèse 1.26), puis il crée l'homme à son image, puis il revoit toute la création et re-dit que c'est bon (Genèse 1.31); (c) donc ou bien l'homme fut créé un 6ème jour bis, pour ainsi dire comme « bonus », ou bien – plus probablement – il fut d'abord créé le septième jour, cerise sur le gâteau, puis relégué, lors d'une rédaction ultérieure du texte, au sixième jour, pour sauvegarder l'orthodoxie du shabbath. Tout cela nous montre bien qu'il n'y a aucun rapport intrinsèque entre la création et les sept jours de la semaine (qui, d'ailleurs, n'a rien d'obligatoire en soi: la semaine romaine, par exemple, en comprenait huit).
5.
En Genèse 1.9, Dieu crée la terre. Il faut bien rendre compte de l'existence de la terre, c'est sûr; la question est: comment la définir ? Par opposition au ciel, par exemple, comme en Genèse 1.1, ou par rapport au chaos, au vide, au noir, comme en Genèse 1.2 ? Ici, la terre est définie, elle, par opposition aux eaux : « Que les eaux … se rassemblent à un seul endroit et que le sec apparaisse ! ». La terre est donc identifiée au sec, – or cette définition-identification est proprement indo-européenne : le mot même terre (du latin terra) signifie « sec » (cf danois tør, anglais dry). Comme nous l'avons déjà anticipé, il n'y a ici aucun rapport avec le mot hébreu (une racine YBŠ), mais en ce qui concerne le sens, il est indiscutable que le texte biblique fait ici écho à une conception indo-européenne de la terre.
6.
Quant au Soleil, à la Lune et aux Étoiles, il est normal de les nommer dans cet ordre, comme le fait Genèse 1.14-17, ainsi que l'ancien texte nordique Völuspa.
De même, le fait que la Genèse et la Völuspa soulignent, à même titre et avec pratiquement les mêmes mots, qu'au début « aucune herbe ne poussait » (Genèse 2.5) – en vieux nordique:
Mais nulle herbe (gras ekki) ne poussait –
ne nous oblige à aucune conclusion, étant donné l'intérêt universel de cette chose qui se trouve à la base de la chaîne alimentaire.
En revanche, lorsque le texte biblique affirme qu'« une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol » (2.6), cela ne peut pas ne pas nous rappeler le nom du pays des dieux scandinaves: Niflheim = « la Maison de la Brume ». Niflheim est le monde du Nord, vivable tant pour les dieux que pour les hommes, – par opposition à Muspelheim, le monde du Sud, où règnent le feu et la chaleur et qui de ce fait est inaccessible même aux dieux. À cet égard, il faut remarquer que le mot biblique ('ed ) que l'on traduit par « vapeur » est extrêmement rare : on ne le retrouve qu'une seule fois ailleurs, dans le livre de Job (36.27), sous la forme 'edû. Cela permet l'hypothèse que ce n'est pas un vrai mot hébreu, voire qu'il s'agit d'un emprunt à l'indo-européen, en l'occurrence de la racine *dhûmos (qui a donné le danois damp « vapeur » ainsi que le français fumée), probablement par l'intermédiaire du sumérien DUNGU « nuage ».
Mais même s'il n'en est rien, la question reste : pourquoi ce mot rarissime à ce moment précis ? On pourrait penser à une allusion au nom du jardin biblique qui sera énoncé pour la première fois peu après (Genèse 2.8): Eden – qui signifierait dans ce cas « lieu de vapeur ». Or cela n'est pas possible, car Eden s'écrit en hébreu avec une autre consonne initiale (perdue dans la traduction): °edæn, par opposition à 'ed (en fait, c'est un autre mot sumérien: EDEN « plaine herbue »). Tant mieux, car la vraie explication – qui tient compte de ces subtilités de l'écriture – est encore plus excitante: nous voilà enfin arrivés à la création de l'homme – par l'humidité !
Il semble en effet que l'on ait lu un peu vite, et pas assez attentivement, le passage où l'homme est fait de « poussière ». On oublie que la montée de la « vapeur » eut lieu immédiatement avant et qu'elle était donc sans doute une condition nécessaire à la création de l'homme. Relisons le texte (Genèse 2.6-7), en notant les mots hébreux les plus importants en écriture consonantique (les voyelles étant tellement secondaires dans les langues sémitiques que le plus souvent elles ne s'écrivent pas – et de toute façon pas à l'époque) ; relisons le texte, dis-je, le texte, en prêtant attention au jeu des consonnes:
Et voilà qu'une vapeur ('D) montait de la terre ('RS) et arrosait toute la surface du sol ('DMH). Et Dieu façonna l'homme ('DM) avec la poussière (°PR) de la terre ('DMH).
'DM se prononce, on le sait, 'Adam: c'est le nom de l'Homme. Pourquoi s'appelle-t-il ainsi ? Le texte répond, selon l'interprétation courante : parce qu'il est créé avec de la terre : 'DMH, à prononcer 'adamâ. C'est sans doute ce que veut insinuer le texte, mais en réalité nous ne savons pas (du point de vue strictement scientifique de la comparaison des langues sémitiques) s'il y a un vrai rapport étymologique entre les deux. On évoque souvent le mot 'adom « rouge », mais justement les Hébreux n'étaient pas des peaux-rouges, que l'on sache ! Dans ce cas, le récit serait plutôt d'origine éthiopienne, car les Éthiopiens racontent – assez joliment, d'ailleurs – la création des hommes comme suit :
Lorsque Dieu créa les hommes, il les mit au four. Or la première fois, il les a laissés trop cuire : ils sont devenus noirs ; ce sont les Nègres. La deuxième fois, il ne les a pas laissé cuire assez : ils sont devenus pâles ; ce sont les Arabes. La troisième fois, cependant, il les a laissé cuire juste le temps qu'il fallait: ils sont devenus rouges; ce sont les Éthiopiens.
Nous proposons toutefois de suivre une autre piste : si l'on admet volontiers le rapport (toujours possible) entre 'DM « homme » et 'DMH « terre », comment ne pas voir celui entre 'DM et 'D « vapeur »? Si le texte explique le nom de l'Homme – Adam – comme « celui de la terre », ne l'explique-t-il pas en même temps comme « celui de la vapeur »? Et ne serait-ce pas là la raison pour l'occurrence exceptionnelle du mot 'D ? Cela est plus que possible : c'est plausible. Quant à la « poussière », le mot hébreux °PR désigne tout ce qui n'est pas rocher, pierre, caillou – c'est-à-dire le sable et la poussière, mais aussi ce mélange de « poussière » et d'eau qu'est l'argile (dont on connaît l'importance, en tant que matière première, en Mésopotamie). Rien en effet de plus naturel que de façonner de la « poussière » une fois trempée ; il suffisait « qu'une vapeur montât et arrosât toute la surface du sol ».
Or, les deux définitions de l'homme que nous venons de citer sont, toutes les deux, indo-européennes !
Pour la définition de l'homme par la terre, elle reste manifeste dans les langues romaines: latin homo « homme » et humus « terre » (cf. « exhumer » etc.) sont visiblement issus de la même racine. Cela dit, le lien entre « homme » est « terre » est assez universel pour que cette coïncidence ne doive pas nous étonner outre mesure.
Pour la définition de l'homme par l'humidité, par contre, il faut chercher vers la mythologie scandinave. Dans la Gylfaginning, un homme et une femme sont nés de l'aisselle gauche du géant Ymir endormi. Cette image nous laisse d'abord perplexe (même si nous savons que pour l'augure romain, tourné vers le sud, le côté gauche est celui du Soleil levant), mais en réalité elle ne fait que répéter, en termes plus anthropomorphiques, la « naissance » d'Ymir lui-même qui, cette fois, est un processus purement physique et expliqué comme tel. La création a lieu dans l'abîme Ginnungagap, puisque s'y rencontrent l'air chaud issu de Muspelheim et le givre de Niflheim:
Lorsque le souffle d'air brûlant rencontra le givre, celui-ci se mit à fondre et dégoutta. De ces gouttes ruisselantes jaillit alors la vie sous l'action de la source de chaleur, et une forme humaine [= Ymir] apparut.
On a le droit de s'émerveiller ici – non seulement devant l'imagerie sublime, mais surtout devant le fait que ce texte antique explique l'origine de la vie par une véritable théorie scientifique : il a fallu attendre la fin du XXème siècle pour que la science moderne retrouve cette connaissance profonde, sous les noms de « morphogenèse » (René Thom) ou de « structures dissipatives » (Ilya Prigogine). La science moderne pense en effet que l'organisation d'un « système complexe » – tel qu'un être vivant – présuppose une situation d'extrême déséquilibre thermo-dynamique – exactement comme celle que nous venons de constater dans le Ginnungagap.
Du point de vue philologique, signalons que Ymir signifie « jumeau », ce qui implique déjà l'idée de la reproduction et du couple : dans les Védas, le premier couple humain s'appelle Yama et Yami. Plus étonnant: le thème des jumeaux est toujours présent dans le texte hébraïque, quoique dissimulé sous la forme d'un « jeu de mots »: le nom de l'abîme t'hôm – dont on a cherché l'origine en Babylone – n'est en réalité qu'une légère déformation (« anagramme ») du mot tô'amîm « jumeaux » ! Il en va de même, sans doute, pour l'expression tohu-bohu que l'on traduit à l'improviste par « vide » ou « confusion », mais qui est tout simplement une autre variation sur le thème, cette fois sous forme de « mot-jumeau ». – Au niveau du sens, cependant, c'est une vraie trouvaille, car nous comprenons alors que l'abîme va, si j'ose dire, de pair avec les jumeaux : s'il y a les Deux, il y a aussi l'Entre-Deux (le gap, l'abîme) – et inversement.
7.
Nous admettons donc que les anciens du Nord ont compris et expliqué l'origine de la vie en termes on ne peut plus propres, mais qu'en même temps leur imagination poétique a permis d'exprimer ce savoir en termes métaphoriques ou anthropomorphiques (nous interpréterons la présence du serpent au Paradis de la même façon). Mais ce n'est pas tout ! Car cette histoire de l'aisselle du géant va nous permettre de décrypter un passage biblique qui autrement resterait incompréhensible. Selon Genèse 2.21-22, Dieu créa la femme en faisant tomber « un profond sommeil sur l'homme », puis il en enleva une côte pour façonner, de cette matière osseuse, la femme. Est-ce une image qui nous frappe par sa beauté ou son symbolisme ? C'est-à-dire... Est-ce qu'elle admet une explication naturelle ? Est-ce que, par exemple (tout néophyte a dû se poser ces questions !), l'homme n'a pas le même nombre de côtes à gauche qu'à droite, ou pas le même nombre que la femme ? Pas du tout. – En revanche, la mythologie comparée éclaire tout : le sommeil d'Adam est le sommeil d'Ymir-Yama, et la côte est venue remplacer (par métonymie) l'aisselle parce que l'auteur du texte hébreu ne comprend plus le fond thermo-dynamique de l'histoire ; il pense peut-être que l'aisselle est moins sublime que la côte, il craint l'odeur et préfère une version expurgée – et par-là même dépourvue de sens !
Cette fois, nous sommes très proches de la preuve que le récit biblique est en effet dérivée d'une source nordique – ou, si l'on préfère, d'une source indo-européenne antérieure. Il ne s'agit plus simplement de correspondances et de coïncidences qui risquent toujours d'être ou bien inévitables ou bien dues au plus pur des hasard ; il s'agit d'éléments du récit biblique qui sont demeurés incompréhensibles malgré plus de 2 000 ans d'exégèse – et qui tout d'un coup s'éclairent ! Les exégètes n'ont pas cherché les clefs là où, depuis toujours, elles se trouvaient ! Obnubilés par l'opposition supposée absolue du paganisme européen et de la « lux ex oriente », les savants de la chrétienté ont préféré fouiller Babylone et Ougarit ; ils ont déchiffré toutes les langues barbares ; ils ont radiographié tous les papyrus, – ils n'y ont toujours pas trouvé le « missing link ». Ils ne savaient pas qu'ils tenaient déjà la réponse – dans leur propre tradition ancestrale que pourtant ils méprisaient (et ignoraient) parce que païenne et donc à peine humaine.
8.
Revenons donc à la création de l'homme. Ayant façonné celui-ci avec de la « poussière » trempée, Dieu lui « insuffle un souffle de vie par les narines » (Genèse 2.7). Rien d'étonnant que la même chose ait lieu dans la cosmogonie scandinave et que ce soit le dieu suprême Wotan qui donne « le souffle et la vie » au premier homme – comme à la première femme, d'ailleurs, car dans le récit nordique l'homme n'est pas antérieur à la femme (comment le serait-il ?). Il est vrai que les premiers êtres humains du Nord ne sont pas faits de « poussière », mais de bois – question de tradition artisanale régionale (du reste, les deux morceaux de bois dont ils sont façonnés ont été trouvés par leur créateur sur la plage : nous sommes donc toujours près de l'eau !). L'homme et la femme nordiques s'appellent Askr et Embla. Askr est le frêne – nous y reviendrons; quant à Embla, l'on a proposé de l'identifier avec la vigne (vieux haut allemand embila), ce qui est très intéressant – vu que le nom sumérien de la vigne GESTIN semble signifier « arbre de la vie » : serait-il possible que les deux arbres du récit biblique s'identifient ainsi à Askr et Embla, au premier couple humain ? Décidément nous ne sommes pas au bout de nos surprises !
Pour le moment, il suffit de remarquer que le Dieu suprême des Scandinaves, au moment où il insuffla le souffle de la vie au premier couple, n'était pas seul. Ils étaient trois frères divins – Wotan, Vili et Vé : Wotan donna le souffle et la vie, Vili l'intelligence et le mouvement, Vé la forme et les sens. Cela correspond assez bien aux célèbres « trois fonctions » de Dumézil, mais qu'en est-il en ce qui concerne le texte biblique ? – Constatons d'abord que dans cette version, Dieu refuse explicitement de donner l'intelligence à l'homme: « Tu ne mangeras pas le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal... » (Genèse 2.17). Plus tard, le malin serpent va proposer une théorie pour expliquer ce qui doit d'abord nous étonner : pourquoi diable Dieu veut-il créer un homme débile ? - mais ne soyons pas méchants. Plus sérieusement, nous voyons encore une fois que le récit nordique nous offre une clef pour résoudre les éternels mystères de la « révélation » chrétienne. Car le dieu biblique apparaît lui aussi en pluriel ! Déjà en Genèse 1.1, Dieu s'appelle 'elohîm, ce qui est formellement, en hébreu, un pluriel du mot 'el: « un dieu ». Pire: plus tard, par exemple dans le passage de Genèse 2.7 que nous avons traduit ci-dessus, il reçoit un nom supplémentaire : par « Dieu » nous avons rendu le double nom YHWH 'elohîm. On explique cela par une vague référence à quelque polythéisme primaire qu'heureusement les Hébreux auraient surmonté. Nous, nous proposons d'être beaucoup plus précis: « Dieu » est au pluriel dans le texte biblique parce que celui-ci est une version transformée d'un récit plus ancien où le monde fut créé par une trinité divine originaire. Cette trinité n'a d'ailleurs pas été complètement effacée par la rédaction monothéiste du texte ; aussi en Genèse 18.2 Abraham reçoit-il la visite de « trois hommes » – qu'il reconnaît immédiatement comme « mon Seigneur » ; les chrétiens, bien sûr, n'ont pas hésité à y voir une anticipation de la Trinité telle qu'elle fut mise en place par le Concile de Nicée en 325 !
9.
Cela dit, l'apparition d'une trinité divine au bord du Ginnungagap a quelque chose de surprenant... On pourrait penser – et certains l'ont pensé – que de telles coïncidences doivent s'expliquer par le fait que Snorri Sturluson, au XIIIème siècle, fût déjà sous l'influence du christianisme. Après tout, n'est-ce pas, la Bible est beaucoup plus ancienne que la Gylfaginning ! C'est exact, mais cela concerne l'ancienneté des manuscrits – et non de ce dont ils traitent : la grande épopée de la mythologie finnoise – la Kalevala – ne fut éditée qu'en 1835 ; elle n'est pas pour autant postérieure aux Caprices de Marianne !
Seule l'analyse comparative peut décider de l'ancienneté de telle tradition par rapport à telle autre. Certes, si la tradition A présuppose la tradition B, B est forcément antérieure, plus « originale » ; ce qui complique la chose, est qu'il y a plusieurs modalités de « présupposition » – dont certaines assez tordues ! Si A cite, approuve ou condamne B, tout va bien : B est plus ancienne, et A l'admet. Mais A peut aussi faire semblant d'ignorer l'existence même de B, pour des raisons plus ou moins avouables : elle peut sincèrement vouloir s'établir à son compte, ou elle peut tacitement exploiter l'héritage de B, tout en prétendant en être l'auteur. Dans ce cas, nous pouvons soupçonner – à la manière de Freud – une dépendance « refoulée » de A par rapport à B, mais nous ne pouvons le savoir qu'en faisant appel à une troisième tradition C, c'est-à-dire par la comparaison. C'est grâce à elle qui nous échappons (Dieu merci !) au labyrinthe de miroirs psychanalytiques, à l'interminable jeu de soupçon et d'illusion.
La trinité est un bel exemple. Un seul trait suffit pour nous assurer que la « trinité » de la mythologie scandinave ne soit d'aucune façon dérivée de celle du christianisme : quelques vers qui racontent, de manière tout à fait anecdotique, qu'à la faveur d'un voyage prolongé de Wotan, ses deux frères, Vili et Vé, partageaient sa femme Frigg. Car si un tel épisode n'est guère au goût du christianisme, il trouve son pendant exact dans l'épopée indienne du Mahâbhârata : dans l'histoire – chère à Wikander et Dumézil – des frères tri-fonctionnels Pândava (l'un des frères part en voyage et ramène une femme qu'il sera ensuite obligé de partager avec ses frères, - le fait qu'un tel ménage soit aussi contraire aux mœurs de l'Inde qu'à celles de la Scandinavie, ne fait qu'accentuer l'intérêt de cet épisode). La conclusion est sans appel : si nous trouvons la même anecdote en Islande et au nord du Gange, c'est qu'elle fait partie de l'héritage indo-européenne commun et qu'elle était donc racontée à une époque où la langue hébraïque n'existait même pas.
10.
Après ce discours de la méthode, revenons au texte. En Genèse 2.9, l'arbre de la vie est mis « au milieu du jardin »; sans surprise, l'arbre cosmique des Scandinaves – le frêne Yggdrasil – se trouve également au centre de Niflheim, au « sanctuaire des dieux ». Les deux arbres ont plusieurs traits en commun – notamment la présence d'un serpent sur lequel nous reviendrons. Sous les racines d'Yggdrasil se trouve une source qui donne naissance à douze fleuves ; dans Genèse 2.10 il ne s'agit que de quatre fleuves, mais cette nuance est mineure, car de toute façon le géant Ymir se nourrissait de quatre « fleuves » de lait. On peut penser (mais point prouver) que les douze fleuves correspondent aux douze constellations du zodiaque, et les quatre fleuves, bien entendu, aux quatre points cardinaux.
Plus étonnant est la présence de tout un bestiaire autour d'Yggdrasil. À son sommet, dans les branches, un aigle (doublé d'un faucon) et quatre cerfs qui en broutent les jeunes pousses (leurs noms semblent en effet indiquer qu'elles symbolisent en quelque sorte le temps qui passe) ; à sa base le serpent Nidhoggr qui en ronge les racines ; enfin, circulant sur le tronc, l'écureuil Ratatoskr qui « transmet les paroles haineuses que s'échangent l'aigle et le serpent ». Bref, l'arbre Yggdrasil est un véritable microcosme où tout le drame du monde se répète.
De tout ce zoo, il ne reste dans le récit biblique que le serpent – avec juste l'indication qu'il n'était pas seul : « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux... » (Genèse 3.1). Cependant, nous avons le droit d'admettre que ce n'est pas par hasard que le serpent biblique se mêle de l'histoire du fruit défendu : il y a un rapport, osons le mot, beaucoup plus serré entre l'arbre et le serpent ! Dans les plus anciennes versions sumériennes de l'épopée de Gilgamesh, en effet, le serpent s'est déjà installé aux racines (UR) de l'arbre sacré nommé halub (à reprocher du nom de l'un des arbres sacrés des indo-européens: *grab- « chêne »). Dans ce récit, d'ailleurs, la déesse INANA trouve l'arbre au bord de l'eau (de l'Euphrate) – tout comme la trinité des dieux nordiques trouvèrent Ask et Embla au bord de la mer ; faut-il préciser, encore une fois, que l'existence même de cette version intermédiaire et bien plus ancienne que la Bible exclut l'hypothèse que le serpent Niddhoggr soit un simple emprunt au christianisme ?
L'origine de cette association entre arbre et serpent est bien plus profonde : vu l'importance cosmologique d'Yggdrasil (« ses branches s'étendent au-dessus du monde entier et dominent le ciel »), nous pensons que si l'arbre correspond à l'axe de l'univers (c'est-à-dire à l'axe de rotation de la Terre, vue depuis la Terre), le serpent correspond à l'écliptique, c'est-à-dire à cette zone assez étoilée du ciel où peut avoir lieu une éclipse. Si, en effet, l'on observe le ciel pendant quelques générations, on voit que cette zone apparaît comme un gigantesque serpent « autour » de la Terre (ses « ondulations » étant dues à l'inclinaison de l'axe de la terre). Le serpent n'a donc rien de fabuleux : en cosmologie, l'image du serpent s'impose parce que c'est l'image de la réalité même. Dire que, lors d'une éclipse, le Soleil est « dévoré par le serpent » est à peine une métaphore. Nous comprenons alors que le serpent Nidhoggr – pour méchant qu'il soit – n'est que l'avatar du vrai Serpent : celui qui, chez les Scandinaves, s'appelle Jormungandr, le « serpent entourant la terre ». Si, dans Gylfaginning, ce n'est pas ce serpent, mais son frère, le loup Fenrir (ou un fils de Fenrir), qui dévorera le Soleil lors du Crépuscule des Dieux, cela n'est qu'une élaboration secondaire : le grand Serpent restant inerte jusqu'à la fin du monde, les Nordiques expliquent le cours normal du Soleil en disant qu'il est chassé par le loup Hati (« Haine ») qui finira par l'attraper.
11.
Pour le moment, un autre détail du récit nordique de la fin du monde nous intéressera. Car si tout finit mal – très mal – pour Wotan, Thor & Cie, il y a aussi une bonne nouvelle : même si la plupart des dieux succombent et que tout le vieux monde est incendié par les forces du mal, ce n'est pas la fin de la race humaine : un seul couple – la femme Lif et l'homme Liftrasir – survit, en se cachant dans un bois nommé Hoddmimir (« trésor de mémoire »). Bonne nouvelle pour l'humanité – et pour notre enquête : la preuve ! Car que se passe-t-il en Genèse 3.8 ? Adam et Eve – couple seul au monde – « se cachent au milieu des arbres du jardin » ! Eh bien, je suis prêt à admettre que deux mythes qui traitent de l'origine du monde et de l'homme peuvent avoir beaucoup d'éléments en commun sans pour autant être issus l'un de l'autre ou d'une source commune : il est normal de parler d'un arbre au milieu du monde – et même d'un serpent qui va avec – car il s'agit là des structures géométriques universelles. Il est normal aussi de parler d'un seul couple pour évoquer l'humanité tout entièren: il s'agit là d'une technique poétique (pars pro toto) sans doute également universelle. Mais que, dans les deux récits en question, le couple se cache dans la verdure : voilà que je n'arrive pas à comprendre autrement que par une parenté entre ces deux mythes. Ni la nécessité, ni le hasard n'explique une telle coïncidence d'image. Après tout, bien que pouvant tout faire (courir, coïter, s'endormir) – ils choisissent de se cacher. Et en admettant qu'ils se cachent, ils pourraient toujours se cacher n'importe où (dans une cave, dans l'eau, en se couvrant de poussière) – mais ils choisissent de se cacher dans un bois. Je vois bien que ce n'est pas pour la même raison que le couple humain se cache dans le bois, dans les deux récits : chez les Nordiques, le monde est en feu ; dans la Bible, c'est une histoire de gosses qui ont fait une connerie. Mais justement, c'est comme ça que fonctionne le « rewriting » : dans la Bible, la narration a été complètement renversée pour devenir l'histoire de la « chute » de l'homme (et surtout de la femme – que craignent, on le sait, les sémites). Dans la mythologie nordique, bien entendu, les humains ne sont pour rien dans le cataclysme : ce sont les dieux eux-mêmes qui ont provoqué la fin du monde, par des actes manqués ou même malhonnêtes, et ce sont les dieux qui périront. Comme dit Nietzsche, à propos des dieux grecs : assumer la faute – et pas simplement la punition – est plus noble.
Il y a plus. On a vu que la dernière-première femme du monde se nomme Lif, en nordique : « Vie ». Cela rappelle textuellement Genèse 3.20 : « Adam appela sa femme Eve (hawwâ), car elle devait être la mère de tous les vivants ». Dans le récit nordique, remarquons-le en passant, la femme n'est pas nommée par, ni même après ou d'après l'homme (comme en Genèse 2.23) – c'est plutôt l'homme qui est nommé d'après elle : Liftraser « survivant ». Mais plus important : l'interprétation du nom d'Eve que propose le texte biblique, est étymologiquement impossible en hébreu : hawwâ ne saurait être dérivée de hayâ « être, vivre » ; ce n'est pas le même « h » ! C'est un jeu de mots – voire une blague. Ou plutôt : c'est le signe que le texte hébreu constitue l'essai pénible de refaire, en bricolant, ce qui dans un autre texte, d'une autre langue, était simple et clair.
12.
En fait, si la scène est bien la même dans les deux récits, les interprétations en sont strictement opposées : chez les Nordiques, l'humanité est au point de rebondir ; dans la Bible, c'est la chute qui s'annonce. Adam a beau avoir croqué dans le fruit qui le rendrait égalable à Dieu en intelligence ; il n'est toujours pas assez futé pour comprendre que s'il se cache dans le bosquet, il sera certainement découvert ! On connaît la suite : le serpent, la femme, l'homme et la terre dont il est fait sont tous maudits par leur créateur inepte, et Adam et Eve sont chassés du jardin d'Eden qui sera désormais gardé par « les chérubins qui agitent une épée flamboyante pour garder le chemin de l'arbre de vie » (3.24).
Quant à ces derniers, il y a de quoi s'interroger. On sait que dans les Dix Commandements (Exode 20.4), Dieu interdit formellement à l'homme de faire des images sacrées (des pæsæl, c'est-à-dire des statues façonnées à la main (pes)) ; cela ne l'empêche pas de lui ordonner, quelques pages plus tard (Exode 25.18sq), d'en produire – en or ! – pour orner « l'Arche de l'Alliance ». Vivre en fidèle avec de telles contradictions doit être un peu exaspérant, mais ce qui nous intéresse ici est que les figurines que commande Dieu à cette occasion s'appellent justement des chérubins (k'rûbim). Le mot désigne donc couramment des images faites, tandis que dans la Genèse il s'agit visiblement d'êtres suffisamment vivants pour « agiter une épée flamboyante ». Donc pourquoi ce mot ? Et pourquoi, au demeurant, une seule épée ?
La réponse, encore une fois, se trouve dans la mythologie nordique. Nous avons vu que, selon celle-ci, le monde est partagé en deux : au Nord Niflheim, domaine des dieux, des géants et des hommes ; au Sud Muspelheim, domaine du feu, inaccesible à tous ceux qui n'en sont pas originaires. Or Muspelheim est gardé par un être nommé Surt (« noir », cf. allemand schwarz – et cf. le récit éthiopien de la création) qui, lui, agit une épée flamboyante. Vous verrez d'ailleurs cette épée et son éclat lors de la fin du monde, quand Niflheim sera envahi par Surt et tous les Fils de Muspel qui finiront par tout incendier. Cela vous rappelle quelque chose ? Les « Muspelmans », le Maure, le Cimeterre, le Feu ? Londres 2011 ? Je vous avais prévenus : la prophétie de la Völuspa est de la plus haute actualité !
13.
Mais ne nous laissons pas entraîner : si l'étymologie de Muspel n'est pas claire, elle n'a certainement rien à voir avec le phénomène tout récent et sans conséquence des « musulmans »... – Par contre, voilà ce qui s'est passé, il y a presque 3 000 ans, lorsque d'un mythe on en a fait un autre. Le pays inaccessible pour des simples raisons physiques – Muspelheim, l'empire du feu – est devenu le Paradis perdu, pays défendu pour des raisons morales, mais toujours défendu par des avatars de Surt brandissant l'épée de flamme. (Du coup l'axe Nord-Sud a été remplacé par celui, plus « moderne », Est-Ouest : la Bible précise que les chérubins furent postés « à l'est du jardin d'Eden » ce qui en ferait logiquement un endroit à l'ouest du monde des hommes). Comme d'habitude nous ne trouvons que des traces, presque imperceptibles, de cette transformation – mais l'important est que nous les trouvions : si la traduction française dit bien « une épée flamboyante » – là où logiquement on s'attendait à ce que chaque chérubin portât la sienne – c'est pour rendre au mieux la formule hébraïque « flamme d'épée tournante (lahat ha-hæræb ham-mitheppækæt) » qui, elle, traduit littéralement les mots de la Völuspa (en parlant de l'arme de Surt) : skinn af sverdi « éclat d'épée ». En clair : un poète peut très bien invertir substance et accident, en disant « éclat d'épée » au lieu de « épée éclatante », et pourtant rester original ; mais si deux poètes le font, ils ne sauraient être originaux tous les deux. Il y a donc un rapport. – Du reste, le lecteur très attentif aura déjà compris que nous tenons ici également la clef de l'énigme des chérubins : c'est encore un jeu de mots ! En effet, la racine HRB de hæræb « épée » est suffisamment proche de la racine KRB des chérubins pour en justifier, dans la tête du scribe hébreu, le rapprochement. En plus, la racine HRB signifie-t-elle aussi « sécheresse, dévastation » – attributs propres au pays de Surt, sinon au jardin d'Eden !
14.
Résumons en rajoutant. Tout le monde connaît l'histoire de Noé et du déluge : c'est un épisode qui, dans la Genèse, se produit peu après la création du monde, mais apparemment sans rapport logique, a priori, avec celle-ci. Or dans la mythologie nordique, il y a aussi – surprise ! – un déluge qui extermine, cette fois, toute la race des géants – sauf un qui y échappe grâce à une construction en bois (ludr) qui lui servira plus tard comme cercueil (on sait que les rois Vikings furent « enterrés » dans leur navire drakkar). Ce géant va donc, comme Noé, assurer la survie de sa race, et son nom Bergelmir semble bien contenir la racine berg « montagne » (cf. Genèse 8.4: « l'arche se posa sur les montagnes d'Ararat »). Mais en plus, il compte parmi ses descendants un nommé Nori (ou Norfi) ; pour la deuxième fois nous trouvons donc ce qui pourrait être un emprunt linguistique. Il est vrai que le nom hébreux Noah est d'abord un jeu de mots sur nawah « se poser » (c'est le verbe même utilisé dans le passage que nous venons de citer ; l'évocation, en Genèse 5.29, de la racine NHM « consoler » n'est pas sérieuse), et nous trouvons en effet un écho de cette notion dans les Vaftrudnismal où il est dit de Bergelmir que
ce très savant géant
sur une bière fut posé.
Cela n'empêche toutefois pas que Noah soit une ré-interprétation « inspirée » du nom nordique Nori qui, lui, signifie « à l'étroit » (cf anglais narrow). De toute façon, la tradition nordique – qui insiste sur le fait que Bergelmir se sauve grâce à son « bois à mourir » – nous propose une explication de ce que personne ne comprend depuis 2 000 ans : à savoir pourquoi le texte (Genèse 6.14sq), plutôt que de parler tout simplement d'un bateau pour échapper au déluge, préfère parler d'une « arche » (tebâ) – encore un vocable rare que les savants ont rapproché d'un mot égyptien dbt qui signifie, justement, « cercueil ».
À noter dans tout cela que si, dans le récit hébreu, le déluge se produit pour des raisons de justice divine, sans doute, mais néanmoins accidentelles, le déluge nordique est une conséquence directe de la création du monde : en tuant l'archi-géant Ymir, la trinité originaire de la théologie nordique déclenche – probablement malgré eux – un « déluge » de sang qui a failli exterminer – non pas la race humaine (qui n'existe pas encore), mais la race des géants. Celle-ci est certainement étrangère à celle des dieux, mais il n'est pas question que le déluge se produisît comme « punition divine » ou assimilé : le texte de Gylfaginning raconte tout simplement que la création du monde eut cette conséquence, mais que néanmoins un seul parmi les géants était suffisamment fort pour échapper au désastre, ce qui explique que les géants existent toujours.
15.
En guise de conclusion, insistons sur trois observations déjà évoquées qui se vérifient ici une fois encore.
D'abord, le fait que dans la mythologie nordique il y ait un rapport logique (ou physique) entre création et déluge, tandis que la version biblique n'en propose qu'une « justification » morale franchement incohérente (Genèse 6.5-7: YHWH vit que l'homme ('Adam) fait beaucoup de mal – donc il va tout exterminer – « jusqu'au bétail, aux reptiles et aux oiseaux » – drôle de justice !), est un indice que la tradition nordique est bien la plus ancienne. L'opération inverse – effacer, jusqu'à la dernière trace, toute la dimension morale, pour établir une logique purement naturelle – serait en effet plus que païenne : elle serait diabolique ! Par contre, on comprend que le scribe hébreu invente des explications ad hoc là où la suite naturelle des événements a été rompue – que ce soit que celle-ci ne l'intéresse pas ou que tout simplement il ne la comprenne plus.
Puis, il y a chez le scribe hébreu une forte tendance à « expliquer », faute de mieux, ce qui se passe par des « jeux de mots » qui cependant n'ont jamais de valeur étymologique. Par contre, le récit nordique n'évoque même pas l'étymologie du nom du géant Nori ; il suffit que celui qui écoute la narration éprouve le plaisir esthétique du mot juste pour dépeindre quelqu'un qui survit « à l'étroit » sur un morceau de bois qui de toute façon deviendra sa tombe ! L'équilibre parfait entre « signifiant » et « signifié » n'a pas besoin de commentaire ; la fascination de l'étymologie (fausse, en plus) n'arrive qu'au moment où le sens est perdu (que l'on songe à la « philosophie » de Jacques Derrida). Comme dira Goethe: « Là où manquent les concepts, il y a toujours un mot qui tombe à pic ».
Enfin, le texte hébreu propose une ré-interprétation de la création du monde en termes de culpabilité humaine et punition divine qui sont totalement absents de la tradition nordique. Ajoutons qu'il propose aussi ce que l'on pourrait appeler une mainmise ethnique sur la narration. Pour le conteur (skald) nordique, il était tout à fait possible de chanter l'exploit d'un géant qui survit au déluge – même si les géants ne sont pas du tout nos amis. Pour l'hébreu, ce n'est plus possible : si quelqu'un a fait quelque chose de formidable, ce doit forcément être un de nous ! Aussi l'ingénieux Nori devint-il l'incestueux Noé. Cette attitude demande un certain travail de « rewriting » ; c'est là le drame d'un peuple qui, au fond, n'a jamais fait que des emprunts.
16.
Faut-il encore une preuve ? La voici. Juste avant le déluge, le texte biblique remarque : « Les géants étaient sur la terre ces jours-là... » (Genèse 6.4). Quel rapport ? Pour le lecteur lambda, aucun. Nous, par contre, savons déjà que dans la version originale le déluge ne concernait que les géants ; la phrase biblique en est la trace. Faut-il encore une preuve ? La voici. Le nom de ces géants est un mot aussi rare que 'ed « vapeur », et la seule racine qui y ressemble un peu (NPL) a le sens contraire : « tomber, avorter ». Il est donc très probablement question d'un mot étranger. Le nom de ces géants, alors ? Nefilîm, c'est-à-dire « ceux de Niflheim », les Nibelungen. Les géants bibliques portaient le nom des dieux scandinaves !
Mon travail est fait.
Par Louis NEFER
Bibliographie
Biblia Hebraica Stuttgartensia, Deutsche Bibelstiftung
La Bible (très agréable édition par la Société Biblique de Genève – à 1,50 €!)
L'Edda (traduction par François-Xavier Dillmann), Gallimard
Electronic Text Corpus of Sumerian Literature (www.etcsl.orinst.ox.ac.uk)
C. Autran: Sumérien et indo-européen, Geuthner
Lucien-Jean Bord: Petit lexique du sumérien à l'usage des débutants, Geuthner
Georges Dumézil: Mythe et Épopée, Gallimard
Wilhelm Gesenius: Hebräisches und aramäisches Handwörterbuch über das Alte Testament, Spinger-Verlag
Pierre Vial et al: Fêtes païennes des quatre saisons, Les Éditions de la Forêt
Très bonne analyse, excellent travail qui s'ajoute aux nombreuses conclusions de "spécialistes" dont on n'entend jamais parler, et pour cause !
Les Hébreux, et leurs divers successeurs, ont toujours été de médiocres copistes, des falsificateurs par dessus le marché !
Leurs "écrits", et c'est aujourd'hui reconnu, par les chercheurs sérieux, ne sont que le résultat d'un syncrétisme de notions qu'ils ont mal assimilées et qu'ils ont mélangées en dépit du bon sens ; leur "esprit" trop matérialiste privait les Hébreux de comprendre l'essence du Monde.
Ne pouvant le comprendre, ils ont voulu en être les maîtres, d'où leur "complexe raciste" qui ne les a jamais quitté de penser qu'ils étaient le "peuple élu" d'un Dieu qu'ils ont créé à leur image.
Eternels donneurs de "leçons morales" qui étaient de leur niveau, mais qui ne pouvaient contenter ni satisfaire l'esprit libre des peuples du Nord qui se moquaient bien de ces stupidités !
D'où cette guerre éternelle entre eux (hommes sombres, mesquins, etc.) et la clareté (dans tous les sens du terme) des Hyberboréens !
Guerre de "Race" incontestablement !
L'histoire de Monde, depuis notre ère plus spécifiquement, peut effectivement se résumer entre le combat à mort entre l'esprit juif qui "empoisonne", "réglemente", "interdit", "condamne" etc. et l'esprit aryen qui lui, tout au contraire, est lumineux et créateur !
Adolf Hitler l'avait bien compris ! Mais malheur aux vaincus !
Phillip GRAF
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VIIIème congrès de l'OEuvre française à Lyon - Dimanche 5 Février 2012
14:07 | Lien permanent | Envoyer cette note |
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Roger Holeindre : pourquoi j’ai quitté le Front National …

Lettre Nationaliste et Identitaire
Source : cliquez sur l'image ci-dessous
Émission de Radio Courtoisie du 2 février 2011, entretien avec Martial Bild.
Il y a un an déjà, que l’une des plus grandes et des plus appréciées figures du mouvement se retirait du FN.
Roger Holeindre explique son (notre) combat et pourquoi, fondateur du Fn, ll quitte le mouvement qu’il a servi durant 40 ans.
« … elle ne représente pas mes idées, elle ne représente pas les idées de son père …/… On ne peut pas faire de la politique en oubliant 30 ou 40 ans de politique française, si pour être deringardisé ou dédiabolisé il ne faut pas parler de la guerre de 14, pas parler de la guerre de 39/45, pas parler de la libération, pas parler de l’épuration, pas parler de la guerre d’Indochine et de la guerre d’Algérie, je n’en suis pas … /… je ne crois pas qu’elle croit ce qu’elle dit… »
Roger HOLEINDRE sur RADIO COURTOISIE le 02/02/2011
Roger HOLEINDRE Pourquoi j'ai quité le FN de... par La-flamme
Courte biographie de Roger Holeindre – Popeye :

Nous passons sur les grands moments connues qui ont amené Roger Holeindre, de très jeunes résistant combattant en 1944 aux Jeunesses Patriotes et Sociales de 1968 en passant par les guerres en Indochine et en Algérie, l’OAS, les Comites Tixier-Vignancour et le Front Uni de Soutien au Sud-Vietnam.
Membre Fondateur du Front national en 1972, président créateur du Cercle National des Combattant. Il est aussi jusqu’en janvier 2011, le 1er vice –président du FN.
Au sein du FN, il poursuit l’œuvre de Jean-Pierre Stirbois en incarnant le courant nationaliste et solidariste.
Etant le cadre le plus connu et le plus aimé au Fn (après Jean-Marie Le Pen évidement), il sera l’artisan principal permettant de retenir le plus possible de cadres et d’adhérents autour du président du FN, lors de la crise mégrétiste de 1998.
En 2010, lors de la campagne pour la succession de Jean-Marie Le Pen à la tête du Front national, il prend position en faveur de Bruno Gollnisch.
Suite à l’annonce anticipée de la victoire de Marine Le Pen, Roger Holeindre quitte le Front National. Il annonce son départ le 15 janvier 2011 en avouant ne pas se reconnaître dans les idées et la stratégie de la fille de Jean-Marie Le Pen : « Marine Le Pen n’incarne en rien les valeurs que je défends depuis toujours ».
Salutations Nationalistes !
Résistance 92
13:48 | Lien permanent | Envoyer cette note |
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Samedi prochain, 28 janvier, à Tours : 2e MARCHE DE LA FIERTE TOURANGELLE...
Lettre Nationaliste et Identitaire
Samedi prochain, 28 janvier, à Tours : 2e MARCHE DE LA FIERTE TOURANGELLE...

Source : http://voxpopuliturone.blogspot.com
Salutations Nationalistes !
Résistance 92
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VOILA, IL EST SORTI !
Maintenant, il sera possible de m’insulter en toute connaissance de cause …

TABLE DES MATIERES
Avant-propos
Une naissance laborieuse…
1981 ! La gauche s’installe dans ses meubles
Le succès pointe enfin le bout de son nez !
Premier palier : les européennes de 1984
Encore plus fort : les législatives de 1986
Le FN s’incruste dans le paysage politique
Qui craint le grand méchant loup, méchant loup, méchant loup… ?
Touche pas à mon Front !
Le clan Le Pen
Héritiers de père en fille
Les finances du FN et assimilés
Attention, une Le Pen peut en cacher une autre
Purges et départs à répétition
Le piège médiatique
La « dédiabolisation » côté FN
Marine Le Pen et la communauté juive de France
La dérive idéologique
Conclusion
Annexes
Bibliographie
256 pages. 18 €
Pour commander : envoyer chèque (18 € + 3 € frais de port) et adresse du destinataire clairement indiquée à Anne Kling - Editions Mithra - BP 60291 - 67008 STRASBOURG Cedex
Rappel :
Le livre d'Anne Kling sera en vente demain samedi 28 janvier au pot de Rivarol.
Source : Le Blog d'Anne KLING
12:45 | Lien permanent | Envoyer cette note |
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Dans Rivarol ce vendredi : un grand entretien entre Anne Kling et Robert Spieler...
Anne KLING : “Jamais le FN n’a fait trembler le système”
RIVAROL: Vous êtes l’auteur de plusieurs livres de référence, dont La France LICRAtisée, Révolutionnaires juifs et Le CRIF, un lobby au cœur de la République. Votre nouveau livre a pour titre: FN… Tout ça pour ça!, sous-titré La très étonnante évolution du FN. Dites-nous quels sont vos objectifs en écrivant un livre tout de même critique envers le FN. Et très réservé à l’égard de Marine Le Pen.
Anne Kling : En retraçant l’historique d’un mouvement qui a toujours été considéré par le clan Le Pen comme une propriété personnelle et en établissant un état des lieux actuel, j’ai démontré une véritable appropriation du mouvement qui a été à l’origine de tous les échecs. Jamais son inamovible président n’a cherché à faire du FN un parti d’alternance crédible et ce, malgré des circonstances historiquement favorables. Il l’a géré comme un espace lui permettant, à lui personnellement, d’exister sur la scène politique française. Et même au premier rang, du fait d’une diabolisation qui en réalité a été bénéfique aux deux partenaires: au système et à Jean-Marie Le Pen.
A l’heure où la fille du chef a pris le relais, dans un matraquage médiatique dont le système a le secret, nous devons nous demander ce que cache la stupéfiante promotion dont elle est l’objet. Car ce virage à 180° est éminemment suspect. Après avoir diabolisé, ou fait mine de le faire, le père durant trente ans, voilà que tout à coup le système dédiabolise la fille à tour de bras et lui ouvre toutes grandes les portes de ses media. Dans quel but ?
R. : Vous affirmez que le système avait besoin du FN?
A. K. : Il est évident que le système avait besoin du FN qui remplissait plusieurs fonctions des plus utiles. Celle de bouc-émissaire, la fameuse «lepénisation des esprits» étant naturellement de sa faute et non de celle des irresponsables politiques incapables de résoudre les problèmes qu’ils avaient eux-mêmes créés. Celle de soupape de sécurité car il fallait bien que le bon peuple pût exhaler sa rancœur à intervalles réguliers avant de rentrer sagement dans le rang. Et bien sûr, il a servi, c’était même sa fonction principale, à maintenir la gauche au pouvoir puisque la droite a toujours eu interdiction formelle, pour des raisons de moralité, de s’allier au diable.
Or, à partir du début des années 2000, ce scénario bien huilé a commencé à connaître quelques couacs. Une nette recrudescence d’actes avérés d’antisémitisme dans les banlieues dites sensibles a provoqué une sensible évolution et une instrumentalisation nouvelle du mouvement.
Tout à coup, avec un bel ensemble, les media du système se sont mis à ouvrir toutes grandes leurs colonnes, leurs radios, leurs télés, à la fille du président du parti maudit. Pour quelles raisons? Parce qu’elle était télégénique et avait la langue bien pendue? Allons donc! Son père lui aussi était télégénique et n’avait pas sa langue dans sa poche. Parce qu’elle faisait vendre du papier? Et alors? Son père en faisait vendre tout autant.
L’explication est trop courte et il faut chercher ailleurs en creusant un peu plus profond. Il faut chercher du côté des raisons politiques d’une dédiabolisation du parti qui est actuellement orchestrée comme l’avait été en son temps son exact contraire. A quelles fins ?
R. : Vous évoquez la naissance du FN. Qui ne fut pas créé par Jean-Marie Le Pen…
A. K. : A la création officielle du FN, le 5octobre 1972, Jean-Marie Le Pen a déjà passablement bourlingué à travers la IVe République, avec des succès divers: élu député poujadiste de la Seine en 1956, à l’âge de 27 ans, réélu en 1958 sous l’étiquette du CNIP, il est finalement battu aux législatives de 1962. Commençait alors pour lui une longue traversée du désert politique.
Il va être inopinément remis en selle par Ordre Nouveau (ON). Ce mouvement nationaliste, né en 1969, envisage dès 1971 la création d’un parti unitaire, d’un front national destiné à rassembler la famille nationaliste éparpillée, un peu sur le modèle du Mouvement Social Italien (MSI). Ce rassemblement est officiellement annoncé lors du 2e congrès d’ON en juin 1972, sous le nom de Front national pour l’unité française (FNUF). Ses initiateurs se mettent en quête d’un président pour en prendre la tête mais, pour diverses raisons, se voient opposer un refus de la part des candidats initialement pressentis : Georges Bidault, Jacques Soustelle, Jean-Louis Tixier-Vignancour et Pierre Sergent.
La nouvelle fédération voit néanmoins le jour quelques mois plus tard, le 5 octobre 1972. Son appellation initiale un peu compliquée est réduite dans les faits à Front national tout court. Elle se dote d’un bureau central de six membres, à savoir deux représentants d’ON : Alain Robert et François Brigneau, un ancien de l’OAS: Roger Holeindre, Pierre Bousquet, du journal Militant, Jean-Marie Le Pen et son ami Pierre Durand. Le problème de la présidence étant toujours ouvert, c’est finalement Le Pen, en raison de sa notoriété et de ses états de service comme ancien député, qui est désigné à ce poste par ses associés. Le voilà enfin président. Certes, mais en liberté étroitement surveillée par Ordre Nouveau. La dissolution d’Ordre Nouveau, en même temps que celle de la Ligue communiste d’Alain Krivine, va rebattre les cartes. Le Pen est désormais seul maître à bord…
R. : Et puis, en 1981, l’arrivée de la gauche au pouvoir…
A. K. : Jusqu’à cette date fatidique, les résultats électoraux du FN sont des plus médiocres, lui interdisant tout rôle d’aiguillon ou de nuisance. C’est la gauche enfin officiellement aux commandes— et son subtil président— qui vont puissamment aider au décollage d’un mouvement qui se révélera fort utile à l’avenir. Pour eux.
N’oublions pas que François Mitterrand et Jean-Marie Le Pen se connaissent bien pour s’être croisés dans les couloirs de la IVe République. Tous deux ont été élus députés le 2janvier 1956, quoique naturellement dans des formations différentes. Et, à l’époque, ils avaient siégé de concert à la commission des affaires étrangères. Par la suite, en 1962, ils s’étaient retrouvés témoins à décharge lors du procès du général Salan.
N’oublions pas davantage les nombreuses accointances de jeunesse du président socialiste avec l’extrême droite, ainsi que ses amitiés fidèles, qui lui furent abondamment reprochées par la suite en de nombreux ouvrages. C’est qu’il n’avait pas la vision manichéenne de l’histoire imposée par les lobbys, qui est désormais de règle.
Sans forcément aller jusqu’à l’entente avérée, il faut reconnaître que bien des points de convergence existaient entre les deux compères. Proximité qui facilita grandement le jeu de rôles «toi méchant moi gentil» qui ne tarda pas à s’installer pour le plus grand bénéfice de chacun.
Alors qu’il n’exista jamais le moindre atome crochu entre Chirac et Le Pen dont la vive animosité réciproque a imperturbablement traversé les décennies pour subsister aujourd’hui, intacte.
R. : Pourquoi cet étonnant anti-lepénisme de Chirac? Vous parlez notamment dans votre livre de «promesses de Chirac aux officines juives».
A. K. : Sans vouloir sonder les reins et les cœurs, on peut hasarder sans trop de crainte de se tromper au moins deux raisons essentielles à cette hargne constante dont les conséquences politiques furent importantes: tout d’abord les forts penchants communistes de Chirac dès sa jeunesse, alors que Le Pen a toujours fait preuve d’un anticommunisme sincère et virulent. Et deuxièmement, ses liens étroits, tout au long de sa carrière, avec les responsables communautaires juifs.
Voilà pour les raisons “avouables”. Moins avouable, mais politiquement facile à comprendre, à partir du moment où il lui sera strictement défendu de s’allier avec lui, la droite aura elle aussi intérêt à diaboliser le FN qui empiétait fâcheusement sur ses terres et venait saccager ses plates-bandes. Evidemment, si elle avait eu le droit de s’entendre avec ce concurrent encombrant, les choses eussent été différentes. Mais la gauche et les responsables communautaires juifs le lui avaient expressément interdit.
Car Chirac avait effectivement pris des engagements fermes auprès de ces responsables. Le fait n’est en rien un mystère puisque LeMonde le relate en ces termes le 26mars 1986: «Enfin, les associations B’nai B’rith lancent un appel à la vigilance, attirent l’attention des partis de la nouvelle majorité contre toute tentation de vouloir reprendre les slogans extrémistes sur l’insécurité et les idées xénophobes à l’encontre des immigrés et rappellent aux représentants de ces partis leurs engagements pris, au cours des forums du B’nai B’rith, devant la communauté, déclarations reprises après proclamation des résultats du vote, de ne s’allier en aucun cas au Front national».
Voilà qui a le mérite de la clarté. Le B’nai B’rith a interdit tout rapprochement de la droite et de l’extrême droite. Et la droite obéit servilement.
En 1987, Chirac récidivera devant le CRIF en réaffirmant solennellement que jamais il ne contracterait d’alliance, ni à titre personnel, ni en tant que responsable d’un mouvement politique, avec tel ou tel parti d’extrême droite. Ce qui ne l’empêchera pas de perdre en 1988.
R. : Pourquoi Mitterrand a-t-il favorisé l’implantation du FN dans le paysage politique français ?
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25.01.2012
Le handicap structurel France /Allemagne face à l’euro et l’Europe Puissance
Selon Marc Rousset, écrivain, économiste, auteur de
« La Nouvelle Europe Paris-berlin-Moscou »
Si la France veut sauver l’euro et les chances de l’Europe Puissance, encore faut-il qu’elle effectue un sursaut d’une façon urgente pour surmonter ses handicaps économiques structurels et un différentiel de compétitivité par rapport à l’Allemagne d’environ 13%.
La divergence actuelle franco-allemande n’est pas tenable !
Si l’on ajoute à ce facteur intra-communautaire, les effets catastrophiques de la concurrence des pays émergents et du libre échangisme mondialiste, il ne faudra pas s’étonner si le chômage continue d’augmenter en France d’une façon considérable en 2012 !
Etat des lieux de l’ handicap structurel de la France par rapport à l’Allemagne
Outre-Rhin, on vient de célébrer un nouveau record des exportations qui ont passé le cap des 1000 milliards d’euros en 2011.
Les ventes françaises à l’export sont de 400 milliards d’euros, soit 40% du volume de l’Allemagne, alors qu’en 1999, lors de l’introduction de l’euro, ce même ratio des exportations françaises était de 58% !
En 2007, l’industrie française consacrait 6,6% de sa valeur ajoutée à la R&D contre 9,9% en Allemagne(1).
Contrairement à la France où la recherche publique est presque égale à celle du secteur privé, les deux tiers de la recherche allemande sont réalisés par les entreprises privées.
Alors que la France privilégie la recherche fondamentale, c’est la recherche appliquée qui l’emporte outre-Rhin. L’Allemagne dépose 396 brevets pour 10 millions d’habitants contre 144 seulement pour la France.
Le taux de chômage est de 6,8% en Allemagne alors qu’il dépasse 9,5% en France.
Celui des jeunes Allemands n’est que de 9,7% alors qu’il dépasse 22,5% en France. Le taux d’emploi des seniors est de 77,5% en Allemagne contre 65% en France.
Le déficit allemand est de 1,5% du PIB contre 5,7% pour l’Allemagne !
L’excédent de la balance commerciale allemande est de 150 milliards d’euros en 2011 contre un déficit de 75 milliards d’euros pour la France!
Alors que la part de marché de la France dans le monde est tombée à 3,8%, celle de l’Allemagne dépasse 9%, faisant de ce pays le premier exportateur mondial.
La part de l’industrie représente plus de 35%du PIB allemand ; elle ne compte plus que 14,9% dans celui de la France, soit un pourcentage encore inférieur, contrairement aux croyances, à celui de la Grande Bretagne malgré son ratio d’activité bancaire et financière très élevé de 14% du PIB.
Les Allemands ont 10 000 entreprises de taille intermédiaire (de 250 à 5000 salariés) alors que la France n’en a que 5000 (2) avec une plus faible ouverture à l’exportation..
Si la France dispose de 39 entreprises mondiales et l’Allemagne de seulement 37 entreprises (3), le « Mittelstand « allemand et même les grandes entreprises allemandes irriguent le territoire allemand d’activités et d’emplois alors que les grandes entreprises françaises (automobile) font de manière croissante leur chiffre d’affaires hors du territoire national, y paient peu d’impôts et y créent proportionnellement moins d’emplois.
Le sursaut salutaire de l’Allemagne tout supportant le coût de la réunification égal à la dette française actuelle !
Le fait d’armes de Gerhard Schroeder, c’est l’agenda 2010,un ensemble de mesures impopulaires lancées entre 2003 et 2005 : réforme du marché du travail, réforme du système de santé, réforme des retraites qui d’ici quelques années passera à 67ans !
Tandis que La France reste engluée dans les envolées lyriques, les propos socialistes lénifiants, la rhétorique syndicale archaïque, les paralysies de la SNCF et de la RATP, le blocage de l’administration par les fonctionnaires, l’Allemagne pratique le « Mut der Veränderung » (courage du changement), le consensus moderne , l’efficacité , la compétitivité à l’exportation, les réformes de structure et l’économie sociale de marché de Ludwig Erhard !
Alors que la part des dépenses publiques dans le PIB allemand, suite à la réunification, avait atteint 54% en 1996,elle n’était plus, suite à une diminution spectaculaire, que de 48% en 1998, 44%en 2001, 43,7% en 2007 tandis qu’en France pendant toute cette période le taux français se maintenait à 54%.
Alors que les comptes de l’assurance maladie sont dans le vert outre-rhin, ils sont dans le rouge en France et toutes choses égales par ailleurs, la France qui compte 5 200 000 fonctionnaires devrait en avoir 3 000 000 , soit un surnombre astronomique et dont personne ne parle, de 2 millions, une partie de ce chiffre correspondant à des effectifs de fonctionnaires devant être privatisés et réduits !
Par ailleurs, la plupart des critiques du « modèle allemand » oublient que l’économie allemande a subi pendant 20 ans, les coûts de la réunification, soit une ponction annuelle de l’ordre de 65 milliards d’euros à 100 Milliards d’euros par an (4). Cela a représenté donc en 20 ans pour l’Allemagne, la petite bagatelle du montant de la dette française actuelle !
Le déclin suicidaire de la France , suite à au laxisme de l’UMPS depuis 30 ans !
Comme le remarque Denis Kessler, ancien VP du MEDEF, l’illusionniste Nicolas Sarkozy appelle plan de rigueur quelque chose de l’ordre de 10 milliards d’euros, dont 9 milliards d’impôts supplémentaires et 1 millliard de dépenses non identifiées !
Si l’on imagine le ridicule de ce type de discours dans l’entreprise, c’est tout comme si un Président , face aux difficultés et à une faillite inéluctable s’écriait : « Messieurs les Administrateurs, les pertes sont importantes, on a donc décidé d’augmenter les prix de nos articles de manière massive sans réduire les dépenses, tout en ayant l’intention d’en faire quelques-unes .. mais on ne sait pas encore lesquelles. !!!.»
Or, la France ne s’en sortira pas si elle n’abaisse pas ses dépenses publiques de 56% à 46% du PIB par rapport à l’Allemagne , soit 10% du PIB, soit 200 milliards d’euros !
Monsieur Sarkozy , pour se faire élire, ne fait donc rien.. et François Hollande lui, se chargerait de nous enfoncer encore davantage !
En septembre 1981, suite aux premières et folles mesures de François Mitterrand (35h, hausse du SMIC, nationalisations, contrôle des changes, instauration de la couverture médicale universelle (CMU), retraite à 60 ans..) le « Frankfurter Allgemeine Zeitung » titrait déjà : « La France va-t-elle devenir un pays du tiers-monde ? »
De 2000 à 2009, la France a perdu trois points de parts de marché dans la zone euro, là où justement les questions de change ne se posent pas, cela au moment même où l’Allemagne gagnait de son côté trois points.
Les Français ont préféré s’endetter pour augmenter leur consommation plutôt que de conserver leur part de marché dans le monde en améliorant leur compétitivité.
Les prélèvements publics cumulés rapportés à la valeur ajoutée des entreprises sont les plus élevés de la zone euro , soit 14,5% en France en 2008 , contre 7,8% en Allemagne !
Le salaire net que reçoit le salarié français est faible alors que le salaire brut, compte tenu des charges sociales de son employeur, est très élevé.
Le salarié français qui coûte cher à son employeur a l’impression d’être mal payé.
Et tout cela parce que le budget de l’Etat, le déficit du budget social et les folles dépenses de personnel des collectivités décentralisées sont mal gérés et donc payés par les salariés français !
Les deux seule erreurs de l’Allemagne : la facture à venir de la sortie du nucléaire et un budget de la défense ridicule !
Le groupe industriel Siemens estime le coût total de la sortie du nucléaire entre 1 400 et 1 700 milliards d’euros, soit la dette française actuelle et le coût de la réunification ! Mais ce chiffre est le haut de la fourchette car Siemens a pris en compte le remplacement des centrales nucléaires par d’autres moyens de production.
La fourchette la plus basse est l’estimation de l’électricien allemand RWE à « seulement » 300 milliards d’euros !
L’Allemagne , premier producteur de lignite du monde, subventionne ses mines de charbon pour diminuer sa dépendance du gaz russe (35% en 2012) et de pétrole russe (35% en 2012) qui va croitre encore davantage avec la montée en puissance deu gazoduc Nordstream.
L’Allemagne est aussi un des plus grands pollueurs d’Europe, ce qui est un peu cocasse lorsqu’on connait la virulence des verts (die Grünen) dans ce pays.
On mesure la folie énergétique et démagogique allemande si l’on prend conscience des subventions massives des énergies renouvelables et du fait que le MWH du nucléaire « amorti » est de 45 euros, celui de l’éolien terrestre de 80 euros et celui de l’éolien offshore de 120 à 150 euros (5)
En matière de budget défense, il faut aussi savoir que si la France est déjà à 1,5% du PIB , alors qu’il devrait être à 3% minimum pour assurer l’avenir de nos forces armées ainsi que celui d’équipements militaires suffisants, compétitifs exportables.
Il n’est que de 1% en Allemagne , mais avec un PIB supérieur d’environ 50% à celui de la France. La défense, après la monnaie, doit être le test de la volonté des Européens de survivre en unissant réellement leurs destins.
La scandaleuse, stupide et immorale intervention en Libye n’aurait pas eu lieu sans le soutien américain en AWCS et munitions tandis que l’armée française se rapproche de plus en plus dangereusement d’une simple « armée d’Afrique » avec des effectifs insuffisants tout juste capables de faire face à une explosion des banlieues .
Il importe aussi que les industriels français et allemands du secteur militaire naval ou terrestre coopèrent sous peine de disparaître face à la concurrence des Etats-Unis .
Les réalisations telles que l’A400M, l’hélicoptère NH90 et la surveillance satellitaire où la France a la responsabilité des images optiques et l’Allemagne celle des images radar doivent être multipliées !
La chance de la France : L’Allemagne a besoin de l’euro !
Les Allemands viennent de réaliser que le commerce extérieur de leur pays est réalisé à plus de 63% dans la zone euro .
En 2009, les exportations allemandes vers l’Autriche étaient encore supérieures à celles de la Chine ; de plus, l’Allemagne n’exportera pas « ad vitam eternam » des BMW fabriquées en Allemagne vers la Chine !
Les deux tiers de l’excédent commercial allemand , soit 150 milliards d’euros, sont obtenus avec la zone euro et non pas avec la Chine, l’Inde et le Brésil. Les entreprises allemandes pourraient supporter au maximum un euro à 1,55 dollars, mais ensuite, elles perdraient leurs parts de marché, ce qui serait le cas si un nouveau DM s’appréciait de façon brutale ou si la France dévaluait de façon massive, suite à son incompétence et à son laxisme, avec l’hyperinflation ,la ruine des retraités et des détenteurs d’obligations à la clé.
Bref, comme l’a très bien résumé Angela Merkel : « L’échec de l’euro serait l’échec de l’Europe ! ». Monsieur François Hollande, au lieu de nous faire rêver avec ses promesses inconsidérées ferait mieux de s’inspirer auprès de Monsieur Peer Steinbrûck, ministre des finances SPD et défenseur rigoureux du respect des disciplines pour sauver l’euro !
Il faudra cependant que l’Europe passe aussi un jour au protectionnisme et quitte, Allemagne comprise, ce monde fou libre échangiste, dont la dernière usine terrain en friche et zéro ouvrier de Lejaby est , après la délocalisation en Tunisie, un symbole accusateur, tout comme la délocalisation de Renault au Maroc, des exemples indiscutables incontournables qui font honte et peine à voir…avec en prime la bêtise et la lâcheté de nos politiciens muets ainsi que les mensonges hypocrites du MEDEF !
En conclusion, si la France ne redresse pas son économie, si l’Allemagne se replie sur elle-même, l’échec, le repli et la décadence européenne continueront d’être au rendez -vous ! L’avenir, c’est le renforcement aujourd’hui de « l’axe Paris-Berlin « avec une Allemagne qui s’autonomise de plus en plus par rapport aux Etats-Unis et demain matin « l’axe Paris-Berlin-Moscou »(6).
Les Allemands ont compris l’intérêt de défendre l’euro et que l’avenir de l’Allemagne est en Europe ! L’abandon d’un symbole aussi fort que l’euro serait le pire des échecs, la mort d’une grande idée qui était française à l’origine !
A nous Français de nous montrer dignes, de mettre fin à cet inacceptable handicap structurel, de ne plus jouer à l’autruche et d’effectuer un sursaut économique semblable à celui effectué par le général de Gaulle en 1958 pour relever la France en faillite de la IVème république qui était cependant moins malade dans sa tête que la France inconsciente, laxiste, décadente, droit de l’hommiste et politiquement correcte d’aujourd’hui !
MarcRousset
(1) Etats Généraux de l’Industrie-Paris-2010
(2) Cour des Comptes 2011
(3) Classement de « Fortune 500 »
(4) Interview de Peer Steinbruck-Der Spiegel,n°37,12 septembre 2011
(5) France-Allemagne-Editions Tallandier-P 126-2011
(6) Marc Rousset-La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou-Editions Godefroy de Bouillon-2009
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